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MUNICIPALES : Emmanuel Bichot lance une série de rencontres à Dijon

28/11/2019 03:27Imprimer l’article
Le candidat investi par Les Républicains dès cet été marque son avance en organisant des réunions de consultation des Dijonnais dans les différents quartiers. Il était ce mercredi soir aux Grésilles pour annoncer à une trentaine de personnes avoir reçu le soutien de Libres!, le mouvement de Valérie Pécresse.
C'est l'annonce de la soirée, le ralliement de Laurent Bourguignat, chef de file de Libres!, le parti politique fondé cet été par Valérie Pécresse (retrouver notre interview), induit le soutien de celle-ci à la liste Agir pour Dijon conduite par Emmanuel Bichot. Ayant lancé sa campagne dès le 4 septembre dernier (lire notre article), le candidat investi par Les Républicains accumule les soutiens : Nouveau Centre, Agir-la droite constructive et maintenant Libres!





Un mois après avoir dévoilé ses propositions phares (lire notre article), Emmanuel Bichot entame une série de neuf réunions publiques pour aller dans tous les secteurs correspondant aux commissions de quartiers (lire le communiqué). Il ne s'agit pas encore de meetings politiques selon le candidat qui préfère parler de «consultations des Dijonnais» afin de contribuer à «hiérarchiser les propositions». Plusieurs fois Emmanuel Bichot dégainera un carnet afin de noter les remarques des personnes parmi la trentaine de participants à cette réunion à la mairie annexe des Grésilles ce 27 novembre 2019.

Pour cet exercice, le candidat est entouré de Caroline Jacquemard (vice-présidente d'Agir pour Dijon), Stéphane Chevalier (directeur de campagne), de Claire Vuillemin (chef de file Agir la droite constructive à Dijon) et de plusieurs personnes de l'équipe de campagne. Laurent Bourguignat est là, lui aussi, semblant chercher sa place dans une équipe déjà constituée.

«Un pacte citoyen» de la dépense publique


Deux jours après un conseil municipal intense en débats (lire notre article), «on refait le match» en partie : l'urbanisme, la fiscalité et la sécurité seront évidemment traités. Si Emmanuel Bichot est d'accord pour dire «qu'il y a eu beaucoup de choses de faites» depuis que François Rebsamen est maire de Dijon (équipements publics, grands travaux, constructions...), il souhaite à présent «revenir à une logique qualitative» car, pour continuer sur la métaphore sportive, sinon «Dijon ne restera pas en première division».

Le candidat pèse ses mots pour intéresser l'auditoire sans paraître caricaturer ce quartier «politique de la ville». Il veut instaurer «un pacte citoyen» autour de la dépense publique car il s'agit de «faire attention à l'argent public, c'est le vôtre» et de citer les impôts, les factures d'eau mais aussi les charges des HLM.

Selon Emmanuel Bichot, la majorité municipale sortante a «dilapidé de manière exagérée». Il préconise de «faire des investissements là où il y a besoin» en mentionnent les quelques écoles de Dijon encore en «préfabriqué». Il critique aussi le choix des prestataires de la Ville : «à Dijon, on donne beaucoup d'argent à de grandes sociétés, (…) on passe des contrats et on donne les clés». Et d'ajouter : «il faut défendre les intérêts des Dijonnais, on n'est pas là pour être la poule aux œufs d'or des sociétés du CAC 40». Face à cela, il préférerait «soutenir les associations de quartier».

«Créer du lien social dans le quartier des Grésilles»


Ayant habité rue de la Boudronnée pendant ses études supérieures, Stéphane Chevalier amène le débat sur le quartier lui-même : «il y a vraiment besoin de créer du lien social dans le quartier des Grésilles, (…) il y a beaucoup de personnes seules, il y a beaucoup de femmes seules». Concernant le logement social, l'équipe d'Agir pour Dijon considère qu'après avoir atteint l'obligation légale de 20%, «il faut s'occuper du parc existant pour que les gens puissent y vivre dans de bonnes conditions».

Dans ce quartier qui a connu de récentes violences urbaines, l'élu des Républicains a pris soin de ne pas aborder d'emblée le sujet de la sécurité. C'est pourtant un thème qui lui est cher : «il y a un gros dérapage» analyse-t-il. Selon lui, il y aurait «2.000 agressions physiques violentes sur la commune de Dijon dont 40% de violence 'gratuite' avec parfois des gens alcoolisés».

Face à cela, il préconise de doter la police municipale d'armes à feu après une réorganisation du service et un temps de formation. Puisque «la police du quotidien ne peut pas être la police nationale», Emmanuel Bichot recommande de porter l'effectif de la police municipale à 150 agents, dont certains actifs jour et nuit, financés en redéployant «des dépenses inutiles». Concernant la vidéoprotection, il lance que «les habitants des Grésilles ont les mêmes droits à la sécurité que tout le monde».

Des barbecues municipaux dans le parc des Grésilles ?


Sur la question du logement, l'orateur considère que «la situation n'est pas satisfaisante» en évoquant «des immeubles parfois vétustes, pas entretenus, beaucoup de dégradations». Il cite le cas d'un immeuble où «des habitants se sont organisés pour stopper un trafic de drogue» en s'installant dans le hall «pour jouer au tarot toute la nuit» pendant trois mois.

Il tient à rappeler que le parc des Grésilles a été créé par Robert Poujade. Un parc où, comme cela se fait à Rillieux-la-Pape (Rhône), des barbecues municipaux pourraient être mis à disposition pour éviter que quelques personnes au pied d'un immeuble ne dérangent tous les étages. «Il faut remettre de l'ordre dans le quartier et remettre de l'ordre dans les immeubles» avance-t-il en prenant exemple sur les «les gardiens d'immeuble assermentés» qui, à Paris, depuis 2018, «constatent les infractions et verbalisent».

«Afficher une politique de fermeté et de main tendue»


Mixant sécurité et social, Emmanuel Bichot annonce vouloir «afficher une politique de fermeté et de main tendue» et «afficher un conseil de famille pour passer un contrat» car «il faut que les parents prennent leur responsabilité, il faut le dialogue et la fermeté». Un contrat qui aurait quatre composantes : la mairie, les forces de l'ordre, la justice, les habitants. Prenant exemple sur les dispositif Voisins vigilants, il veut «associer les habitants à cet esprit de tranquillité» car «le lien social c'est de respecter tout le monde et que tout le monde respecte les règles communes».

Dans l'assistance, une habitante demande «un vrai magasin d'alimentation aux Grésilles» car l'actuel «va fermer, il va falloir qu'on aille à Leclerc». Un autre habitant essaie de rassurer cette dame en précisant que «ce sont des travaux d'agrandissement» durant quatre mois. Émerge le souhait d'une seconde enseigne «gérée par un comité de quartier», une proposition qu'Emmanuel Bichot note soigneusement dans son carnet.

Jean-Christophe Tardivon