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Jean Battault : «Dijon Congrexpo est tenu d’organiser Florissimo tous les 5 ans»

11/04/2019 19:28Imprimer l’article
Le président du délégataire a vivement réagi ce jeudi lors d'une conférence de presse improvisée aux déclarations de François Rebsamen, qui souhaite repousser Florissimo «d'un an ou deux».
Le président de Dijon Congrexpo, Jean Battault, et le maire de Dijon, François Rebsamen, n'en ont pas fini avec la petite bagarre qui les oppose depuis cet automne. On croyait la hache de guerre enterrée, mais une annonce surprise de François Rebsamen hier soir en marge du conseil métropolitain a remis une pièce dans le juke-box.

Le maire ne veut pas organiser le salon Florissimo du 05 au 15 mars 2020, et imagine que la prochaine édition serait repoussée d'«un ou deux ans». Il invoque un argument budgétaire du fait de la contrainte que fait peser l'Etat sur le budget de fonctionnement des collectivités, un argument environnemental, jugeant que le salon doit se mettre en phase avec les ambitions écologiques de Dijon, et un argument électoral, puisque l'exposition florale se déroulerait à quelques jours des municipales.

Cliquez ici pour lire notre article sur la position de François Rebsamen

Il ne le fait jamais, mais ce jeudi, Jean Battault a donc organisé au pied levé une conférence de presse pour répondre au maire, avec qui il avait déjà été en conflit ouvert à l'automne au moment de la foire (qui «sent le graillon» selon François Rebsamen) et du renouvellement de la DSP (Délégation de Service Public), avec un bras de fer sur les conditions financières de la délégation et l'avenir du parc des expositions.

Concernant cet épisode au sujet de Florissimo, Jean Battault attaque bille en tête : «Je n'en peux plus du Dijon Congrexpo Bashing. Pourquoi tant de haine ? Parce que j'ai refusé des conditions dans le renouvellement de la délégation de service public. Les conditions de la délégations nous ont conduit à une gestion ruineuse».

Rappelant que Dijon Congrexpo «apporte une contribution à l'économie parfois conséquente» il dénonce à nouveau le mauvais entretient par la Ville du Parc des Expositions, il évoque une «démarche d'ensemble contre nous». Il balaie les trois arguments du maire mais concède que Florissimo ne pourra se faire sans l'appui de la mairie : «il est trop tard pour lancer l'organisation avec des privés».
Il précise également que «Dijon Congrexpo est tenu d'organiser Florissimo tous les 5 ans, c'est écrit dans le contrat de la nouvelle délégation de service public signée en début d'année».
N.R.

L'intervention complète de Jean Battault devant les médias :


Depuis sa création en 1980 par Robert POUJADE, Jean VALENTIN et Marc GONNET,  au fil des éditions, par sa qualité et son originalité mais également grâce au soutien actif de la Ville et à une collaboration étroite avec le service des espaces verts, Florissimo est devenu une référence nationale et internationale dans le domaine des expositions florales.

C’est ainsi que le congrès mondial d’orchidophilie qui a attiré plus de 1 500 spécialistes du monde entier a été accueilli à Dijon en 2005, alors qu’il était pressenti à Paris ou à Miami.
Début 2018, Le Maire a donné verbalement son accord de principe pour que Florissimo ait lieu la 1e quinzaine de mars 2020. Cette manifestation a par ailleurs été inscrite au titre des manifestations obligatoires dans la présente Délégation de Service Public.
Forts de cet accord et compte tenu des délais qu’impose l’organisation d’un tel événement, nos services se sont immédiatement mis au travail. A ce titre, Dijon Congrexpo a déjà engagé plus de 100 K€ en prestations externes (choix du concepteur-paysagiste, élaboration du projet…) et internes dans la préparation de cette nouvelle édition.
Hier, le Maire a annoncé devant la presse qu’il ne souhaitait pas que Florissimo ait lieu en 2020.
Dijon Congrexpo ne peut pas ne pas réagir face à ce changement de position unilatéral et faire part de sa surprise et de son incompréhension à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, le Maire a choisi de rendre publique cette position le jour même de la réception par Dijon Congrexpo du courrier daté du 9 avril auquel il fait référence ! Il s’en est fallu de très peu que nous n’apprenions cette information dans la presse…Cette méthode n’est pas acceptable.
Sur le fond, les arguments avancés sont pour le moins contestables.
L’argument budgétaire.
Dijon Congrexpo assume seul le risque financier de l’opération dont les ressources proviennent en quasi-totalité des entrées ; la Ville n’accorde pas de subvention et facture au contraire à Dijon Congrexpo, à hauteur de 150 K€ en 2015, l’intervention du Service des Espaces verts.

