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GILETS JAUNES : Reçus à Bercy, les commerçants ont haussé le ton

09/04/2019 21:07Imprimer l’article
Le président de Shop In Dijon, Denis Favier, revient pour Infos-Dijon sur la quatrième réunion es associations de commerçants avec le ministère de l’Economie. Pour lui, «les aides ne suffisent pas», mais «le ministère n’a pas d’argent supplémentaire pour l’instant».
Ce mardi 9 avril, La fédération des Commerçants et Artisans du Centre-Ville de Dijon avait pour la 4e fois rendez-vous avec le Ministre de l’Economie et des Finances et ses Secrétaires d’Etat, dans le cadre de la défense des commerçants face aux mouvements dit des Gilets Jaunes. «Etant donné l’absence d’échange avec le Ministère de l’Intérieur pour trouver des solutions aux dégradations (physiques et financières) des commerces de centre-ville, nous continuons notre engagement auprès du Ministère de l’Economie et des Finances qui répond aux besoins des commerçants» expliquait Denis Favier avant le rendez-vous.
«Nous insistons sur la force du collectif national que nous avons créé pour représenter le commerce de centre-ville au niveau national : commerçants et artisans des Métropoles de France. Ce collectif est l’instigateur des rendez-vous au Ministère et le seul à avoir fait bougé les lignes pour la défenses des commerçants face aux violences depuis le 17 novembre 2018».
Après avoir obtenu un plan de 3 millions d’euros lors du précédent rendez-vous le 7 mars dernier (liquez pour lire notre article), les commerçants sont donc retournés face à la Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher.

Denis Favier : «Je suis très mitigé»


Denis Favier, président de Shop In Dijon, revient pour Infos-Dijon sur ce 4e rendez-vous. «On a été beaucoup plus rentre dedans, elle a été davantage à l’écoute, et on lui a dit que ça ne suffisait pas et qu’il fallait faire quelque chose de plus» résume-t-il avant d’entrer dans le détail :

«Les habitudes se prennent du coté des consommateurs»

«Je suis très mitigé. On a été beaucoup plus agressifs, entre guillemets. Elle a voulu faire un tour de table des villes présentes mais on a dit qu’on n’avait pas de temps à perdre avec ça alors qu’on se connaît tous.
C’est simple, nous sommes tous encore touchés par les dégradations. Ça a chauffé à Dijon samedi, et les habitudes se prennent du coté des consommateurs. Les livrets A augmentent ce qui montre que les gens ne consomment pas, mais certains vont dans d’autres villes pour consommer. Donc il faut impérativement que ça cesse. Nous avons demandé à la ministre Agnès Pannier-Runacher d’en parler au ministre de l’Intérieur. Elle dit qu’elle va faire le nécessaire. On a été reçu 4 fois à Bercy et c’est très bien. Mais du coté du ministre de l’Intérieur, on ne sait pas ce qu’il en est.

«Des remboursements de CFE ont déjà été opérés en Côte-d’Or»

Elle sait mener une entrevue et elle a très bien parlé en conférence de presse après la réunion. Elle répète bien que des mesures économiques ont été mises en place, notamment en matière d’étalonnement de charges et d’impôts, et que cela peut aller jusqu’à l’exonération d’impôts directs. Des remboursements de CFE ont déjà été opérés, et notamment en Côte-d’Or.

Les brigades d’interventions prévues lors du 3e rendez-vous n’ont pas été mises en place et devraient l’être. Elle promet qu’il y aura des brigades ou un guichet unique dans les quinze jours. Il s’agirait de réunir l’Urssaf, la direccte, les impôts, et de faire venir les commerçants.
Elle dit que les commerçants doivent se manifester auprès des services de l’Etat avant qu’il ne soit trop tard. Elle dit qu’il vaut mieux se payer et contacter les services de l’Etat pour que les commerçants soient  accompagnés. Le gouvernement va contacter les experts comptables pour que ceux-ci soient les plus accompagnants de leurs clients commerçants.

«Il ne faut pas attendre»

Et elle a très bien rappelé aussi que la première démarche possible par le commerçant auprès des services de l’Etat est un formulaire recto extrêmement simple à remplir et qu’il ne faut pas attendre et attendre encore. L’Urssaf a 8000 dossiers en cours au niveau national. Ils sont très étonnés mais analysent ça en se disant que le commerçant attend de semaine en semaine en espérant que ça va s’arranger, mais ce n’est pas le cas.

«35 villes ont déposé un dossier, dont certaines ne sont pas impactées»

En ce qui concerne les plans de relance, ça se complique car 35 villes ont déposé un dossier, dont certaines ne sont pas impactées par les Gilets Jaunes, donc il y aura du tri à faire de la part des services de l’Etat, mais là, les 3 millions sont largement dépassés. On demande que cette enveloppe soit abondée mais on n’a pas de réponse.
À l’inverse, certaines villes impactées n’ont pas fait de demande, comme Le Mans par exemple, et Nice, ou messieurs Le Foll et Estrosi n’ont pas fait de demandes.

La ministre dit que les caisses sont vides et que le gouvernement ne peut donner d’aides directes. Ils disent que ce serait bien que les collectivités locales mettent la main à la poche. J’ai répondu que la Ville de Dijon a déjà largement donné, avec 1,2 million d’euros de dépenses, tout compris, des dégâts aux heures supplémentaires de personnels et exonérations de droits de terrasse notamment. Cet argent se trouvera au frais des contribuables, il faut que les gilets jaunes y pensent.»

Nicolas Richoffer
Photo archives N.R.