lundi 10 décembre 2018
Questions à...
Le préfet de Côte-d'Or et de Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz, a réagi ce samedi pour Infos-Dijon.
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DIJON : Urbanisme, délégations de service public, deal au jardin Darcy, réseau de chaleur… François Rebsamen fait face aux questions des Dijonnais

04/12/2018 05:53Imprimer l’article
Le maire de Dijon tenait ce lundi soir la première d'une série de trois réunions publiques destinées à échanger autour du budget de la ville. Retour sur la session de questions-réponses avec les participants.
Devant une salle Devosge bien garnie mais pas franchement remplie, le maire de Dijon, François Rebsamen, a tenu ce lundi soir la première d'une série de trois réunions publiques destinées à parler du budget de la ville, comme il l'avait fait l'an dernier.
Après la diffusion d'une vidéo et une prise de parole au cours de laquelle il a expliqué la logique qui prévaut à  la gestion de la ville, et notamment la contrainte des frais de fonctionnement liée aux règles de contractualisation imposées par le gouvernement, le maire a répondu aux questions des participants.

Les questions-réponses :


J'habite rue du faubourg reine et je veux vous signaler des problèmes d'eau. Vous évoquez le fait que le prix de l'eau baisse, mais je peux vous dire que la qualité de l'eau baisse aussi. Elle est de couleur jaune à marron parfois. Suez et les bailleurs ont été mis au courant. Un courrier va être envoyé à l'ARS, mais je pense que la Ville de Dijon a quelque chose à faire aussi.

François Rebsamen : Vous faites bien de l'indiquer. En effet, tout ce qui est dans la ville nous intéresse. On a eu ce problème aux Bourroches, et il a fallu un traitement très particulier. Merci de l'avoir dit. Nous allons saisir la Lyonnaise des Eaux dès demain matin pour régler ce problème.

Vous dites «on ne fait pas de maisons en paille», mais pourquoi pas ? C'est assez écolo, les maisons en paille ou en bois. Je ne connais pas les conditions, mais ça ne pourrait pas être envisageable ?

François Rebsamen : Vous avez raison, on a d'ailleurs permis la culture du chanvre, qui existe à Aiserey. Avec le bois, ce sont des matériaux très adaptés et bons  pour l'isolation thermique. On aura prochainement sur Valmy deux grosses réalisations en bois : le siège de la Caisse d'Epargne, piloté par la SEM, qui sera une belle réalisation qui servira d'exemple, et aussi un parking. Ce seront deux réalisations qu'on pourra montrer.

Je pense que la mairie devrait mieux expliquer le nouveau contrat signé avec Kéolis concernant l'ensemble des transports dijonnais. Pat ailleurs, j'ai cherché à savoir par quel processus était établi le budget de Dijon Métropole, et je n'ai pas vraiment réussi à savoir. Le fait d'informer, c'est bien, mais informer avant d'engager, c'est mieux. Avec les travaux que vous faites, ça pourrait être mis en place.

François Rebsamen : Pour faire des économies, on a fait un nouveau contrat mobilités avec Keolis, dans lequel on a regroupé des choses à priori assez différentes. Stationnement, bus, tram, etc. On a décidé que l'on y mettrait les parkings en ouvrage. Là, il y eu un recours contre les parkings au tribunal administratif, on a perdu, et encore en cour d'appel de Lyon. On a donc lancé un recours en conseil d'Etat. Nous nous affrontons en réalité au lobby des parkings en ouvrage, qui fixent leurs prix et voient d'un mauvais oeil ces nouveaux acteurs sur leur marché. En effet, on aurait dû expliquer ce contrat. Depuis, ça fait jurisprudence et de nombreuses villes ont ce type de contrat.
Pour le budget de la Métropole, ce serait bien en effet de le présenter. Je rappelle que cela implique 24 communes, qui gardent différentes compétences. Il faudra qu'on le fasse.

Je voudrais parler de la place Grangier, une très belle place qui est fréquentée par des familles. Je pense aux jardinières. Est-il possible de les laisser en hiver avec une végétation adaptée ? On m'a dit qu'il y avait un problème de fuites avec le parking Grangier… Mais faut-il laisser cette place dans cette état d'abandon, avec cette horrible affiche ? Ce ne serait pas un projet grandiose mais juste un projet esthétique qui coûte peu.

François Rebsamen : Vous avez été une avocate de talent pour cette belle place ! Je veux rappeler d'abord qu'on l'a déjà bien aménagée. Elle est piétonnisée à moitié, on a planté des arbres, etc. Les jardinières, c'est une décision collégiale que nous avons prises : ça coûte très cher en heures et en personnel pour l'entretien. On s'est dit que ce n'est pas très écolo, et qu'il faut trouver autre chose. Mais on n'a pas trouvé autre chose. Je regarde Mme Koenders, il y a peut-être un budget participatif… On verra, on n'est pas arrivé à trouver la solution idéale.
(Nathalie Koenders confirme qu'il y a réellement un problème d'étanchéité).

J'habite depuis 25 ans ici. Je voudrais parler du problème du jardin Darcy, qui devenu un lieu de deal. Mes ados sont constamment interloqués de voir qu'on leur propose des produits. Je sais que ça ne dépend pas de vous, mais je voulais vous le dire.

