jeudi 17 octobre 2019
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MUNICIPALES : À Dijon, Laurent Bourguignat est désigné chef de file par Valérie Pécresse

06/10/2019 03:15Imprimer l’article
La présidente de la Région Île-de-France - et initiatrice du parti de droite modérée Libres ! - a désigné Laurent Bourguignat comme chef de file pour préparer les prochaines élections municipales. Il répond aux questions d'Infos-Dijon.
Né à Dijon, Laurent Bourguignat a fait toute sa scolarité dans cette ville. Très vite, il a travaillé avec des figures politiques locales du RPR comme Jean-Marc Nudant, Robert Poujade et Louis de Broissia. Il a été directeur de cabinet du conseil général du Jura de 2008 à 2011, «une expérience de gestion de collectivité non négligeable» selon lui. Depuis 2011, il est conseiller municipal d'opposition à Dijon (groupe «Dijon ensemble»).

Laurent Bourguignat a été le représentant d'Alain Juppé dans la Côte-d'Or lors de la primaire ouverte de la droite et du centre avant l'élection présidentielle de 2017. Il a rédigé un livre dont la publication en avril 2018 a coïncidé avec la création de l'association «Dijon ensemble» dont il est le président. Association qui revendique 400 adhérents dont 50 membres «très actifs».



Le 3 octobre 2019, Valérie Pécresse a annoncé qu'elle désignait Laurent Bourguignat en tant que chef de file à Dijon de Libres ! pour les élections municipales de mars 2020. Présidente du conseil régional d’Île-de-France, Valérie Pécresse était membre des Républicains. Elle s'est opposée à ce qu'elle considérait être la «droitisation» de Laurent Wauquiez. Après les élections européennes de juin 2019, elle a quitté les Républicains pour transformer le mouvement «Soyons libres» en parti politique de droite modérée. Le nouveau chef de file dijonnais de Libres ! a accordé une interview à Infos-Dijon.

«Le message, c'est Dijon ensemble avec les Dijonnais»


Conseiller municipal élu sur la liste menée par Alain Houpert, vous êtes maintenant dans le groupe Dijon ensemble. Avez-vous rompu avec votre liste d'élection ?

«Il y a eu une période où les élus issus de la liste constituée par Alain Houpert se sont réunis autour d'Anne Erschens et puis, assez vite, à l'époque, Emmanuel Bichot et Chantal Outhier ont souhaité créer leur propre groupe. C'était le premier acte de scission pour des raisons que l'on respecte. Ça appartient au passé. (…) J'observe qu'il y a eu bien des psychodrames dans la majorité de gauche avec le départ de Laurent Grandguillaume, le départ de Michel Julien. Six ans, c'est long. Les différents groupes de l'opposition se respectent et correspondent à des sensibilités.»

Est-ce ensemble avec d'autres ou est-ce ensemble avec vous ?

«Le message, c'est Dijon ensemble avec les Dijonnais. Nous sommes une communauté. On aime Dijon, on est tous attaché à Dijon, on veut la voir progresser. Une ville, elle n'est pas de gauche, elle n'est pas de droite. C'est ensemble que l'on avance. Il ne faut jamais confondre les élections municipales avec des élections politiques.»

La fin du mandat en cours approche, quel bilan en faites-vous ?

«On a essayé d'incarner une opposition équilibrée, ce qui donne plus de crédibilité pour dénoncer ce qui doit l'être. Les projets comme le musée des Beaux-arts ou la piscine du Carrousel, nous les avons accompagnés. À l'inverse, la politique de l'urbanisme, qui s'est traduite par le PLUi-HD, nous l'avons dénoncée avec force. Nous avons été une opposition qui a fait des propositions, elles n'ont pas toutes été retenues mais on a obtenu quelques avancées. C'est Dijon ensemble qui a proposé d'équiper les policiers municipaux de caméras piétons.»

«Je pense qu'il y a beaucoup de politique de comm' et de gadget. Je pense à la vélo-rue de l'avenue Jean-Jaurès qui, à l'évidence, est une concession faite aux écologistes qui ne répond absolument pas ni aux besoins des cyclistes de se déplacer en sécurité dans l'agglomération, ni évidemment aux besoins des plus âgés et des automobilistes qu'il faut respecter et qu'il faut accompagner plutôt que de systématiquement sanctionner dans cette ville.»

«C'est la reconnaissance du travail de terrain»


Qu'apporte le soutien de Valérie Pécresse ?

