mercredi 23 janvier 2019
Les forces de l'ordre ont donné l'assaut immédiatement après cette avancée spectaculaire des Gilets Jaunes, ce samedi en fin d'après-midi lors de l'acte X, après une manifestation massive dans le centre ville. Nos reportages vidéo.
Questions à...
L’avocat du barreau de Dijon représente une association qui s’est portée partie civile dans l’affaire dite du boxeur. Il revient pour Infos-Dijon sur la première audience, à laquelle il a participé, sur le coté politique et médiatique de l’affaire, mais aussi sur le duel de cagnottes et sur «l’attaque» de la gendarmerie de Dijon. Interview (+vidéo).
> Dijon > Dijon

EN IMAGES : Graves violences dans le centre-ville de Dijon en marge de la manifestation des Gilets Jaunes

01/12/2018 22:41Imprimer l’article
La rue de la Préfecture a été littéralement en état de siège tout l'après-midi. Les forces de l'ordre ont continuellement repoussé les assauts de plusieurs centaines d'individus décidés à en découdre.Les pompiers ont dû intervenir pour éteindre des feux de poubelles et de voitures. Au Palais des Ducs aussi, des sapins de Noël et des palettes ont été brûlés pour tenter de forcer l'accès à la mairie. Sans succès.
Ce 1er décembre devait être celui de l'inauguration de Fééries de Noël à Dijon. Elle a été annulée dans l'après-midi, et pour cause. Dès le début d'après-midi, le rassemblement des Gilets Jaunes, qui s'est fait place de la République (1200 personnes à 13h30 selon la police), a rapidement dégénéré. Tandis que les Gilets Jaunes pacifistes aspiraient à arpenter le centre-ville en faisant du bruit, un groupe de quelques centaines de personnes (combien précisément ? Difficile à dire…) a immédiatement pris la direction de la Préfecture et s'est retrouvé face aux forces de l'ordre, chargées de garder le bâtiment symbole du pouvoir d'Etat.

Cliquez ici pour lire notre reportage et voir les photos des premiers affrontements, dès 13h45


Tandis qu'une foule compacte et pacifique marchait en ville, et investissait la place de la Libération sans heurts, de nombreux individus encerclaient la préfecture par toutes les rues adjacentes à la rue de la Préfecture. Durant tout l'après-midi, ils ont fait face aux forces de l'ordre.
Rue de la Préfecture (coté République et coté Notre-Dame), mais aussi rue d'Assas et rue du Champ de Mars, les manifestants répondaient aux grenades lacrymogènes par des jets de projectiles divers : cailloux, bouteilles de verre, pavés, barrières, poubelles… tout était bon à devenir une arme par destination.
Inlassablement, policiers et gendarmes ont arrosé les manifestants de gaz lacrymogène afin de les disperser, puis chargeaient pour récupérer les poubelles et autres barrières afin d'en priver leurs opposants.

Les pompiers sous protection policière


Une voiture a été mise sur le toit rue de la Préfecture, coté République, pour faire un barrage, et des débuts d'incendie ont eu lieu sur au moins deux véhicules. Sous protection policière, les pompiers ont dû intervenir à de nombreuses reprises pour éviter la propagation des flammes.
Place de la Libération, des sapins de Noël ont été incendiés également contre la grille du Palais des Ducs, tout comme la porte opposée, square des Ducs, qui n'a pas cédé sous les flammes.

Les débordements de ce jour n'ont pas été vus depuis longtemps à Dijon. Ils sont rares, et graves. Le Préfet, Bernard Schmeltz, les a fermement condamnés, déplorant que «l'on est sorti des règles du jeu républicain». Il est sorti rue de la Préfecture, accompagné de son directeur de cabinet, Frédéric Sampson, pour s'entretenir directement avec le commissaire divisionnaire Bruno De Bartolo, qui commandait les opérations.

Cliquez ici pour lire la réaction du Préfet, Bernard Schmeltz

Un cap a été franchi ce jour. Des caisses et des caisses de munitions ont dû être tirées, et, à Dijon tout au moins, aucun drame n'est survenu. Un manifestant a toutefois été blessé sans que l'on ait, à l'heure où nous écrivons ces lignes, d'information sur la nature et la gravité de ses blessures.
Oui, ces affrontements étaient bien de nature insurrectionnelle, même s'ils ne sont pas le reflet de l'état d'esprit général des Gilets Jaunes. Il n'empêche qu'ils signent le durcissement de ce mouvement, auquel seule une réponse politique forte en provenance de l'Elysée pourra mettre fin.
Nicolas Richoffer
Photos Nicolas Richoffer


 
?>