dimanche 26 mai 2019
Les neuf artistes annoncés présentés par neuf clips.
Questions à...
L'adjointe à la culture sera aux premières loges vendredi pour l'inauguration et la réouverture du Musée des Beaux Arts de Dijon. Un moment qu'elle attend avec «fébrilité, impatience et curiosité».
> Dijon > Dijon

EMMANUEL BICHOT : «La Ville a perdu le contrôle de la Cité de la Gastronomie»

27/01/2019 09:48Imprimer l’article
Les voeux du groupe «Agir pour Dijon», présidé par Emmanuel Bichot, ont été l’occasion pour le principal groupe d’opposition municipale de faire un point d’étape sur les grands dossiers qui le préoccupent : plan local d’urbanisme, logements HLM, stationnement, et Cité de la Gastronomie notamment.
La 5e cérémonie des vœux du groupe municipal Agir pour Dijon, principal groupe d’opposition, et de l’association Agir pour Dijon, s’est déroulée au complexe O’Palais, rue Léon Mauris, devant une salle comble.

C’est Caroline Jacquemard, vice-présidente de l’association Agir pour Dijon, qui a accueilli les participants : «Nous sommes chaque année plus nombreux pour ce rendez-vous. Vous êtes près de 300 ce soir, et nous vous remercions très chaleureusement pour votre présence. Cela témoigne d’une grande aspiration au changement dans notre ville et notre métropole. Nous sentons qu’une réelle dynamique s’est enclenchée. Notre mouvement s’est organisé. Nous menons un travail de fond et sommes présents dans tous les quartiers. Nous souhaitons que vous en soyez les principaux acteurs, car c’est avec vous et pour vous que nous allons préparer concrètement ces changements».

Emmanuel Bichot a ensuite pris le micro pour un discours complet sur les positionnements du groupe Agir pour Dijon.
Il a d’abord salué les élus présents du groupe Agir pour Dijon : Chantal Outhier, Marie Claude Mille, Bernard Bonoron et Stéphane Chevalier, qui est également le coordinateur d’Agir pour Dijon.
Et de saluer également les élus de la métropole : «Les élus de Talant : Christian Paris, représentant le maire, Fabian Ruinet et Gilles Trahard, de Longvic : Martine Deriot, de Chevigny-Saint-Sauveur : Dominique Galland, de Quetigny : Sébastien Kencker, ainsi que Philippe Neyraud, président de l’association citoyenne Les pierres bleues à Chenôve.
Enfin, avant d’entrer dans le vif du sujet, Emmanuel Bichot a salué Rémi Delatte, Député de la Côte-d’Or, et Ludovic Rochette, Vice-Président du conseil départemental, Président de l’association des maires de Côte-d’Or, arrivés en retard.

Le discours d’Emmanuel Bichot :


«Il y a cinq ans nous organisions la première cérémonie des vœux d'Agir pour Dijon. Nous étions quelques dizaines. Aujourd'hui nous sommes plusieurs centaines et je m'en réjouis, c'est le signe qu'il se passe quelque chose de très positif à Dijon.
Merci à vous d'être si nombreux présents ce soir, malgré le froid : cela fait chaud au cœur.»

Depuis 2014, de nombreux sujets d’intervention en conseil municipal


«Depuis 2014, nous sommes mobilisés pour défendre les intérêts des Dijonnais et nous avons réagi sur de nombreux sujets. Sans être exhaustif je citerai :
• L'endettement cumulé de la ville et de la métropole et la bombe à retardement des emprunts toxiques de la ville de Dijon, qui s’est soldée par une ardoise de 50 M€ pour le contribuable ;
• La baisse inconsidérée des effectifs de la police municipale de plus d’un quart entre 2012 à 2016, alors que l’insécurité et les troubles à la tranquillité publique croissaient ;
• La hausse des taux de la fiscalité locale (+ 5 % pour les ménages en 2016, + 3 % pour les entreprises en 2017) et des tarifs publics, (+ 40 % pour les transports en commun depuis 2010, + 20 % pour le prix de l’eau entre 2010 et 2016) ;
• La politique de l’urbanisme, qui défigure chaque jour davantage notre ville et nos quartiers ;
• La politique anti-voiture, qui génère des problèmes insupportables de stationnement et de circulation ;
• Le manque d’entretien et de propreté des trottoirs et des espaces publics.»

