jeudi 19 septembre 2019
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MUNICIPALES : Franck Ayache désigné chef de file de l'UDI à Dijon

11/09/2019 03:25Imprimer l’article
De retour de l'université d'été de l'UDI, Franck Ayache a accordé une interview à Infos-Dijon. Le candidat pour les municipales à Dijon précise la différence entre «chef de file» et «tête de liste», évoque les coalitions possibles et dévoile quelques thèmes de son programme.
Durant l'université d'été de l'UDI qui s'est déroulée du 5 au 7 septembre 2019 au Barcarès (Pyrénées-Orientales), Jean-Christophe Lagarde, président du parti centriste, n'a pas donné de ligne directrice concernant d'éventuelles alliances avec La République En Marche ou Les Républicains lors des élections municipales. À chaque situation locale sa spécificité. Pour Infos-Dijon, Franck Ayache évoque son approche de la campagne des municipales à Dijon maintenant qu'il a été désigné «chef de file» par la commission nationale d'investiture de l'UDI.

«Quand on a essayé un maire UDI, on adopte un maire UDI»


2,50 % aux élections européennes pour l'Union des Démocrates et Indépendants (alliée à Force européenne démocrate et à La gauche moderne). Quelle lecture faites-vous de ce résultat ?

«Ça faisait très longtemps que l'UDI ne s'était pas présentée sur son étiquette. (…) On attendait un petit peu mieux. Il y a eu plus de participation du fait du match Marine Le Pen / Emmanuel Macron, qui n'étaient pas candidats ni l'un ni l'autre. Si on enlève cet excédent de participation, on est largement au-delà des 3%.»

Est-ce que cela reflète le poids politique de l'UDI dans les territoires ?

«On voit très bien que partout où l'UDI à l'habitude de se présenter, elle fait des bons résultats. (…) On parle toujours de la droite et du centre et, aujourd'hui, il faut bien comprendre qu'il y a Les Républicains d'un côté et il y a le centre-droit, l'UDI, de l'autre côté. On n'a pas de grande ville mais on est très très bien implanté au niveau local sur toute la France et on a beaucoup de maires de 10-15-20.000 voire jusqu'à 80.000 habitants. Jean-Christophe Lagarde [disait] 'quand on a essayé un maire UDI, on adopte un maire UDI'.»

L'université d'été, en quoi cela consiste ?

«Cela permet d'abord de se retrouver, de se former, de s'élargir un peu l'esprit en assistant à des colloques (l'écologie, l'égalité hommes-femmes, la politique des territoires, etc.) et ça permet aussi de recevoir des invités, il y a quelques ministres qui sont venus [NDLR : Gérald Darmanin et Marc Fesneau]. J'ai fait des formations parce qu'un élu doit être formé : comment parler en public, comment entrer en contact avec son électorat, le juridique des élections...»

«Il y a eu des discours pour déterminer la vie du parti, les orientations du parti... (…) On a constaté que le président de la République passait à l'acte II de son quinquennat, qu'il avait reconnu certaines erreurs et qu'il infléchissait. Ce qui permettait que l'on puisse nouer le dialogue avec la République En Marche beaucoup plus facilement. On commence à arriver sur des sujets que l'UDI défend depuis longtemps.»

«Sur certains points qui vont arriver, (…) [Emmanuel Macron] a donné des signes encourageants. L'important, c'est de faire avancer la France et la loi. La retraite par points par exemple, c'était une proposition de l'UDI depuis plusieurs années».

«L'écologie, c'est dans les gènes de l'UDI et des centristes»


L'ancien président des Républicains, Laurent Wauquiez, a été critiqué pour avoir tourné le dos à l'UDI...

«Il a été fait ce constat, surtout par Hervé Marseille [NDLR : sénateur des Hauts-de-Seine] qui a dit 'Laurent Wauquiez a rompu les liens avec l'UDI plus que l'UDI a rompu les liens'. Plus la tendance droitière qui a fait que la rupture s'est faite. Maintenant Laurent Wauquiez est parti alors on ne sait pas quel est la ligne des Républicains. On est dans l'expectative. D'un autre côté, on a des sympathies locales qui font qu'on est entre deux. (…) Les ponts ne sont pas coupés.»

... et on a beaucoup parlé d'un combat contre l'extrême-droite...

