jeudi 19 septembre 2019
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La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
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MUNICIPALES : À Dijon, Emmanuel Bichot souhaite fédérer au-delà des Républicains

05/09/2019 03:35Imprimer l’article
Ce mercredi soir, le candidat investi par les Républicains pour tenter de conquérir la Ville de Dijon a lancé sa campagne devant 250 personnes. Il tend la main à tous les Dijonnais, et peut-être même aux militants d'En Marche. Urbanisme et baisse de la fiscalité seront au centre du programme en construction.
Rentrée sur fond de paysage lacustre pour Emmanuel Bichot ce mercredi 4 septembre 2019. Il s'agit de son lancement de campagne pour les élections municipales à Dijon. L'actuel élu dans l'opposition municipale à Dijon et au conseil métropolitain est ainsi le premier à présenter sa campagne devant les citoyens en vue des élections de mars 2020. En bord de lac Kir, dans les jardins de l'Odysseo, le cabaret situé sur la commune de Plombières-lès-Dijon, environ 250 personnes, selon notre estimation, sont venues le soutenir ou s'informer, cela sans compter les connectés au live sur les médias sociaux.

Le cadre verdoyant se prête plus à une garden party qu'à un meeting politique. Pourtant, la période de réserve ayant débuté le 1er septembre, la campagne électorale peut bel et bien commencer. Se reconnaissant volontiers «challenger» de François Rebsamen (l'actuel maire PS de Dijon), Emmanuel Bichot a choisi de se lancer très tôt. Comme il le confie à Infos-Dijon, il a conçu sa campagne en deux phases. Durant l'automne, l'équipe évoquera «une proposition par semaine» et ira à la rencontre des électeurs dans tous les quartiers dijonnais. À partir de janvier, il défendra le programme issu de ces rencontres avec la liste alors constituée.

La bannière «Agir pour Dijon»


Pour le candidat, «il est temps de redonner la paroles aux Dijonnais pour qu'ils puissent choisir leur avenir» sans faire «table rase du passé». Une démarche menée sous la bannière d'Agir pour Dijon, un mouvement fondé en 2013, en aspirant à fédérer au-delà des Républicains. En effet, Emmanuel Bichot a reçu l'investiture de ce parti en juillet dernier (lire son communiqué).

 «Dijon, la plus belle ville de France» entraîne «un lien singulier, parfois récent, parfois plus ancien». Emmanuel Bichot rappelle alors que sa famille, venant de Lombardie en Italie pour s'installer à Dijon au XIVème siècle, a «servi Dijon». À son tour, il souhaite «servir Dijon et les Dijonnais». Diplômé de l'ENA, Emmanuel Bichot est conseiller référendaire à la Cour des comptes, il a été maire de Saint-Romain (Côte-d'Or) de 2005 à 20014.

L'urbanisme au cœur de la campagne


Face à la future Cité internationale de la Gastronomie et du Vin – dont l'ouverture est prévue pour la fin 2021 – c'est la «gastronomie dans la cité» que le candidat souhaite promouvoir. La rénovation des Halles centrales est proposée «afin d'y conforter un marché de produits locaux de qualité dans un lieu plus attractif en toutes saisons». Emmanuel Bichot veut capitaliser sur l'agroalimentaire et la nutrition-santé. Sur le plan de la commande publique, le candidat souhaite qu'elle soit orientée «en priorité vers les entreprises du territoire» afin de développer les opportunités locales d'emploi.

«Immeubles en chantier à tous les coins de rue», «course folle à la construction de nouveaux logements», «freiner la densification urbaine», «protéger le patrimoine bâti», «préserver les zones pavillonnaires», «définir des orientation architecturales plus cohérentes»... des éléments qui parlent à l'assistance. Le thème de l'urbanisme s'annonce donc central dans la campagne d'Emmanuel Bichot.

Le candidat dénonce ce qu'il voit comme «la destruction des arbres et des espaces végétaux de pleine terre qui est à l’œuvre à grande échelle dans la ville de Dijon». Il songe plutôt à les protéger via le contre-projet d'un PLUiHD très critiqué par les Républicains (lire notre article) et via «un plan de revégétalisation des espaces publics» pour «installer des îlots de fraîcheur ou oasis urbains» sur le modèle du square des Ducs. Sur le même thème, Emmanuel Bichot souhaite faire du lac Kir «une référence écologique» et propose la réalisation d'une «piscine biologique» entourée «d'un grand site naturel de loisirs».

