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DIJON : Une école pour «apprendre autrement» ouvre ses portes

22/02/2018 15:32Imprimer l’article
«La Tête et les Mains» vient d’être créée. La nouvelle école, qui peut accueillir des élèves dès ce mois-ci, entend s’inspirer de la méthode Montessori mais pas uniquement. Rencontre avec Marie-Laure Besson et Sarah Pupier. Elles organisent une journée portes ouvertes de leur école, de 10 heures à 16 heures ce samedi.
La rencontre s’est faite peut-on dire naturellement en classe de maternelle. Marie-Laure Besson (35 ans) était ATSEM et Sarah Pupier (32 ans) professeure des écoles remplaçante.
«On s’est tout de suite entendues», assurent-elles. L’approche Montesseri est vite apparue dans la mise en place des exercices et ateliers. Avec ces complémentarités développées au sein de la classe, le projet d’ouvrir une école a alors germé «très rapidement».
Pour Marie-Laure Besson, l’idée remonte déjà à plusieurs années. Ayant suivi des cours à l’Institut supérieur Maria Montessori à Paris en vue de pouvoir travailler dans une école du genre, éducatrice de formation, elle reconnait qu’il lui manquait des notions et des connaissances pour l’enseignement, ce qu’elle a notamment trouvé au contact de sa collègue. Sarah Pupier réfléchissait quant à elle à une structure pour mieux comprendre et accompagner les élèves en difficulté.

«L’enfant est au centre de son apprentissage»


Sarah Pupier nous explique également : «J’ai pu voir ce qu’était la méthode Montessori au travers de ma formation d’institutrice et, tout de suite, ça m’a parlé. C’est ce qui fonctionne le mieux je trouve, car l’enfant est moins dans la difficulté, moins dans le rabâchage ou l’exécution d’une notion sans forcément en comprendre l’objectif».
Sur la méthode Montessori en elle-même, les deux collègues, sur la même longueur d’ondes, soulignent : «L’enfant est au centre de son apprentissage. Il apprend par lui-même et ça devient un plaisir. La méthode, c’est faire pour apprendre. D’abord on expérimente pour pouvoir comprendre les limites des choses. Si on aborde les fractions pour vous donner un exemple, on va déjà voir ce qu’est un objet, pour visualiser l’opération et non pas écrire toute une série de chiffres sur un cahier. Ça permet de comprendre tout ce qui est abstrait autour de nous en partant directement de la complexité. Par le concret, on assimile l’abstrait. C’est trop souvent l’inverse dans les écoles».
D’où le déclic qui les a amenées à lancer leur projet : «On était trop souvent dans le constat de se dire que les enfants étaient en difficulté et que nous ne pouvions plus leur apporter d’aide dans ce cadre-là, sous cette institution (l’Education nationale)».

Ne pas s’enfermer dans une seule pédagogie


Puisque l’approche Montessori n’est selon elles pas prête à être adoptée dans un système «trop formaté», Marie-Laure Besson et Sarah Pupier ont donc décidé d’en sortir. En remarquant tout de même : «C’est surtout une question culturelle. En Italie par exemple (Maria Montessori était italienne et a développé la dite pédagogie au début du XXème siècle), c’est classique d’apprendre par la méthode Montessori, mais aussi en Allemagne».
Marie-Laure Besson et Sarah Pupier se retrouvent désormais éducatrices, au même niveau. Elles ne souhaitent pas s’enfermer dans une seule méthode. Elles se justifient : «Il n’y a pas qu’une seule pédagogie. La pédagogie Freinet est aussi intéressante car elle marche par projets, pour des enfants qui arrivent avec leurs personnalités, leurs difficultés, leurs facilités. Le plan de travail est personnalisé et adapté à chacun». L’observation, l’écoute et l’autonomie de l’enfant, chacun à son rythme, leur tiennent à coeur, «pour guider l'enfant là où il peut aller, là où il veut aller».

