vendredi 19 avril 2019
Une opération de grutage est effectuée en ce milieu de semaine du côté de la place de la Libération.
Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
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GILETS JAUNES : 6 interpellations à Dijon lors d’un acte 22 plus calme

14/04/2019 03:13Imprimer l’article
La tension était retombée d'un cran ce samedi 13 avril.
Un peu moins d’un millier de Gilets Jaunes ont défilé à Dijon ce samedi pour l’acte 22. 700 selon un comptage effectué par des Gilets Jaunes en milieu d’après-midi. Surtout, les Black Blocs étaient moins nombreux qu’il y a une semaine, et les plus «déterminés» n’ont donc finalement pas pesé bien lourd entre le cortège pacifiste qui tentait de s’en démarquer et les forces de l’ordre.

L'ombre du Boeuf Blanc


Dès les premiers pas, boulevard de la Trémouille ce samedi vers 14h40, on sentait que la mobilisation et la détermination étaient retombées d’un cran. «C’est les vacances. À chaque vacances, on est un peu moins nombreux» commente un fidèle des manifestations. Les interpellations en marge des derniers actes, et celles des trois personnes accusées d’avoir jeté un cocktail molotov sur la préfecture dans la nuit après l’acte 20, se font également sentir. Entre la place de la République et la Préfecture, le restaurant le Boeuf Blanc est fermé. Son patron, ainsi que son fils, font l’objet d’une enquête concernant cette attaque. Ils sont sortis de garde-à-vue et leur procès est renvoyé au mois de juin, mais le restaurant ne sera plus cette forteresse des Gilets Jaunes, quartier général des Street Medics, qu’il a été depuis le début du mouvement ou presque.

Nombreux tags


Ces interpellations étaient sur de nombreuses lèvres, et plusieurs leaders habituels manquaient à l’appel. Et même si les black blocs précédaient le cortège, ce sont bien les Gilets Jaunes non-violents qui en prenaient le contrôle. La déambulation s’est donc faite en centre-ville, classiquement. Pas de casse comme la semaine dernière, mais une barricade enflammée place Wilson et de nombreux tags signaient tout de même la motivation des présents. À noter que dès 19 heures, les tags étaient pour la plupart effacés, notamment rue Turgot où les murs étaient tapissés de messages.

Dans le cortège, on retrouvait l’ambiance habituelle : des chants anti-macron bien rôdés, des déguisements une fois de plus renouvelés, et l’envie de faire du bruit. République, Darcy, Libération, Wilson. Le parcours a débuté dans cet ordre par les quatre grandes places du centre-ville, puis les manifestants sont allés investir durant un quart d’heure les voies de la gare SNCF avant un retour place de la République par la rue de la Liberté, la place Notre-Dame et la rue Jean-Jacques Rousseau.

Affrontements rapides rue de la préfecture


Il était alors 17h30 et le cortège s’était étiré. Certains manifestants partaient, ne voulant se mêler aux échauffourées annoncées. D’autres sont rapidement allés faire face aux forces de l'ordre rue de la préfecture, butant sur la grille du barre-pont, une fois de plus déployée. Un face à face calme, jusqu’à ce que les premiers projectiles commencent à partir sur les policiers. Cailloux, bouteilles, feux d’artifice…

L’assaut de la police rue de la préfecture a été donné vers 18 heures dans un nuage de gaz lacrymogène. Plusieurs interpellations ont eu lieu durant cette charge, puis le calme est revenu place de la République où policiers et gendarmes ont rapidement quadrillé les lieux. Les yeux rougis par le gaz, policiers et manifestants se sont cotoyés pendant plus d’une heure jusqu’à ce que le secteur se vide petit à petit dans le calme. Une autre interpellations a eu lieu boulevard de la Trémouille.

Au total, la préfecture fait état de 6 interpellations «dont 4 individus au visage masqué, dans le contexte des agressions commises contre les forces de l'ordre rue de la préfecture». Aucune victime n’a été prise en charge par les pompiers du SDIS21.
N.R.
Photos Nicolas Richoffer