«Il se trouve que Libres !, le mouvement de Valérie Pécresse a souhaité me soutenir. Je pense que c'est la reconnaissance du travail de terrain que nous effectuons. (…) Il y a un positionnement de droite dite 'moderne', c'est-à-dire une droite ouverte aux questions d'écologie, de la culture, une droite libérale, une droite laïque, une droite populaire. Les valeurs défendues par Libres ! sont en adéquation avec celles que nous essayons de pousser à notre modeste niveau et à l'échelle locale avec Dijon ensemble.»

«Valérie Pécresse a mis en relation les président de groupes d'opposition de plusieurs grandes villes (Nantes, Rennes, Dijon...). On se voit trois fois par an sur Paris et on a une boucle WhatsApp [NDLR : une application d'échanges privés]. Ça permet d'échanger sur des problématiques communes et de faire du benchmarking [NDLR : analyser des modes d'organisation pour en tirer le meilleur] notamment sur tout ce qui est adaptation des grandes villes à la canicule, végétalisation des centres-villes et des quartiers.»

Valérie Pécresse a dit que Jacques Chirac lui avait tout appris en politique. Est-ce que Jacques Chirac est une référence politique pour vous ?

«Quand j'ai commencé tout jeune mon militantisme politique, c'était au RPR et j'ai eu la chance de rencontrer Jacques Chirac grâce à Jean-Marc Nudant. J'ai eu la chance de lui serrer la main, de faire une photo avec lui et d'échanger quelques mots, déjà sur Dijon d'ailleurs. Bien sûr, Jacques Chirac, c'est une référence. Je retiens un certain nombre de repères, d'indicateurs comme l'exécration de l’extrémisme, de l'extrême-droite.»

«Maintenant, cela paraît presque banal – et c'est tant mieux – de parler de l'écologie à l'échelle internationale mais, à l'époque, quand il fait son discours à Johannesburg, il est particulièrement visionnaire en alertant sur 'la maison qui brûle'. Il y a évidemment cet attachement au peuple. (…) Ce qui me touche particulièrement, c'est qu'il a toujours eu une petite inclinaison pour le plus faible, le plus fragile.»

«Je tends la main à Emmanuel Bichot»


Qu'est-ce qu'un chef de file ?

«J'ai mandat, de la part de Valérie Pécresse pour soit constituer une liste pour les prochaines municipales à Dijon, soit pour participer activement avec mon équipe à un rassemblement pour créer l'alternative à Dijon. À cet égard, je le dis très clairement, je tends la main à Emmanuel Bichot parce qu'il a été investi par les Républicains et qu'il est notre partenaire naturel (lire notre article sur le lancement de campagne d'Emmanuel Bichot). Je lui dis 'parlons-nous, trouvons un bon accord, loyal, respectueux des sensibilités de chacun', parce qu'on sait que l'on a des sensibilités différentes ?»

«Par ailleurs, je parle avec tous ceux qui veulent participer à un vaste rassemblement. Je parle avec Jean-Philippe Morel avec le Parti radical. Nous parlons avec l'UDI, Franck Ayache et Pascal Grappin (lire notre interview de Franck Ayache). Nous parlons avec Agir, bien sûr, dont certains membres sont dans mon équipe. Nous parlons avec Charles Rozoy [NDLR : chef de file LREM]. Nous parlons avec tous ceux qui ont en commun cet attachement à Dijon, cette volonté d'avoir un projet moderne et novateur.»

Vous ne serez donc pas nécessairement la personne en tête de liste ?

«Pas nécessairement. En revanche, il faut se fixer un calendrier. Au plus tard au 15 novembre, ne serait-ce que pour des questions de transparence vis-à-vis des Dijonnais et d'organisation par rapport à la campagne à venir, Dijon ensemble d'une part, Libres ! de l'autre, il faut que nous ayons choisi soit de constituer une liste dont je serais la tête de liste et ouvert à d'autres partenaires, soit rejoindre un rassemblement plus large.»

«Il faut que Dijon soit sur la carte»


Sur quelles thématiques de campagne travaillez-vous ?

«Pendant les vingt ans de François Rebsamen [NDLR : actuel maire PS de Dijon], il y a eu des choses bien de faites, des choses moins bien, c'est la vie. En revanche, on peut dire sans se tromper que c'est caractérisé par de grandes infrastructures qui sont maintenant construites. De toutes façons, on ne pourra pas continuer à ce rythme de construction compte-tenu de la situation financière de la ville et de la métropole. Je souhaite que l'on réfléchisse à une ville plus proche des habitants au quotidien, que l'on revienne dans la quotidienneté – je pense aux familles – à une ville plus pratique pour les Dijonnais, et pour tous les Dijonnais, pas uniquement certaines catégories qu'on aurait ciblées. Le fil conducteur de la campagne, ça va être 'Dijon au quotidien, Dijon pour tous'.»