«C'est plus qu'une ligne rouge. C'est une ligne absolue. (…) S'il y a un risque d'élection du Rassemblement National, on fera tout pour que cela ne se passe pas.»

A-t-on parlé du changement climatique ?

«Tout le monde essaie de se revendiquer de l'écologie. Le premier gouvernement où il y a eu un ministre de l'écologie, c'est sous Giscard d'Estaing [NDLR : le Dijonnais Robert Poujade fut ministre délégué à la Protection de la nature et à l'Environnement de 1971 à 1974]. Le centre-droit est fondamentalement écologique. L'écologie, c'est dans les gènes de l'UDI et des centristes.»

«L'objectif n'est pas de faire un écologie punitive. Il faut que l'on éduque les gens à l'écologie. Le tri, ce doit être naturel. L'économie d'eau. La gestion de ses déplacements, ce doit être naturel. La preuve, je suis descendu en covoiturage [au Barcarès].»

Jean-Christophe Lagarde refuse l'idée que les élus de l'UDI puissent être des «vassaux» mais souhaite qu'ils soient des «partenaires», quelle différence faites-vous ?

«Jusqu'à présent, on nous considérait comme supplétifs. (…) Nous sommes pour des coalitions. Si on nous considère comme des partenaires avec qui on discute, avec qui on se met d'accord, ça se passera bien. Si on nous considère comme acquis et que l'on veut nous imposer des choses, ça ne se passera pas bien.»

«Mon objectif, c'est de gagner»


Conseiller municipal d'opposition élu sur la liste menée par Alain Houpert, vous êtes aujourd'hui dans le groupe Construire Dijon Autrement. Vous avez rompu avec votre liste d'élection ?

«La liste s'est divisée bien avant que je ne m'en aille. À un moment, on s'est retrouvé avec trois groupes dirigés par des Républicains et c'est à ce moment-là que j'ai pris du recul. J'avais laissé six mois pour trouver un accord. (...) La rupture, cela ne vient pas de nous. La rupture s'est faite entre Républicains.»

Construire Dijon Autrement... Autrement que quoi ?

«Autrement, cela voulait dire d'une autre façon que la vision des socialistes et de François Rebsamen [NDLR : actuel maire PS de Dijon]. Sur la façon dé bétonner les quartiers... Je ne suis pas contre la construction mais aujourd'hui, il y a tellement de friches industrielles, de friches d'hôpital, il y a tellement d'endroits où l'on peut construire, construisons déjà là. Un peu moins dense ou avec un peu plus de verdure.»

«D'autre part, ce PLU qui permet de construire en limite de propriété, même s'ils disent 'c'est l'ancien', c'est quand même le leur, c'est en 2010 qu'ils l'ont voté. C'est leur PLU qu'ils sont en train de changer pour faire un PLUi. (...)  Que la ville se reconstruise sur elle : pas contre ! Mais à un moment, il y a un rythme acceptable par les riverains et un rythme qui n'est pas acceptable par les riverains. (…) Partout où un immeuble se construit comme ça au milieu de maisons, on voit bien qu'il y a de la contestation, du mécontentement et que le terme de 'bétonnage' prend.»

Vous avez été désigné «chef de file UDI pour les élections municipales à Dijon», qu'est-ce qu'un «chef de file» ?

«Chef de file, vous êtes considéré comme le leader de votre parti sur le territoire qui est désigné, Dijon. Je fais ma démarche en parfaite cohésion avec le président départemental de l'UDI qui est Pascal Grappin (lire son communiqué de soutien). Être chef de file ne m'empêche pas d'être candidat – la preuve j'ai déjà déclaré ma candidature – mais en ouvrant la possibilité de l'union et en ne mettant pas comme condition absolue que ce soit forcément derrière moi. (…) Ça fait un an que je dis, si on veut changer de majorité, qu'il est nécessaire de faire l'union la plus large possible en dehors du Rassemblement National. Ça commence à être entendu.»

Vous ne serez pas nécessairement la personne qui sera tête de liste ?

«Je me suis positionné pour être candidat, d'être tête de liste, mais, pour l'instant, je ne l'impose pas. Il faut que les choses se fassent. L'important, c'est la victoire. Mon objectif, c'est de gagner. Il y a une meilleure combinaison : je l'étudierai très tranquillement avec l'UDI.»