Florissimo ne coûte pas un centime au contribuable dijonnais et ne vient donc pas grever les charges de fonctionnement de la Ville.
L’argument lié à la transition écologique.
Contrairement à l’affirmation publique du Maire, il n’y a pas de fleurs coupées à Florissimo, mais uniquement des végétaux en pots qui sont réutilisés à l’issue de la manifestation.

Florissimo s’inscrit pleinement dans une démarche de préservation de l’environnement :
sa dernière édition en mars 2015 avait pour thème la biodiversité des 5 continents afin, justement, de favoriser la prise de conscience de l’impérative nécessité d’agir pour protéger la richesse et la diversité du monde végétal.
Le projet retenu pour l’édition 2020 a été conçu et réalisé par une paysagiste locale reconnue et pleinement imprégnée de ces mêmes enjeux ; elle est notamment intervenue dans la création d’un écoquartier sur l’agglomération dijonnaise, réalisation pour laquelle elle a été distinguée.

Son projet est précisément celui d’un nouveau Florissimo, totalement en prise avec les enjeux actuels, les préoccupations par rapport à l'environnement et au climat, tout en ménageant une part de rêve et en apportant une note d'espoir à travers le Jardin, porteur de la réconciliation de l'homme avec son environnement.
Nous avons pour notre part toujours été ouverts au dialogue et à l’échange avec les services de la Ville sur ces sujets.
Nous avons notamment proposé d’exposer le projet plus en détail afin de valider sa compatibilité avec les objectifs de la collectivité en matière d’environnement et de transition écologique qui ne nous ont d’ailleurs jamais été communiqués, ce que la Ville a formellement refusé.

L’argument portant sur le  risque de contentieux électoral.
Là encore, cet argument n’est pas fondé ; en effet, selon une jurisprudence liée aux contentieux sur le financement des campagnes électorales désormais claire et constante, il est acquis que les dépenses liées à des manifestations régulières et récurrentes, ce qui est le cas de Florissimo tous les 5 ans au mois de mars, ne sont pas assimilables à des dépenses de campagne.
Il n’y a donc aucun risque d’annulation de l’élection municipale.
Florissimo accueille des collectivités territoriales dont nous sollicitons la participation avec le concours de la Ville, au premier lieu desquelles figurent ses services des espaces verts et de l’environnement, des  professionnels de l’horticulture et du jardinage, architectes-paysagistes, concepteurs de jardins et de décors naturels, établissements de formation.

Pour l’ensemble de ces acteurs, Florissimo est une vitrine incomparable et une opportunité exceptionnelle pour assurer leur promotion auprès des quelque 185 000 visiteurs venus de France et d’Europe, mais également par l’intermédiaire de la très importante couverture médiatique de l’événement (TV, radios, presse écrite régionale et nationale, médias spécialisés, internet, réseaux sociaux, etc....)
La décision annoncée hier porte donc indéniablement préjudice non seulement aux visiteurs mais également aux nombreux participants, professionnels et bénévoles attachés à Florissimo.

Elle est également lourde de conséquences pour l’économie locale.
Plus de 2,5 millions d’euros sont injectés au profit des prestataires locaux pour la mise en œuvre de Florissimo.
L’impact économique indirect constitué des dépenses de nos visiteurs et des exposants est estimé à plus de 13 millions d’euros, en hôtellerie, restauration et achats divers.
Comme je l’ai indiqué, selon les dispositions du contrat de DSP, Dijon Congrexpo est tenu d’organiser Florissimo tous les 5 ans.
Qu’en est-il à présent de cette obligation ?
Dans le souci de l’intérêt des visiteurs et des exposants, nous nous réservons la possibilité d’organiser la manifestation à notre propre initiative.

Je terminerai si vous le voulez bien, par un mot pour me réjouir de  l’excellente nouvelle que nous avons apprise hier : l’accession de la foire au 5e rang du classement des foires internationales derrière Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux.
Si j’osais, je reprendrais une comparaison footballistique chère au Maire : si le DFCO lutte actuellement pour son maintien dans l’élite nationale, la foire internationale et gastronomique joue, elle, la coupe d’Europe….

Photo Nicolas Richoffer