Du matériel et de l’espace


«La Tête et les Mains», c’est le nom de leur école. Au premier étage du numéro 3 rue Henri Matisse, l’appartement n’est pas transformé en salle de classe traditionnelle, mais le matériel ne manque pas, de même que l’espace devant permettre aux élèves potentiels de s’exprimer par la manipulation, entre autres techniques d’assimilation et d’apprentissage.
L’école est hors-contrat, c’est à dire pas en lien avec l’Education nationale. Les subventions et autres aides ne peuvent donc être accordées comme à d’autres écoles, mais les deux éducatrices retiennent plutôt les avantages de ce statut, à savoir qu’elles ne sont «pas tenues d’avoir un effectif donné» et privilégient d'autant plus le travail individuel.
La capacité d’accueil est aujourd’hui d’une dizaine d’enfants, de 3 à 12 ans, dans un seul et même groupe. Les âges sont confondus volontairement, pour favoriser l’entraide et la socialisation. L’esprit dit absorbant (apprentissage par observation de l’autre) est aussi recherché entre les élèves.
Concernant les sorties, la proximité d’un parc et la bonne desserte du tramway (arrêt «Nation») offrent des possibilités d’activités extérieures.

Une question de «prendre le temps»


En permettant d’apprendre autrement on l’a dit, l’école suit les programmes scolaires ainsi que les horaires disons classiques. Quant aux tarifs, ils sont conséquents mais les deux responsables invitent à relativiser : «Il faut bien se dire qu’une école publique coûte plus chère à l’année, sauf que ce ne sont pas nous qui la payons, ou alors indirectement».
Elles mettent en avant une alternative certes coûteuse mais fiable, dans laquelle, elles le répètent, «l’enfant peut apprendre à son rythme et non dans une classe surchargée faisant abstraction des difficultés de chacun».
Sarah Pupier assure qu’elle a pu mesurer ces failles en donnant, en parallèle de ces journées en classe, des cours de soutien particulier. Elle fait remarquer : «Les parents vont jusqu’à croire que l’enfant n’a pas compris la leçon, sauf que c’est une question de prendre le temps. A partir du moment où on casse la confiance en soi, l’enfant se sent impuissant et ne fait que répéter le schéma dans lequel on l’a installé. L’Education nationale a des bons côtés et nous n’incriminons pas les personnes qui y travaillent car nous y étions aussi. Mais l’Education nationale a des limites».
En tenant compte du fait que seulement deux écoles Montessori existent en Bourgogne (à Dijon Valmy et dans le Morvan), Marie-Laure Besson et Sarah Pupier sont convaincues que la demande viendra, entre les parents tournés vers cette démarche ou bien ceux cherchant des solutions différentes de l’apprentissage traditionnel, qui pourraient être plus efficaces ou en tout cas plus adaptées à leurs enfants.
L’école «La Tête et les Mains» est ouverte aux enfants en difficulté, handicapés, ou bien sans difficulté particulière. «L’enfant vient comme il est. L’essentiel est qu’il reparte avec un bagage solide en étant confiant en ses capacités, pour évoluer dans ce qu’il a envie de faire», affirment pour terminer les deux éducatrices.
S’il est forcément plus complexe d’accueillir des élèves en cours d’année scolaire - même si l’approche vise justement à ce que l’enfant se sente plus à l’aise -, elles comptent avec cette ouverture ce mois-ci préparer au mieux la rentrée 2018-2019. Elles invitent d’ailleurs toutes les personnes intéressées à venir les rencontrer et échanger à l’occasion d’une journée portes ouvertes ce samedi 24 février, de 10 heures à 16 heures.
A noter que l'école est aussi en mesure de proposer des ateliers périscolaires. Quant à la garderie, elle est ouverte à partir de 8 heures le matin et peut aller jusqu'à 18h15 en fin de journée.

Alix Berthier

Ecole «La Tête et les Mains»

3 rue Henri Matisse

21000 Dijon

07 82 87 84 81


Communication des tarifs sur demande auprès de l'école. Rendez-vous sur le site internet de l'école en cliquant sur le lien suivant : http://www.ecolelateteetlesmains.com.