Des réunions thématiques en 2018


«En 2018, nous avons mené avec vous un diagnostic de la situation de Dijon et de la métropole.
Nous avions retenu six enjeux majeurs, dans lesquels chacun peut se retrouver : assurer la sécurité et la tranquillité publique, faciliter les déplacements, préserver le cadre de vie, dynamiser l’économie et l’emploi, renforcer le lien social, redonner du pouvoir d’achat.
Des réunions thématiques ouvertes à tous ont été organisées sur chacun de ces grands thèmes, trois au printemps et trois durant l’automne.
Nous avions sollicité pour ces réunions des «grands témoins», élus ou responsables dans d’autres métropoles, pour apporter un regard extérieur et partager de bonnes pratiques.
De nombreux Dijonnais y ont participé, plus d’une centaine en moyenne par réunion, et nous sommes très satisfaits d’avoir pu leur donner la parole. Les échanges ont été de grande qualité. Je remercie tous ceux qui ont pris part à ces réunions et apporté une précieuse contribution.
Ces échanges ont mobilisé beaucoup de monde. Ils ont permis de faire émerger des constats et des orientations.»

2019, à la rencontre des Dijonnais


«En ce début d’année 2019, nous allons poursuivre ce travail de fond par des rencontres avec les Dijonnais.
Ces rencontres prendront la forme de visites à pied dans tous les quartiers accompagnés de nos correspondants locaux, de réunions chez les habitants qui le souhaitent et de réunions de proximité dans des lieux publics, ouvertes à tous les habitants.
Cette démarche va s’étaler sur plusieurs mois, aussi longtemps que nécessaire. Elle est indépendante du grand débat organisé par le gouvernement, mais nous transmettrons au référent départemental toutes les contributions qui pourraient être intéressantes dans le cadre de cette consultation et qui auront été recueillies avant le 15 mars à l’occasion de ces rencontres avec les Dijonnais.
Elle nous permettra d’enrichir les constats et les orientations qui ont émergé à la fin de l’année 2018.»

«Laissons respirer la démocratie locale»


«Dans une période de crise de notre démocratie, nous avons plus que jamais besoin d’écoute et de dialogue.
Nous avons besoin de nous retrouver autour d’une valeur commune, celle du respect de l’autre. Une ville est une communauté de vie et de destin ou chacun doit trouver sa place, en partageant la fierté de son histoire, de son patrimoine et de ses atouts.
La priorité n’est plus aux grands projets, aux opérations de prestige, à la communication dispendieuse, mais aux réalisations concrètes, répondant aux besoins des habitants en restant économes des deniers publics.
Gardons-nous également de la standardisation et de l’uniformisation qui se répandent trop souvent dans les grandes villes et sachons faire valoir nos spécificités, encourager les initiatives locales.
Veillons à ce que la métropole ne soit pas le prétexte pour éloigner les élus des citoyens et ne se construise pas au détriment de la proximité.
Laissons respirer la démocratie locale et mettons fin à de pratiques personnelles et opaques de la décision publique.»

Vigilance sur plusieurs sujets


«À cet égard, plusieurs dossiers d’actualité méritent toute notre attention :

- Le projet de gestion connectée de l’espace public, signé par le président de la métropole fin février 2018 à grand renfort de publicité mais sans délibérations des assemblées, mobilise des fonds publics considérables (105 M€ sur 12 ans) sans améliorations concrètes pour les habitants, mais avec un vrai risque pour la sécurité informatique. Pendant ce temps il n’y a plus d’argent pour rénover ou entretenir la voirie, avec des chaussées ou des trottoirs en triste état à Dijon, et certains attendent encore le très haut débit. Il serait plus juste de parler d’une gestion déconnectée des réalités.

