lundi 10 décembre 2018
Questions à...
Le préfet de Côte-d'Or et de Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz, a réagi ce samedi pour Infos-Dijon.
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EN IMAGES : Environ 5000 Gilets Jaunes en colère à Dijon

17/11/2018 21:22Imprimer l’article
La manifestation a duré tout l'après-midi du samedi 17 novembre. Le cortège n'a pas emprunté l'itinéraire prévu, et différentes actions ont été improvisées, notamment en centre-ville. Un face à face tendu avec les CRS a eu lieu devant la préfecture. Des Gilets Jaunes ont brièvement envahi les voies en gare SNCF. La circulation du tram a été longuement interrompue le temps que les manifestants libèrent le centre-ville et remontent à la Toison d'Or en fin d'après-midi. Toutes nos images.
Difficile de les compter, puisque dès le départ, depuis le parking du Zénith, le cortège s'est étiré et scindé en deux. L'immense majorité des quelque 5000 Gilets Jaunes qui s'étaient réunis à 14 heures n'a pas emprunté l'itinéraire déclaré en préfecture, qui prévoyait une marche sur la rocade. «Ils l'ont fermée, on ne va gêner personne et on va marcher comme des cons sur une route vide, ça n'a aucun intérêt» lance un manifestant.

Itinéraire bis


De toute façon, la grande majorité des Gilets Jaunes étaient partis en direction du centre-ville par l'avenue de Stalingrad. C'est dans cette avenue d'ailleurs que la police a tenté de faire faire demi-tour au cortège, en vain. Quelques bouffées de gaz lacrymogène n'ont pas arrêté la foule, et la police, en sous-nombre, a du changer de stratégie. Le cortège, observé de loin et aussi par un hélicoptère de la gendarmerie, a alors été livré à lui-même tandis que les forces de l'ordre allaient faire barrage rue de la Préfecture. Là, pas question de passer. A noter qu'à Troyes, des Gilets Jaunes ont pénétré dans la préfecture de l'Aube. Mais pas à Dijon.

Face à face tendu avec les forces de l'ordre devant la préfecture


Un face à face tendu s'est en effet engagé entre les forces de l'ordre et quelques centaines de manifestants décidés à forcer le passage "pour aller rue de la Liberté». En première ligne, le commissaire Bruno De Bartolo a immédiatement prévenu ceux qui s'approchaient de la préfecture : «Première sommation, nous allons faire usage de la force». Les insultes fusent, quelques œufs et quelques canettes de bière aussi. Des gaz lacrymogènes sont envoyés en retour, mais rien de plus grave n'aura lieu. Le face à face dure une bonne demi-heure. Certains manifestants provoquent les policiers, d'autres parlementent, d'autres encore essaient de les convaincre de rejoindre le mouvement de contestation.

Une colère qui ne se limite pas aux taxes sur le carburant


Car c'est bien ce qui ressort de cette journée, à Dijon comme partout en France : l'augmentation du prix des taxes sur le carburant est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, mais n'est pas la seule revendication des Gilets Jaunes. Dans la foule, on se plaint d'Emmanuel Macron, le «président des riches», «arrogant», «méprisant». On lui reproche de supprimer l'impôt sur la fortune tout en faisant payer des taxes aux plus pauvres. On se plaint de ne pouvoir joindre les deux bouts, d'«être saignés» par les impôts tandis que «les services publics sont de moins en moins nombreux et disparaissent des zones rurales».

Les voies SNCF envahies en gare de Dijon


C'est aussi un des éléments qui a provoqué la désorganisation complète du mouvement, souvent en prise ici et là à des initiatives individuelles. A l'image de ce groupe de manifestants venus rapidement investir les voies SNCF en gare de Dijon. Mais la manifestation Dijonnaise s'est globalement bien passée. Il y a eu quelques pare-brises cassés lorsqu'un conducteur un peu trop énervé avait l'outrecuidance, ici ou là, de s'en prendre aux Gilets Jaunes. Mais pas d'incident majeur. Pas d'affrontement grave. On a même vu à plusieurs reprises des manifestants en empêcher d'autres de prendre un objet dans le but de casser, à l'image de ces buches de bois qui s'offraient aux plus énervés dans une remorque avenue de Stalingrad.

Tous les profils dans les rangs


La colère grondait, était forte dans toutes les conversations, mais la bonne tenue des manifestants semblait être une préoccupation largement partagée par les participants. Les participants, d'ailleurs, avaient tous les profils, tous les âges, tous les styles : des jeunes et des moins jeunes, des franchement plus vieux aussi, des pauvres et des moins pauvres (mais pas de vrais riches…). Et surtout, aucune récupération politique ou syndicale visible. C'est finalement ce qui pouvait arriver de mieux à ce mouvement des Gilets Jaunes : une large mobilisation, une colère exprimée avec force, mais pas de débordement. A Dijon tout au moins.
Nicolas Richoffer
Photos Nicolas Richoffer (sauf mention)

Le rassemblement au Zénith à 14 heures :




Les manifestants quittent le Zénith, direction… le centre-ville par l'avenue de Stalingrad :




Place Saint-Exupery :




Avenue Aristide Briand :




Place de la République :




Des manifestants tentent de forcer le barrage de police rue de la Préfecture :





Des manifestants investissent la gare de Dijon :

(Photos Alix Berthier)


Rassemblement autour des motards place de la République :




Les manifestants repartent en direction du Zénith en suivant les rails de la ligne 2 du tram :





A la Toison d'Or, les caddies sont utilisés pour barrer les accès au centre commercial :




Sur la rocade, avant la dispersion :





 
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