«Limiter les prélèvements»


Côté sécurité, Emmanuel Bichot évoque des agressions physiques qui «ont progressé de plus de 40% depuis le début du mandat municipal en cours». «Sécurité du quotidien» et «tolérance zéro» seraient alors ses priorités en cas d'élection. Des mots-clés qui provoquent les applaudissements d'une assistance attentive mais peu réactive jusque-là.

Côté mobilité, l'équipe de campagne envisage d'inciter la population à se passer de voitures à moteur thermique par une «meilleure répartition de l'espace public». Aménagements sur la LINO, adaptations du plan de circulation, réorganisation de la desserte du centre-ville en navette électrique, refonte de la tarification du stationnement sont aussi au programme.

Côté fiscalité, Emmanuel Bichot annonce que tout sera fait «pour limiter les prélèvements» en rendant compte aux Dijonnais «de la bonne utilisation de l'argent public». Seraient alors communiquées «de façon transparente les informations nécessaires à la compréhension et au contrôle des affaires locales». «Les privilèges et les passe-droits doivent être proscrits» lance-t-il à l'assistance avant d'évoquer «une charte de déontologie» pour l'équipe municipale.

Le candidat songe à une orientation plus modeste du train de vie de la municipalité et de sa communication : «la communication nécessaire pour informer le public ne devrait pas être confondue avec la propagande municipale au service d'un clan». Emmanuel Bichot s'engage à «ne pas augmenter et même baisser les taux des impôts locaux et des tarifs publics» avec l'exemple de «la baisse du taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties».

«Une ville plus chouette»


L'équipe de campagne considère qu'une municipalité «doit promouvoir un sentiment d'appartenance collective, de communauté de destin et de fierté d'être Dijonnais» notamment par la mise à l'honneur des valeurs civiques et républicaines dans les écoles : «l'ouverture à l'autre doit être accompagnée d'un effort partagé d'intégration».

«Un nouveau pacte civique» sera proposé pour «changer nos pratiques démocratiques». Pacte qui devrait associer les Dijonnais «aux orientations, aux décisions et à la mise en œuvre des politiques municipales». Emmanuel Bichot reprend dans sa campagne une idée de Ludovic Rochette, les «contrats de rue». De plus, les associations sportives, culturelles ou de loisirs seraient subventionnées «sur le seul critère objectif de leur contribution à la vie locale».

Serait-ce le futur slogan de campagne ? Emmanuel Bichot résume ces défis par la formule «une ville que nous voulons tout simplement plus chouette». Pour cela, il tend la main à toutes les Dijonnaises et tous les Dijonnais mais aussi «à tous les élus qui souhaitent s'associer à ce projet à condition de partager l'objectif». En revanche, il écarte d'emblée tout «accord électoral avec le Rassemblement National». À la fin de ce propos, sans passer par le traditionnel chant de la «Marseillaise», les personnes présentes sont invitées à partager un kir au bord du lac Kir.

Les Républicains présents en nombre


Si Emmanuel Bichot appelle au rassemblement et à l'ouverture, ce soir-là, la plupart des personnes qui prennent la parole avant lui sont membres des Républicains. Le candidat assure donc la mobilisation dans son parti d'origine. Ce qui donne aussi à cette soirée une tonalité de rentrée politique des Républicains de la Côte-d'Or puisque sont abordés des thèmes qui leur sont chers sur les relations entre la métropole et le Département ou encore sur les enjeux régionaux.

Anne Erschens (conseillère départementale indépendante) vante les valeurs, l'intégrité et la ténacité d'Emmanuel Bichot : «je sais que toi et ton équipe, vous mènerez une campagne digne, dans l'écoute et le respect de chacun».

Ludovic Rochette (conseiller départemental LR) appelle à une union de la droite et du centre mais en passant par la redéfinition de ces notions à partir de la commune. En revanche, il alerte son auditoire sur le fait que «l'union contre un homme, l'union contre une équipe» ne constitue pas un programme. Il veut «un seul gagnant» au mois de mars, «Dijon».