François Rebsamen : En effet, c'est une question qui est du ressort de la police nationale. De notre coté, ce qu'on a essayé de faire, c'est de mettre de l'activité qui les dérange. On en parle à la police bien-sûr, mais de notre coté, on essaie de trouver des animations permanentes pour qu'ils ne se sentent pas en sécurité dans le jardin Darcy. On a coupé des buissons derrières lesquels ils se cachaient. On a imaginé créer un parcours de gymnastique pour que les gens courent par exemple. Il y a eu des progrès cet été, mais dès qu'on relâche la pression, ça revient. C'est un sujet difficile à traiter pour nous. Vous savez, on a la loi la plus répressive d'Europe et on est quand même le pays qui consomme le plus de cannabis. Je suis pour qu'on mette une contravention, afin de frapper au portefeuille sans que les policiers aient à faire des procédures interminables qui ne mènent parfois à rien.

J'ai une suggestion pour faire des économies : plutôt que de faire de la Délégation de Service Public, notamment avec Kéolis, je propose de revenir à des régies municipales.

François Rebsamen : Quand on est en service public, en régie, il faut le rester : par exemple, contrairement à d'autres villes, nous sommes en régie pour la restauration scolaire. Nous avons 55 cuisiniers qui préparent 8000 repas par jour. Ce n'est pas rien.
Mais quand on n'a pas de régie, on ne peut pas la recréer. Je prends l'exemple de l'eau : en 1991, on avait un service eau et assainissement de 220 personnes. Le maire de l'époque est passé en Délégation de Service Public (DSP) pour trente ans. Jusqu'en 2021. Sans appel d'offre pour 30 ans… J'ai été l'autre jour voir les salariés de Suez. 550 salariés. Il en reste quelques-uns qui ont été transférés à l'époque à la Lyonnaise. Ils sont aujourd'hui mieux payés, contents, et pour rien au monde ne voudraient retourner aux services de la ville.
Recréer ce service ex-nihilo, c'est impossible. Mais c'est vrai qu'il y a des manières de gérer la DSP. Ça laisse le délégataire maître, il fixe les objectifs, etc.  Encore faut-il qu'il s'en occupe.
Il y a un troisième mode de gestion, c'est l'économie mixte, qu'on doit à François Mitterrand. C'est une forme sur laquelle nous travaillons.
Sur Divia, c'est impensable. C'est 550 salariés, et on n'a pas de quoi les payer au même niveau.
Donc ma réponse, c'est oui, on doit garder la restauration en régie. Il faut qu'on trouve le chef cuisinier… Ils ont des ponts d'or qui leur sont fait par des groupes privés hôteliers, donc ils doivent avoir le service public chevillé au corps pour accepter de rester à ces postes.
Sur l'eau, je veux préciser que dès que la Lyonnaise fait plus de 5% de bénéfices, c'est partagé avec la ville.

Vous dites que Dijon est la 6e ville ou il fait bon vivre, c'est sans doute un chiffre de 2017 car en 2018, ce n'est plus le cas avec les nuisances liées à l'arrivée des bulles à verre…

François Rebsamen : On va faire déplacer la bulle a verre qui vous dérange. On en a déjà fait déplacer beaucoup. Ces réunions servent aussi à ça. Et on veut que vous continuiez à penser que Dijon est une ville où il fait bon vivre !

Serait-il possible d'envisager que les maisons de particuliers puissent se raccorder aux réseaux de chaleur ? Je ne sais pas si c'est possible techniquement…
Et en matière d'urbanisme. On soupçonne toujours les élus d'avoir des intérêts avec les promoteurs quand on voit le nombre de constructions. Comment se placent les nouveaux bâtiments ? On voit beaucoup d'immeubles très rapprochés avenue du Drapeau, ça n'aère pas la ville et les gens vont utiliser des climatiseurs, etc. ce qui va ajouter de la pollution…

François Rebsamen : Sur la connexion au réseau de chaleur, pour l'instant, on n'a pas de solution : ça coûte trop cher. On fait le collectif, mais l'individuel est trop cher.
Sur l'urbanisme, il y a des règles, et c'est vrai qu'elles déterminent ce qu'on peut construire. L'avenue du drapeau était la plus laide de Dijon il y a dix ans. On a mis de l'herbe, de la verdure, des arbres, etc.
On comble les "dents creuses" pour éviter l'étalement urbain. On est obligé de construire en hauteur. Par contre les règles d'urbanisme étaient déterminées par le PLU (Plan Local d'Urbanisme) sous mon prédécesseur, puis l'écoPLU, qui introduisait la notion d'écologie, et là, on vient d'en prendre un troisième, qui détermine les règles pour la hauteur : la règle, c'est pas plus haut que les immeubles à coté. Mais quand on veut parler d'urbanisme en faisant des réunions, les gens ne viennent pas, et s'interrogent ensuite…
Je veux aussi dire que je ne laisse pas passer la moindre suspicion sur un euro que j'aurais pu toucher de qui que ce soit depuis dix huit ans que je suis maire. Si quelqu'un le fait, j'attaque en justice immédiatement.
N.R.
Photos Nicolas Richoffer


 
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