- Le projet de nouveau Plan local d’urbanisme à l’échelle de la métropole, étendu à l’habitat et aux déplacements, ne fait que prolonger tous les défauts des politiques actuelles, avec un volume de constructions nouvelles et une proportion de logements sociaux excessifs et une vision utopique de la mobilité.
Il serait plus judicieux de réhabiliter le bâti existant et de résorber l’habitat insalubre.

La proportion de logements HLM qui est passée de 13 % à 20 % en 2019 doit-t-elle augmenter encore au-delà de l’objectif de 20 % fixé par la loi, à grand coup de subventions publiques désormais réservées à Dijon Habitat ? Il serait préférable de mieux gérer le parc existant dans l’intérêt des locataires ?
En matière d’urbanisme, allons-nous continuer à défigurer notre patrimoine et notre environnement ? À construire des immeubles qui enjambent les rues et des balcons qui surplombent les trottoirs ?

Allons-nous continuer avec la pénurie de stationnement et les points noirs de la circulation, notamment sur la rocade ou autour du centre-ville ?
Nous renouvelons notre demande que des réunions d’information soient organisées par quartier, avec une déclinaison concrète des conséquences pour les habitants, au cours du premier semestre 2019. Nous souhaitons également un réexamen des projets de constructions en cours portant atteinte au patrimoine des Dijonnais.

- Le projet de Cité internationale de la gastronomie et du vin ne correspond pas du tout à ce que nous pouvions espérer. C’est une opération de promotion immobilière, dont les clés ont été cédées à un grand groupe des travaux publics. La ville en a perdu le contrôle, au détriment du projet lui-même, de son contenu et des retombées culturelles ou économiques attendues. Il n’est pas acceptable que la ville se retrouve ainsi dessaisie d’un projet d’intérêt général important pour son image, alors même qu’il est financé par le contribuable dijonnais.

C’est pourquoi nous avons formulé trois demandes : que la ville reste propriétaire foncier ou immobilier du pôle culturel, notamment la chapelle des climats, que les entreprises locales soient mieux associées au projet, enfin que le CHU soit compensé à la juste valeur.»

«Il est temps de redonner la parole aux citoyens»


Notre mouvement est ouvert à tous les Dijonnais qui ne se reconnaissent pas dans la politique municipale actuelle et souhaitent des changements concrets en 2020. Sans doute aussi plus d’attention et de considération.
C’est avec vous que nous préparerons ces changements, car il est temps de redonner la parole aux citoyens sur ce qu’ils souhaitent vraiment, plutôt que de leur imposer des choix déconnectés des réalités.

Nous allons vivre une année importante, car nous avons la passion de Dijon et que son futur se prépare aujourd’hui, dans l’écoute et le dialogue.
Je pense en cet instant des vœux à chaque Dijonnaise et à chaque Dijonnais. À ceux qui sont souffrent. À ceux qui sont isolés. À ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. Aux agents du service public au contact de nos concitoyens, avec un dévouement souvent exemplaire, dans les services sociaux, dans les hôpitaux, dans les écoles, mais aussi pour assurer notre sécurité : policiers, gendarmes, pompiers. Aux familles. À nos enfants et à nos aînés. Aux étudiants. Aux retraités, souvent plus actifs qu’on ne pense. Aux bénévoles des associations. À tous ceux qui, par leur travail salarié ou par l’entrepreneuriat, font vivre notre économie.

Je souhaite à chaque Dijonnais, à chacune et à chacune d’entre vous, à tous ceux qui vont sont chers, et à notre chère ville de Dijon de tout cœur une excellente année 2019.
Vive Dijon, vive la République et vive la France !»