Danielle Darfeuille (conseillère départementale indépendante) critique «le sectarisme des élus de gauche qui siègent au département et qui nuit fortement à Dijon» ainsi que «la folie des grandeurs du maire sortant».

François-Xavier Dugourd (conseiller départemental et président de la fédération des Républicains de Côte-d'Or) lance à l'assistance que la victoire d'Emmanuel Bichot est «possible et nécessaire». Possible du fait d'une force mobilisée autour de son équipe. Nécessaire parce que «dix-huit ans, ça suffit!» et parce que les résultats «ne sont pas brillants» concernant l'économie et le commerce. Son engagement sera «total» pour soutenir Emmanuel Bichot.

Pour Bernard Depierre (ancien député UMP de la Côte-d'Or), «cette élection se gagnera si on est capable de fédérer au-delà des partis politiques». Dans un propos à la limite de la courtoisie, il feint d'avoir oublié le nom du maire actuel – ce qui amuse une partie de l'assistance – pour appeler à critiquer les «sujets majeurs qu'il a réalisés et qui ne convainquent pas la majorité des Dijonnais». Prenant pour exemples la reconstruction de la piscine du Carrousel, la vente de villas remplacées par un immeuble et la fin de la BA 102. En conclusion de son discours, le «vieux gaulliste» dispense même quelques conseils sur la façon de constituer une liste selon des critères sociaux, ethniques et religieux.

L'ouverture jusqu'aux Marcheurs


Dans un style différent, Rémi Delatte (député LR de la Côte-d'Or) analyse cette soirée comme «la première borne d'un parcours vers l'alternance». Il critique lui aussi les choix du maire actuel : l'écologie «qui se donne bonne conscience en plantant ici ou là quelques unités d'arbre», une économie «qui privilégie les grandes surfaces plutôt que le commerce de proximité», une bonne conscience sociale «sans ouvrir de véritables projets de vie aux familles qui sont éprouvées par la conjoncture».

Le député  appelle à un état d'esprit «collectif, ouvert, joyeux et réaliste» pour conduire la campagne. Lui aussi reprend l'argument de l'ouverture et appelle au vote les Dijonnais «qu'ils soient de droite ou de gauche» pour peu «qu'ils forgent une véritable ambition pour Dijon». «Et pourquoi pas certains Marcheurs» avance-t-il, «pour autant qu'ils partagent les mêmes valeurs». Évoquant alors le nom de Sylvain Comparot (président de l'association Pour Dijon).

Florilège de messages


Contribuant à renforcer l'impression de rentrée politique, des messages internes sont glissés sous la forme de clins d’œils appuyés entre orateurs. Si François Sauvadet (président UDI du conseil départemental de la Côte-d'Or) est «probablement l'autorité de la droite et du centre qui marque le plus notre département», Rémi Delatte voit Ludovic Rochette comme un élu qui «a une influence qui est de plus en plus grande dans le département de la Côte-d'Or».

De son côté, François-Xavier Dugourd salue tout particulièrement devant lui l'équipe municipale sortante de Talant tandis que le maire Gilbert Menut ne se représente pas et passe le flambeau à Adrien Guené pour mener la campagne (lire son communiqué).

Des messages qui s'adressent aussi à des absents. Décidément très impliqué, Rémi Delatte aspire au retour de Laurent Bourguignat et de Franck Ayache dans l'équipe d'Emmanuel Bichot.  Il s'agit pourtant de conseillers municipaux d'opposition siégeant chacun dans des groupes différents.

Remontant dans le temps, même Robert Poujade est invoqué dans les interventions ! À la fois en tant que maire RPR de Dijon de 1971 à 2001 mais aussi en tant que ministre de l'Environnement sous Pompidou (1971-1974). Une figure tutélaire qui parle aux plus anciens sympathisants dans l'auditoire.

À noter que si François Sauvadet et Alain Houpert (sénateur divers droite de la Côte-d'Or) sont excusés, on compte aussi parmi les personnalités présentes Monique Bayard (maire indépendante  de Plombières-lès-Dijon), Guillaume Ruet (maire LR de Chevigny-Saint-Sauveur) ou encore Patrick Chapuis (maire LR de Fontaine-lès-Dijon). Des présences annonçant en filigrane l'enjeu du futur conseil métropolitain qui se dessinera après les municipales.

Jean-Christophe Tardivon