jeudi 17 octobre 2019
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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : L’ESADD donne le ton pour sa première rentrée

07/10/2019 14:48Imprimer l’article
Focus sur l’approche et les perspectives de développement de l’Ecole Supérieure Appliquée au Design et au Digital, ouverte depuis fin septembre sur le campus Toison d’Or.
«Accompagner les PME dans leur transformation numérique». Comment ? En leur apportant des compétences via la formation d’étudiants. Ce sont cette motivation et cette ambition qui ont amené la CCI Côte-d’Or - rejointe par les chambres consulaires de Saône-et-Loire, du Doubs et de Haute-Saône - à s’engager dans le projet de l’ESADD, dont la première rentrée s’est effectuée officiellement le 30 septembre dernier. Un an et demi de réflexions ont été nécessaires pour mener à bien ce projet.

Former les étudiants aux enjeux du numérique, mais aussi aux besoins


La transformation numérique donc, «beaucoup d’entreprises ont la volonté d’y aller mais n’y sont pas préparées», dresse-t-on comme constat général à l’ESADD. François Parry, co-gérant de la société InfoProject (prestataire de services informatiques) et en l'occurrence président du conseil d’administration s'exprime en ce sens-là : «Les PME s’y mettent mais elles accusent un retard dans ce domaine. Pour la grande majorité, c’est une question de génération. Aujourd’hui, un chef d’entreprise peut être totalement perdu par rapport à cette numérisation».


L’ESADD entend y répondre au travers d’une pédagogie de projets, pour former les étudiants aux enjeux du numérique tout en faisant en sorte qu’ils évoluent en rapport aux réalités et aux besoins du marché. L’objectif n’est pas de former des jeunes technophiles, mais plutôt de façonner des diplômés se basant sur une conception centrée sur l’utilisateur.
La première promotion est composée d’une quinzaine d’étudiant(e)s, «davantage recrutés sur leur savoir-être, leur capacité à travailler en autonomie que sur leurs résultats scolaires», précise le directeur Alexis Steiner. Ils viennent des trois baccalauréats généraux mais aussi de filières professionnelles. Le bachelor Digital designer proposé à l’ESADD se fait en trois ans, avec la possibilité d’effectuer la dernière année en alternance.

«Une approche d’ethnologues»


Alexis Steiner, qui avant d’occuper ce poste concevait des dispositifs médicaux avant tout pour les patients, explique : «Ils seront formés à l’ensemble des technologies numériques. Ils seront entraînés à avoir une approche d’ethnologues peut-on dire. Aller chercher des projets auprès d’entreprises permettra à l’étudiant de se professionnaliser, d’apprendre par exemple à respecter un cahier des charges, à respecter des délais… La méthode sera basée sur les 5P, les 5 pourquoi». L’équipe pédagogique est constituée de dix intervenants, dont 8 issus du monde de l’entreprise, un professeur des Beaux-Arts et un enseignant en informatique. Alexis Steiner est donc le directeur de l’école et Nicolas Menuel en est le campus manager.
François Parry poursuit sur la dynamique que les responsables l’ESADD souhaitent impulser : «On veut que le qualificatif d’école supérieure soit justifié et que cette école soit innovante, on l’a dit au travers de la pédagogie et en donnant de l’importance au design». Le design pas simplement pour faire classe en apparence, mais le design pour justement apporter de l’utilité au digital. «L’ESADD est une boîte à outils. Vous êtes là pour vous construire», a lancé le président à l’heure de la rentrée des étudiants.
En guise d’avant-goût, la semaine précédant le lundi 30 septembre, c’est notamment au Centre hippique dijonnais qu’une session de horse coaching a été organisée… Où comment guider un cheval sur le tas… «C’est apprendre en faisant».

Adaptations et développements


Concernant les perspectives d’embauches à l’issue des trois ans d’études, avec au final souhaitons-le aux étudiants un diplôme de digital designer en poche, Alexis Steiner s’appuie sur l’exemple de l’ICAN à Paris : «Sur les huit années de la même formation, 50% des diplômés sont en CDI dans des PME, 25% travaillent pour des agences de communication et de marketing et 25% ont créé leurs entreprises». Notons aussi qu’en 2018, le cluster Bourgogne-Franche-Comté Numérique avait identifié 600 postes non pourvus dans le domaine auquel vont être formés les futurs diplômés.
L’ESADD fait part d’un potentiel certain et annonce des perspectives de développement. L’ouverture dès la prochaine rentrée (septembre 2020) de la première année aux autistes d’Asperger, au fil de discussions avec l’Agefiph et le Centre Ressources Autisme (travail sur l’adaptation de la formation), est en projet. À plus long terme, dans l’ambition affirmée d’être bien identifiée telle une école supérieure, c’est l’ouverture de deux formations diplômantes à bac+5 qui sera travaillée, mais aussi une année de remise à niveau en partenariat avec le cluster Créativ’ pour les décrochés scolaires.

Solliciter les partenaires pour élargir et approfondir les compétences


L’occasion pour le président de l’ESADD de souligner les soutiens de Dijon Métropole, de l’Etat et du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne dans cette ouverture d’un nouvel établissement sur le territoire. Et de lancer : «Une CCI doit être aussi un carrefour de rencontres. Nous n’avons pas la prétention de pouvoir gérer tous les domaines». Ainsi, plusieurs établissements et organismes sont sollicités, comme le pôle formation de l’UIMM et son excellence robotique, Burgundy School of Business et son expertise en management, l’université de Bourgogne, l’université de technologie de Belfort Montbéliard…
Reconnu aujourd’hui établissement supérieur d’enseignement technique privé par le rectorat, l’ESADD est installée dans une partie des locaux de la CCI Formation, avant une ouverture de l’école dans ses propres locaux espérée à la rentrée 2020. Les premières réunions avec l’architecte sur la rénovation de bâtiments sur le campus Toison d’Or sont programmées fin octobre.
Pour l’heure, c’est aux étudiants de la première promotion «d’en faire leur école», les encourage François Parry. Sachant que certains élèves viennent de l’université suite à des erreurs d’orientation, l’ESADD ouvre les inscriptions jusqu’au 19 octobre. Le coût d’une année d’études est de l’ordre de 5.000 euros. Plus d’informations en cliquant ici.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier