mercredi 21 août 2019
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FESTIVAL VYV LES SOLIDARITES : «Notre ambition première est d’en faire un lieu de vie»

09/06/2019 12:12Imprimer l’article
Directeur du festival VYV Les Solidarités, Pierre Clément nous parle de l’événement se déroulant ce week-end à la Combe à la Serpent.
Porté par le groupe mutualiste VYV, le festival du genre fête sa première édition ce week-end sur les hauteurs de l’agglomération dijonnaise peut-on dire. Doté d’une programmation musicale riche variée, l’événement se veut aussi tel un grand rendez-vous des solidarités.
Pierre Clément, directeur du festival, nous en parle, plus largement qu’une «simple programmation musicale»… Entretien.

Le festival est inspiré d’un événement du genre à Namur en Belgique. Comment l’idée a-t-elle germé ?


«Effectivement, c’est une idée de nos voisins belges portée par un groupement de mutuelles. Ils en sont aujourd’hui à la 7ème édition et accueillent 50 000 personnes sur deux jours.
Ici, c’est le même concept, avec une programmation artistique importante à chaque extrémité du site et au coeur, le village des associations et mutualiste. On n’est pas dans une approche politisée, mais on essaie de montrer que la solidarité passe par l’engagement».

Cette solidarité, ces solidarités, sont le fil rouge de ce festival…


«En fait, il y a plusieurs fils rouges.
La première des choses est de mettre en place un festival accessible à tous, avec des tarifs attractifs et une programmation artistique extrêmement large pour une diversité musicale pouvant intéresser plusieurs générations et types de publics. Le souhait est que ce festival soit familial et populaire, avec l’idée de ne pas seulement aller assister à des concerts mais aussi de passer un bon moment dans ce parc de la Combe à la Serpent, au détour d’un trajet entre deux scènes.
Les thématiques de solidarité du festival sont tous les facteurs et toutes les questions qui permettent d’améliorer les conditions de vie. Il y a l’éducation et la culture, le sport, l’alimentation, la maîtrise des avancées technologiques, la lutte contre les discriminations… C’est faire en sorte que les associations ne viennent pas seulement poser des tables et des flyers, mais animent l’espace. On a par exemple une sensibilisation à la manière de se déplacer en fauteuil roulant, aux dangers de la roule, à l’alcoolémie… Si on arrive à attirer l’attention du festivalier, également sur ces questions, on aura réussi de faire de cet événement à la fois un festival de musique et un lieu de sensibilisation.
Il faut être honnête aussi, dès lors que l’on met en place un événement avec une grosse programmation musicale, les gens viennent à 98 % pour les artistes. Même après 7 ans à Namur, ça reste un festival de musique. L’idée, c’est que les gens repartent en se disant qu’ils ont vécu autre chose qu’un simple festival de musique. On veut proposer une nouvelle expérience.»

On dit souvent qu’il manque à Dijon un gros festival, est-ce votre ambition de le devenir ?


«On ne vient pas avec cette ambition d’être le festival phare dijonnais. On n’arrive pas avec cette arrogance, on arrive en proposant une nouvelle aventure et c’est aux Dijonnais de s’en emparer. En y intégrant des acteurs locaux et régionaux, on essaie de faire en sorte que ce festival devienne dijonnais. Ce festival sera celui que les Dijonnais, Bourguignons, Francs-Comtois voudront bien en faire. Notre ambition première est d’en faire un lieu de vie.»

On le voit au travers des animations et autres rendez-vous disons extra-musicaux, la volonté de créer des échanges, des réflexions, est forte…


«Deux débats sont importants dans ce festival : la question des migrants et les discriminations.
Les migrants ne sont pas vus comme source de problèmes mais de talents, dès lors qu’on les accompagne et qu’on essaie de les comprendre.
On a ce week-end un mouvement LGBT, la Dictée pour Tous, le fondateur du droit d’urgence… Sans oublier des débats sur la liberté d’expression avec Plantu, sur le handicap avec Philippe Croizon…»

Parlez-nous un peu du Terrain des Mômes ?


«Effectivement, on a voulu que ce festival soit accessible aux mômes par de vraies animations, assurées par des associations locales. Ça n’a pas plus d’ambition que d’être un espace agréable pour les moins de 10 ans.»

L’éco-responsabilité, sur laquelle vous mettez notamment l’accent quant à l’accès au site du festival, n’est-elle pas la première des solidarités ?


«On n’a pas la prétention d’être un festival éco-responsable mais on essaie de l’être, avec notamment un cabinet sollicité pour prendre en compte le fait que l’on soit à proximité d’une zone protégée Natura 2000.
Il y a eu des inquiétudes légitimes de la part de certains écologistes sur l’impact que peut avoir le festival sur cet espace. Plusieurs recommandations sont à respecter, avec un barriérage qui ne soit pas trop prêt des arbres, de même que la nécessité de ne pas couper l’herbe autour des arbres et de protéger certaines zones dites humides. Cette éco-responsabilité doit s’améliorer d’année en année.
Quant aux transports et à l’accessibilité au site, on a vraiment bien travaillé avec la direction de Divia, qui est un des gros partenaires du festival. On peut aller jusqu’à une navette toutes les trois minutes (départs de Monge, arrêts à Bourroches Eiffel et Patte d’Oie). On veut favoriser le déplacement en transport en commun pour venir jusqu’à un parc naturel.»

Avez-vous fixé un objectif de fréquentation pour cette première édition ?


«L’objectif de départ a toujours été d’accueillir 15.000 personnes sur les deux jours de festival. On peut dire qu’on sera très probablement au-dessus.
C’est peut-être un petit objectif mais on en revient à l’approche de départ : ne pas faire preuve d’arrogance. On y va tranquillement mais on veut tout de même s’imposer comme un gros festival local. Et puis notre objectif mesuré répond à une inconnue puisque c’est bien la toute première édition de ce festival ici. Même si la programmation a de la gueule, il faut que les Dijonnais s’approprient l’événement, en fassent l’expérience.
Les ventes nous permettent d’espérer 16.000 à 17.000 billets vendus, mais on pourrait être bien au-delà (14.000 billets vendus vendredi matin).»

Vous avez parlé d’une ambition d’abord locale, puis régionale sur un plus long terme. Mais comment peut se positionner ce festival au niveau national, sachant que sa dimension dépasse la programmation musicale ?


«Dans l’économie du festival en ce moment, il y a plusieurs difficultés. Les Américains arrivent par exemple avec des modèles et des budgets conséquents, sans forcément le savoir-faire… Pour autant, leurs modèles économiques obligent les festivals à faire monter la sauce et fermer leurs portes…
Cela dit, l’un des gros festivals qui marche et qui n’est pas le plus onéreux, c’est Solidays. Qu’est-ce qui fait que ça marche ? C’est une réelle volonté de solidarité. Les gens ont besoin de cette identité de festival, avec de réelles valeurs derrière. Ici, c’est ce qu’on essaie de proposer et il faudra peut-être réfléchir à travailler sur des thématiques plus précises au fil des années.
Ce qui va faire le succès de ce festival, toute proportion gardée par rapport à Solidays bien évidemment, c’est le vivre-ensemble et le fait de montrer que l’engagement et le partage font beaucoup.»

Pour terminer sur l’organisation de cette première édition, quelles en sont les principales difficultés ?


«La Combe à la Serpent on l’a dit est un parc naturel. Il n’y a pas eu de contres-temps mais les difficultés sont logistiques, notamment dans l’acheminement et la mise à disposition de l’électricité. Mais vous savez, les premières éditions d’un festival servent souvent à essuyer les plâtres et identifier les points d’amélioration.
Le budget pour cette première édition est autour des 3 millions d’euros, dont 20 % d’enveloppe artistique. 350 bénévoles sont impliqués et 800 personnes oeuvrent sur le site, en englobant disons tout le staff.»

Propos recueillis
par Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

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