«La preuve : la République En Marche avait des candidats, aujourd'hui, ils n'ont plus de candidat, ils ont désigné un chef de file qui a dit 'je ne suis pas candidat' pour pouvoir discuter dans de bonnes conditions. Aujourd'hui, on n'a pas la même chose avec les Républicains.»

Cela veut-il dire que vous avez des discussions avec LREM ?

«On a des discussions avec la République En Marche, avec les Républicains. Mais la République En Marche ayant accepté que le leader ne sera pas forcément la République En Marche, la négociation est plus ouverte. (…) Je ne désespère pas que les Républicains finissent par entendre ça et qu'ils viennent à la table des négociations, la porte leur est ouverte.»

Avez-vous le soutien de François Sauvadet ?

«François Sauvadet n'est pas le président de l'UDI. Il est le président du Département, il mène sa politique. Ce qui est important, c'est la fédération complète. J'ai le soutien maintenant de l'UDI nationale.»

«La ville, proche de ses habitants, de la petite enfance au grand âge»


Sur quelles thématiques de campagne travaillez-vous ?

«La proximité. On veut une ville qui soit dédiée à ses habitants : services publics, aide à la personne, vieillissement de la population. On n'est pas dans l'effet d'annonce. Bien sûr qu'on veut que Dijon rayonne (…) mais le vrai objectif pour nous, c'est que la ville soit tournée vers ses habitants et que les habitants soient bien dans leur ville. (…) La ville, proche de ses habitants, de la petite enfance au grand âge. Ça doit être simple, ça doit être facile et c'est plus la ville qui est au service des gens que les gens au service de la ville.»

«Autre thème, la rigueur budgétaire. Il faut prendre ça simplement. Aujourd'hui, les impôts sont suffisamment élevés. On voit bien les résultats du compte administratif. On voit bien les possibilités qu'a la Ville malgré les réductions ou stagnations des dotations de l’État. Je pense qu'il faut caler l'impôt par rapport aux besoins. (…) Mon objectif, je l'ai matérialisé par une signature d'une lettre adressée au maire par 400 familles de la Fontaine-d'Ouche : c'est une baisse des impôts, généralisée, progressive.»

«On ne veut pas de décroissance de la population mais on ne fait pas de la croissance de la population un objectif primordial. (…) C'est l'emploi qui doit faire venir les gens. C'est pas le bétonnage. Tous nos projets, c'est des investissements des collectivités mais, derrière, il y a un retour sur investissement. Il y a toujours un volet économique dans nos projets.»

«La gestion de l'eau est un angle important. J'avais demandé au maire de ne pas faire une SEMOP (lire le communiqué concernant la gestion de l'eau) et de laisser à la future majorité le choix de renégocier le contrat de l'eau. On voit des exemples de villes qui ont renégocié les contrats de l'eau où on a baissé de plus d'un euro entre le prix de l'eau et l'assainissement. Je n'ai pas de dogmatisme par rapport à ça.»

Quel sera l'agenda de votre campagne ?

«La campagne a démarré officiellement au 1er septembre. Je ne suis pas sûr que les Dijonnais soient déjà dans la campagne. (…) Nous sommes dans les discussions : essayons de trouver les meilleures solutions pour répondre à l'attente des Dijonnais. On ne peut pas oublier que ce n'est plus la gauche, la droite et l'extrême-droite. Il y a un parti qui s'appelle la République En Marche qui est là et qui a pris sur la gauche, sur le centre et sur la droite, et qui n'a pas pris sur le Rassemblement National. Il faut en tenir compte.»

«Si on fait des alliances, si on fait des unions, si on fait un rassemblement, d'autres vont arriver avec des idées. Il faudra faire des arbitrages en fonction de ce qu'il sera possible de faire sur un mandat ou alors de projeter sur deux mandats.»

«À partir de là, donner un nom à la campagne, donner une thématique. Je n'imagine pas une campagne pour taper sur François Rebsamen. (…) J'estime qu'il faut être dans la proposition. J'imagine une campagne positive. Vers décembre-janvier, la vraie campagne va démarrer. Il faudra convaincre les Dijonnais.»

Propos recueillis par Jean-Christophe Tardivon


Franck Ayache, chef de file de l'UDI pour les élections municipales à Dijon


Pascal Grappin, président de la fédération départementale de l'UDI pour la Côte-d'Or (image d'archives)


Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, en déplacement à Dijon le 29 avril 2019 (image d'archives)