«On a cinq thématiques qui correspondent aux cinq principaux chapitres de mon livre. Ça va être l'écologie, pour une écologie du quotidien, qui ne soit pas punitive, qui soit au service des Dijonnais. On a quelques propositions. Il y a le système de froid urbain, on sait que l'on va vers de plus en plus canicules et on sait que la climatisation n'est pas fondamentalement écologique, mais on ne peut pas laisser les gens crever de chaud l'été. On proposer d'inverser le réseau de chaleur urbain pour diffuser du frais. Ça se fait ailleurs.»

«Deuxième axe : les familles. On ne peut pas avoir que des célibataires étudiants et des personnes âgées dans Dijon. Il faut que tous les jeunes couples qui vont s'installer en vallée de l'Ouche, à Genlis, dans la plaine dijonnaise, reviennent habiter en ville et pour cela, il y a un certain nombre de propositions que nous formulons dont la fameuse 'semaine de quatre jours' s'agissant des rythmes scolaires.»

«La sécurité. C'est un vrai sujet. On assiste forcément à un désengagement de l’État, au niveau national, ce n'est pas propre à Dijon. Donc il faut que la Ville prenne beaucoup plus le relais sur les missions de tranquillité publique avec une police municipale 24/24, avec un système de vidéo-protection plus étendu. Savez-vous qu'il y a plus de caméras à Dole [NDLR : commune du Jura de 65.000 habitants] qu'à Dijon aujourd'hui ? Je suis pour l'armement de la police municipal, pour protéger les policiers eux-mêmes qui sont maintenant des cibles, pour protéger les Dijonnais en cas d'incident. Rappeler que tout cela se fait de manière très encadrée, après une formation, que les armes, ils ne les emmènent pas chez eux, elles restent au poste.»

«Quatrième axe, c'est l'économie avec la volonté de transformer Dijon développement en Invest in Dijon pour qu'on se mette à la hauteur des autres métropoles pour la prospection de nouvelles entreprises. On a plein de grandes entreprises qui veulent quitter l’Île-de-France aujourd'hui parce que c'est une région saturée. Il faut que Dijon soit sur la carte et qu'on attire des sièges d'entreprise dans notre métropole et pour cela, il n'y a qu'une manière, c'est d'aller les voir, de les attirer.»

«Dernier axe, c'est la revitalisation du centre-ville par le projet centre Dauphine mais également par l'ébullition culturelle parce qu'en matière d'offre commerciale, de stationnement, la Toison d'Or et les autres centres périphériques auront toujours des avantages que le centre-ville ne pourra jamais avoir. En revanche, sur le patrimoine, sur l'écrin que nous proposons, le centre-ville est évidemment nettement au-dessus. Nous voulons proposer l'ouverture des bibliothèques le dimanche et créer un 'troisième lieu' qui pourrait être à la Nef [NDLR : en plus du lieu du foyer et du lieu du travail, un lieu de culture et de société] pour que le centre-ville soit une expérience et que, non seulement on y vive, on y consomme mais qu'on s'y promène et qu'on y trouve de l'art, de la culture.»

«Un projet chiffré et expertisé»


Quel sera l'agenda de campagne ?


«Pour le moment, le mandat n'est pas terminé. Il y a encore des sujets importants qui arrivent dans les deux prochains conseils municipaux et deux prochains conseils métropolitains : le budget et le PLUi-HD, qui décide de tout l'urbanisme pour les vingt ans à venir. Continuons à travailler jusqu'à Noël et la période des vœux et après, on entrera dans la période électorale.»

«Pendant ce temps-là, ça nous permet de préciser le projet et, en particulier, je veux que ce soit chiffré et expertisé. Je voudrais que l'on termine ça avant Noël pour pouvoir proposer aux Dijonnais un projet que nous serons en mesure d'appliquer après. Tout dire avant pour pouvoir faire après.»

Propos recueillis par Jean-Christophe Tardivon


Laurent Bourguignat, chef de file à Dijon de «Libres !», le parti de Valérie Pécresse


Entouré de Henri-Bénigne de Vregille (membre d'Agir la droite constructive, responsable de projet) et de Virginie Voisin-Vairelles (sans étiquette, conseillère municipale et conseillère métropolitaine, groupe Dijon ensemble)


Publié en avril 2018, le livre de Laurent Bourguignat reste une base programmatique pour les élections municipales de mars 2020 (image d'archives)