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MUNICIPALES : Avec Agir pour Dijon, Emmanuel Bichot consulte les Dijonnais

16/10/2019 03:15Imprimer l’article
Un mois après son lancement de campagne, Emmanuel Bichot lance «une grande consultation auprès des Dijonnais» portant sur ses premières propositions afin de les enrichir et de les hiérarchiser.
Après le paysage du lac Kir pour son lancement de campagne début septembre (lire notre article), c'est dans le cadre urbain du quartier de la gare qu'Emmanuel Bichot choisit de s'exprimer afin de présenter ses premières propositions en vue des élections municipales de mars 2020 à Dijon. C'est la bannière «Agir pour Dijon» qui est mise en avant pour des élections sur lesquelles le candidat veut se concentrer en évitant les effets de la politique nationale (lire notre article sur ce positionnement).

Hiérarchiser les propositions avec les Dijonnais


Ce lundi 14 octobre sont lancées 15 propositions qui feront l'objet «d'une grande consultation auprès des Dijonnais» pour les enrichir et les hiérarchiser en fonction de l'adhésion des citoyens. Chaque mardi et chaque jeudi, une proposition sera détaillée sur le site de campagne. Un tract est actuellement distribué aux Dijonnais par les bénévoles de l'équipe. Imprimé sur du papier recyclé par une entreprise locale, il a été tiré à 75.000 exemplaires.



Les citoyens peuvent s'adresser par courrier à l'équipe de campagne, utiliser les réseaux sociaux où des sondages sont instaurés pour donner son avis sur les propositions ou encore faire part de commentaires sur le site de campagne. Parallèlement, l'équipe consulte des personnalités qualifiées ou des associations pour les faire réagir aux premières propositions. Une série de réunions publiques sera lancée mi-novembre sur les secteurs correspondant aux commissions de quartier.  Elles se feront sur le modèle des réunions critiquant le projet de PLUi-HD de Dijon métropole ayant eu lieu au printemps 2019 (lire notre article). Tout cela devrait permettre de hiérarchiser les propositions par ordre d'intérêt pour les Dijonnais afin d'élaborer in fine un projet «réalisable en deux mandats», comme le souligne Emmanuel Bichot, et mis en œuvre «dès les élections passées» du fait «d'un calendrier un peu réfléchi à l'avance».

Un référendum pour ou contre le plan local d'urbanisme ?


Emmanuel Bichot constate «un grave déficit d'écoute et de concertation à Dijon, c'est même stupéfiant si on se compare à d'autres grandes villes ou métropoles». «Il n'y pas un projet urbain un peu important qui ne soit pas conduit en concertation avec une commission mise en place dans laquelle les habitants et les personnalités qualifiées sont associées, y compris au choix des architectes», «on voit ça partout, à Nantes, à Toulouse...». «À Dijon, les décisions tombent depuis l'Hôtel de Ville et il y a un grand déficit de concertation».

Puisque «le sujet de la densification urbaine parle à tout le monde», une carte interactive à partir de Google Maps avait été élaborée pour trouver facilement les règles du futur PLUi-HD applicables dans telle ou telle rue. Ce PLUi-HD apparaît comme la bête noire d'Emmanuel Bichot. Néanmoins, il souligne que ce plan local d'urbanisme ne fait pas l'unanimité : l'enquête consultative a généré 1.400 observations «dont 80% négatives» et les commissaires enquêteurs auraient fait «une série de réserves et de recommandation qui nécessitent une modification substantielle du projet». Des réserves qui ne sont pas contraignantes.

Emmanuel Bichot dénonce les modifications qu'il qualifie de «mineures» que Dijon métropole s'apprêterait à apporter au PLUi-HD. Le plan local d'urbanisme aurait été sévèrement critiqué par le comité de l'autorité environnementale «en disant qu'il n'était absolument pas à la hauteur des enjeux du réchauffement climatique et des enjeux de qualité de vie». Si le PLUi-HD devait effectivement être voté à la métropole : «nous annonçons clairement la couleur, si nous sommes élus, (…) nous engagerons une révision de ce plan local d'urbanisme», une révision par secteur précise-t-il.

L'éco-PLU datant de 2010 est qualifié de «très permissif» par Agir pour Dijon : «il a ouvert la voie à une vague sans précédent de constructions nouvelles» avec «un désordre manifeste : spéculation immobilière, densification, disparition d'espaces végétaux, démolition du patrimoine remarquable, incohérence architecturale». Emmanuel Bichot a relevé une accélération de la construction, passant de 500 nouveaux logements en 2014 à 800 en 2018. Le PLUi-HD «prévoit d'amplifier le rythme de construction» avec 10.000 nouveaux logements à mettre sur le marché immobilier entre 2020 et 2030. Soit environ 1.000 par an.

