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ENSEIGNEMENT ET INNOVATION : 72 élèves du lycée Simone Weil de Dijon engagés dans Start’up Lycée, édition FoodTech !

07/02/2018 19:05Imprimer l’article
C’est une première sur l’Académie de Dijon. Le concours Start’up Lycée donnera lieu à deux journées de travail axées sur l’innovation pour les élèves du lycée Simone Weil à Dijon. Une édition propice au territoire, qui tournera autour de l’alimentation.
Dans ce challenge, le lycée Simone Weil de Dijon n’a pas hésité à se porter volontaire, suite à la sollicitation de la FoodTech sur laquelle nous allons revenir.
«C’est un projet ambitieux car il est novateur pour nous», s’est alors exprimée avec satisfaction Catherine Engasser, proviseure de l’établissement, en ouverture de la conférence de présentation. Un projet qui l’a fortement intéressée sur le fond : «A mon époque, on nous disait qu’on finirait par manger des steaks de pétrole dans les années 2000. On voit que ce n’est pas le cas, car l’alimentation peut s’améliorer. Il y aura toujours de l’humain avec des idées».

«On compte sur votre imagination, votre créativité»


Le challenge pour ses élèves sera donc de réfléchir à qu’est-ce que l’on peut faire pour encore améliorer l’alimentation. «Lâchez-vous. On compte sur votre imagination, votre créativité. On a besoin de chacune de vos idées», a lancé la proviseure à l’adresse de plusieurs lycéens présents. Pour ces élèves de 1ère ST2S (sciences et technologies de la santé et du social), elle concède que l’intitulé de leur formation ne les rapproche pas vraiment de l’alimentation mais elle souligne que ce challenge est une manière de mieux prendre en considération justement le volet social.
Venons-en à la forme. Briefés ce mercredi matin même, les lycéens ont d’ores et déjà pris rendez-vous pour les 1er et 2 mars, de 8h00 à 17h30. En équipes de 4 voire 5, ils devront concevoir un projet autour de l’alimentation. Créer une start-up.
Chacune des équipes, à l’issue du deuxième jour de travail, devra la présenter devant un jury d’entrepreneurs et d’institutionnels. Ils seront 72 élèves du lycée Simone Weil à participer, 68 filles et 4 garçons.

Entraîner les lycéens à l’innovation


Le challenge est porté par l'entreprise Tous Entreprenants, de Montpellier. Représentante de celle-ci, Elise Le Roy a rappelé sa mission première : «Accompagner les entreprises et les individus à la culture de l’innovation».
Pourquoi avoir lancé il y a quatre ans le programme pédagogique Start’up Lycée ? Parce Tous Entreprenants a souhaité développer son champ d’action en s’appuyant sur le principe que les jeunes générations, en l’occurrence les lycéens, doivent être encouragés à être les forces vives de l’innovation.
«Nous sommes là pour leur inculquer les outils, les méthodes, les réseaux...», a précisé Elise Le Roy. L’objectif n’est pas de démonter le socle de compétences acquise en cours, mais plutôt de travailler avec les jeunes au développement de leurs compétences dites douces, dans le partage des réflexions ainsi que la solidarité. La différenciation des projets se fera par l'innovation de chacune des équipes, du lancement de la dynamique collective jusqu'à l'étude de faisabilité.
En évoquant aussi les perspectives innovantes selon le constat que «65% des métiers de 2030 n’existent pas encore», Elise Le Roy, chargée de la direction et de la gestion des projets pour l'entreprise montpelliéraine, a insisté sur la démarche : «Notre accompagnement, c’est en quelque sorte leur montrer pourquoi une start-up va deux fois plus vite dans l’innovation qu’une entreprise disons traditionnelle. Leur montrer aussi que les entreprises qui innovent sont celles qui nous font vivre une expérience».

L’alimentation comme marqueur fort sur le territoire

avec la FoodTech et Vitagora


Organisé pour la première fois sur l’Académie de Dijon, le challenge aura sa spécificité locale peut-on dire, dans le sens où les lycéens devront réfléchir à des projets, on l’a dit autour de l’alimentation. Les contacts et le partenariat avec la FoodTech et Vitagora sont venus comme une évidence, pour une Académie dont le territoire est marqué par la gastronomie.
La FoodTech Dijon, c’est d’ailleurs la déclinaison de la FrenchTech, sur le territoire. Depuis fin 2015, cette fédération d’acteurs privés et d'institutionnels vise les échanges et les innovations de l’agriculture à l’agroalimentaire. Vitagora, c’est le pôle régional de compétitivité agroalimentaire regroupant 370 membres, entre start-ups, PME, grandes entreprises, structures universitaires...
Autant Agathe Mathey, déléguée générale de la FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté, que Carole Micard, chargée de communication pour Vitagora, ont réaffirmé des objectifs communs, à savoir ceux de «sensibiliser les jeunes à l’entrepreneuriat» et de «rapprocher le monde de l’enseignement scolaire et universitaire du monde des entreprises».
Les deux partenaires de Tous Entreprenants apporteront notamment un soutien financier à l’organisation du concours par la mise à disposition de coachs. Enseignants du lycée et entrepreneurs, ils seront une trentaine à aider les lycéens, à les coacher pour favoriser les spontanéités émotionnelles et créatives.

Séduire le jury par

les idées nouvelles et leurs mises en application


Catherine Engasser a fait remarquer le double bénéfice que peuvent générer ces deux journées de réflexions : «Se pencher sur un tel projet aidera davantage les élèves pour leurs orientations futures. Il y a de multiples réussites dans l’orientation. Aux élèves eux-mêmes de trouver la leur». Sortir les élèves du cadre scolaire en les amenant à la création d’une start-up en 48 heures est un des intérêts premiers de la manifestation présentée. Et pour l’établissement scolaire, elle s’inscrit en parallèle dans une volonté à nouveau bien exprimée : ouvrir dans les prochaines années un BTS dans l'agroalimentaire et l'alimentation.
Les dates sont donc annoncées et les élèves devront séduire le jury par leurs idées et les mises en application de celles-ci, en se découvrant des capacités nouvelles. A la clé, il y a même plus qu’un prix puisqu’il est envisagé de faire participer la future équipe gagnante à la finale internationale de Start'up Lycée, du 22 au 24 mars à Chicago !
Pour l’heure, l’enthousiasme est unanime du côté des organisateurs et partenaires du challenge sur l’Académie de Dijon. Tourné lui aussi en partie vers les lycéens, Christophe Berthier, adjoint au maire de Dijon, a salué l’initiative : «C’est intéressant de sortir des murs par l’innovation. On a besoin de nouvelles ressources pour l’innovation et vous êtes ces ressources. Vous allez nous épater pour une belle cause qu’est la gastronomie ! A Dijon, l’innovation et la gastronomie sont bien portées». Sur l’Académie de Dijon, 35 élèves de seconde générale du lycée Carnot participeront à cette édition FoodTech, avec pour eux deux journées souhaitées créatives, programmées les 5 et 6 avril.
Pour l'entreprise Tous Entreprenants, c’est un nouveau partenariat porteur de potentiels. En quatre ans, l’entreprise a dépassé les 70 éditions de ce programme pédagogique innovant approuvé par l’ONU.
La présentation s’est conclue par le partage du verre de l’amitié ce mercredi à la mi-journée.

Alix Berthier