lundi 11 décembre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
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DIJON : Violente charge des élus contre la propriétaire du cinéma Darcy

18/03/2017 17:51Imprimer l’article
«Nous nous posons la question : Madame Massu n’est-elle pas tout simplement en train, pour des raisons personnelles et politiciennes, d’organiser la fermeture du cinéma Darcy sous prétexte de la Cité de la gastronomie ?», s'interrogent François Deseille, adjoint à Dijon délégué à la Cité de la Gastronomie et Christine Martin, déléguée à la Culture.
Au lendemain de la décision de la commission nationale d’aménagement cinématographique (CNAC) qui a donné un avis favorable au projet d'ouvrir un complexe cinématographique dans la future cité de la gastronomie, porté par la ville de Dijon, deux adjoints, François Deseille, délégué à la Cité de la Gastronomie (lire notre interview) et Christine Martin, déléguée à la Culture, signent une violente charge à l'adresse de Sylvie Massu, propriétaire des cinémas Darcy et Olympia.

B. L.



Communiqué de François Deseille, adjoint au maire de DIJON en charge de la Cité de la Gastronomie et Christine Martin, adjointe à la culture :


Nous nous posons la question : Madame Massu n’est-elle pas tout simplement en train, pour des raisons personnelles et politiciennes, d’organiser la fermeture du cinéma Darcy sous prétexte de la Cité de la gastronomie ? Mais la mauvaise foi a ses limites.
Premièrement, l’étude de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, obligatoire avant tout nouveau projet cinématographique, expose clairement que la fermeture du cinéma Devosge, simultanée à l’ouverture de la Cité de la gastronomie, produira un report de spectateurs vers le Darcy et donc une augmentation prévisionnelle de 6% du nombre de spectateurs.
Deuxièmement, le Darcy n’est pas aux normes, et ce depuis des années, et la Cité de la gastronomie n’y est pour rien.
Troisièmement : qui, où, quand a-t-on entendu parler d’une quelconque volonté de Madame Massu d’investir au centre ville de Dijon ? Bien au contraire, c’est à Saint-Etienne qu’elle a choisi de réaliser ses plus récents investissements.
Quatrièmement : les Dijonnais savent-ils, alors même que Madame Massu faisait distribuer dès décembre dernier des pétitions contre la mort des cinémas en centre-ville, qu'elle demandait au tribunal de commerce de placer sa société en procédure de sauvegarde ? Est-ce la Cité de la gastronomie - alors qu’elle ne verra le jour que dans deux ans - qui peut en être tenue responsable ?

«Madame Massu envisage-t-elle de réserver au Darcy le même sort que celui de l’Alhambra ?»


Madame Massu est propriétaire de l’un des joyaux emblématiques du patrimoine cinématographique de Dijon, voire de France. Au contraire de se plaindre, nous considérons que cela devrait lui imposer des devoirs, celui d’un équipement aux normes, celui de maintenir et développer ce patrimoine. Mais qu’elle se rassure. L'attachement des Dijonnais au Darcy va au-delà de sa personne. Envisage-t-elle de réserver au Darcy le même sort que celui de l’Alhambra ? La fermeture du Darcy serait incompréhensible et nous paraît inenvisageable.
A Dijon, comme dans toutes les villes de France, le cinéma anime toutes les passions et c’est tant mieux. A Dijon, peut-être davantage qu’ailleurs, on aime le cinéma, les nombreux festivals, les rencontres nationales des auteurs réalisateurs producteurs (ARP) implantées ici depuis 10 ans en témoignent. Qui peut, sérieusement, croire que la municipalité de Dijon souhaite la mort du cinéma en centre-ville alors que c’est justement son renouveau et son avenir dont nous nous préoccupons et pour lesquels nous agissons ? Le rôle d’une municipalité n’est pas de prendre parti pour tel ou tel exploitant, mais au contraire de s’assurer de la qualité de l’offre, de sa diversité et de son accessibilité.
Nous invitons les Dijonnais à la réflexion : à coup sûr, l’ouverture d’un multiplexe à la Toison d’Or aurait tué le cinéma de centre-ville alors que l’implantation des cinémas à la Cité de la gastronomie en écarte désormais définitivement la perspective. Pour les cinéphiles de Dijon et les amoureux de l’Eldorado et de l’art et essai en particulier, c’est une bonne nouvelle.