La tentation est grande de faire des élections un référendum pour ou contre le PLUi-HD : «les élections du mois de mars prochain permettront aux Dijonnais de choisir quel projet urbain ils veulent pour les dix ans qui viennent. (…) Nous leur proposons un projet d'urbanisme qualitatif qui répond mieux à la fois aux aspirations des habitants et aux enjeux environnementaux». Reste à savoir si ces questions urbanistiques mobilisent la majorité des Dijonnais.

«À Dijon, la nuit, c'est la jungle !»


Sur les questions de sécurité, «il y a une prise de conscience que la situation s'est dégradée». Agir pour Dijon demande donc «à renforcer la police municipale et sa présence de jour comme de nuit». L'équipe indique avoir obtenu des données concernant Dijon auprès du ministère de l'Intérieur : +50% pour les affaires de consommation de drogue depuis dix ans, +40% pour les agressions physiques depuis 2012, +40% pour les tags ces dernières années. Face à cela, le groupe Agir pour Dijon au conseil municipal «a dénoncé très tôt la baisse de la police municipale». L'effectif aurait diminué entre 2012 et 2016, de 63 agents à 46, pour revenir à 57 aujourd'hui. Emmanuel Bichot «considère que la bonne dotation pour une ville de la taille de Dijon» serait au moins de 150 agents de police municipale.

Pour Stéphane Chevalier (coordinateur d'Agir pour Dijon), «il semble aujourd'hui indispensable d'étendre les horaires de la police municipale» au-delà de 7h30-1h du matin «pour répondre aux préoccupations des Dijonnais sur ces problèmes de tranquillité publique et c'est le cas dans tous les quartiers». Emmanuel Bichot renchérit : «à Dijon, la nuit, c'est la jungle !». D'où la proposition d'une police municipale en service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et dotée d'armes à feu après une formation en conséquence. De plus, sur le modèle d'Orléans, la proposition de créer une police métropolitaine des transports.

«La baisse de la taxe foncière»


Alors que la chambre des propriétaires immobiliers demandent aux candidats pour les municipales de ne pas augmenter l'impôt foncier (lire notre article), Emmanuel Bichot propose «la baisse de la taxe foncière». «Ce n'est pas du tout utopique» car en 2019, sur 41 métropoles, aucune n'a augmenté cette taxe et sept l'ont baissée. Selon lui, «le taux de la taxe foncière à Dijon est 25% plus élevé que la moyenne des grandes villes françaises». D'où la proposition de diminuer la taxe foncière au minimum de 5% et dans une fourchette entre 5 et 10% durant le prochain mandat.

Prendre exemple sur «l'oasis» du square des ducs


Il y a «un retour aux fondamentaux» pour Emmanuel Bichot, avec la propreté dans la rue, la sécurité et la tranquillité publique, les déplacements et le stationnement ainsi que les impôts locaux. Néanmoins, viendra bientôt le temps de détailler des propositions «sympathiques» pour contribuer à l'attractivité «d'une ville qui bouge, qui innove». D'où des suggestions concernant la qualité de l'eau de l'Ouche et du lac Kir. «Aujourd'hui, l'Ouche est polluée à un niveau absolument inacceptable. (…) L'Ouche est coupée par le lac Kir, il n'y a pas de continuité écologique de la rivière».

Connexe aux questions d'urbanisme – bien que le secteur sauvegardé de Dijon ne soit pas concerné par le PLUi-HD – la question de la végétalisation du centre-ville qui tend à émerger comme un thème de campagne commun à plusieurs candidats. Emmanuel Bichot s'appuie sur un diagnostic d'aménagement urbain – réalisé par des étudiants de master Géographie à l'Université de Bourgogne – et cite «le meilleur exemple de tous» : le square des ducs vu comme «un véritable oasis» au centre-ville. D'où un plan de végétalisation du centre-ville pour introduire des arbres, des massifs floraux et des fontaines. Agir pour Dijon envisage une prolongation végétalisée du square des ducs jusqu'à la place de la Sainte-Chapelle (devant la nouvelle entrée du Musée des Beaux-Arts).

Une suggestion concerne l'ouverture de l'ensemble du palais des ducs et des États de Bourgogne à la population sur le modèle du palais des ducs de Bretagne (350.000 visiteurs par an). «Nous avons une pépite». «La Bourgogne est la région française, avec la Bretagne d'ailleurs, qui a la plus riche histoire régionale sauf que nous, nous avons en plus une histoire européenne». Autre élément de visibilité envisagé, la piétonnisation du pourtour des halles centrales accompagnée de leur rénovation.

Jean-Christophe Tardivon


De gauche à droite, une partie de l'équipe d'Agir pour Dijon : Stéphane Chevalier (coordinateur), Emmanuel Bichot (président) et Caroline Jacquemard (vice-présidente)


Emmanuel Bichot à une réunion de déconstruction du PLUi-HD dans le quartier de la Toison d'Or, le 28 mai 2019