jeudi 17 octobre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
Découvrez notre carte Google pour retrouver les six oeuvres.
Questions à...
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
> Dijon > Dijon

MUNICIPALES : Les Verts se confronteront à la majorité sortante à Dijon

09/10/2019 03:15Imprimer l’article
Réunis en assemblée générale ce mardi soir, les adhérents du groupe local EELV Dijon métropole ont défini leur orientation stratégique pour les prochaines élections municipales de mars 2020.
Europe Écologie Les Verts tenait une assemblée générale ce mardi 8 octobre 2019. À l'approche des élections municipales, les écologistes dijonnais avaient deux alternatives. Intégrer d'éventuelles places proposées par la majorité sortante, c'est-à-dire opter pour la continuité. Choisir l'autonomie, c'est-à-dire entrer dans un rapport de forces avec la future liste issue de la majorité sortante. Selon nos informations, les discussions avec le Parti Socialiste auraient rapidement tourné court.

Interrogés sur l'orientation stratégique ce mardi soir, les adhérents ont choisi à l'unanimité d'aborder les élections municipales en autonomie à Dijon. Par un communiqué, Europe Écologie Les Verts Côte-d'Or a apporté l'argumentaire suivant : «considérant l’urgence environnementale et la nécessité d’accélérer les politiques publiques pour l’adaptation du territoire au changement climatique, considérant les attentes qui s’expriment de façon forte depuis plusieurs mois, considérant les initiatives citoyennes, entrepreneuriales et associatives en ce sens, considérant la responsabilité du mouvement écologiste d’offrir un projet municipal et métropolitain pour le climat, les solidarités et le renouveau démocratique», le groupe local de Dijon métropole «a décidé à l’unanimité de constituer une liste écologiste,citoyenne et solidaire à Dijon pour les élections municipales de mars 2020, et invite l’ensemble des citoyens et citoyennes à rejoindre la dynamique».



Une stratégie nationale pour conquérir des municipalités


Les sections locales étaient incitées à construire des listes autonomes par le secrétaire national David Cormand. Dans son discours d'ouverture des Journées d'été d'EELV, le 22 août 2019 à Toulouse (Haute-Garonne), David Cormand avait appelé à ce «que, partout dans le pays, dans les villes et les campagnes, des listes vertes portent nos propositions pour agir localement pour l’écologie». Devançant les questions, il  avait ajouté : «et qu’on ne nous demande pas uniquement de savoir pour qui nous nous désisterons au second tour».

Catherine Hervieu, présidente de groupe EELV au conseil municipal de Dijon et présidente de la Fédération nationale des Élus Verts et Écologistes, l'a indiqué encore plus clairement à Infos-Dijon : «trop longtemps l'écologie a été prise comme supplétive du Parti Socialiste». «La bipolarisation, c'est clairement fini». «Il y a des fins de cycles, il y a des accélérations. On prend nos responsabilités». Même si, précisa-t-elle, «on ne gouvernera pas tout seuls. On est bien conscients de cela».

Le résultat des européennes, les marches pour le climat, les manifestations des lycéens... les écologistes envisagent de répondre politiquement à une aspiration de la société qui correspondrait donc à une accélération. «On voit bien les mutations dans la prise de conscience. La questions de l'urgence telle que cela avait été posé notamment par Nicolas Hulot» a rappelé Catherine Hervieu.

Retour sur les récents scrutins à Dijon


C'est un tournant pour la section locale du parti écologiste. En 2014, une liste d'union de la gauche emmenée par François Rebsamen avait conduit à l'élection de six élus d'Europe Écologie Les Verts (la coopérative EELV fut instaurée en 2010 à l'initiative de Daniel Cohn-Bendit qui par la suite, en 2017, a soutenu Emmanuel Macron).

Aux élections européennes de juin 2019, le résultat dijonnais fut légèrement supérieur aux suffrages nationaux avec 16,72% à Dijon contre 13,48% dans toute la France. La liste EELV emmenée par Yannick Jadot étant même arrivée en tête dans quatre bureaux de vote (dans les quartiers Victor-Hugo, Chevreul et Bourroches).

En ce qui concerne les élections régionales de 2015 où EELV avait aussi choisi de s'élancer en autonomie, la liste menée par la bisontine Cécile Prudhomme avait reçu 3,99% des suffrages. Actuellement, il n'y a donc aucun élu du parti historique de l'écologie politique dans l'assemblée régionale (contrairement à la situation de la mandature précédente du fait d'une alliance alors avec le PS de François Patriat). Toujours lors de cette élection de 2015, le résultat dijonnais avait été, encore une fois, un peu plus favorable aux Verts que le résultat régional avec 5,17% des voix.

Confrontation locale avec le PS


Avec ce choix de l'autonomie aux municipales, les Verts aboutiront-ils à un meilleur rapport de forces avec la future liste issue de la majorité sortante à dominante PS ? Envisageraient-ils même de dépasser les socialistes comme en juin dernier ? En effet, si, aux européennes de 2019, on additionne la liste soutenue par le PS et celle menée par Benoît Hamon, ancien candidat PS à la présidentielle de 2017, on totalise 11,27% des suffrages liés au giron socialiste.

Comparaison n'étant pas raison, l'exercice trouve rapidement sa limite puisque les figures locales – et leur notoriété – comptent plus que les étiquettes nationales – et leur programme idéologique – dans une élection municipale. À noter qu'une liste doit obtenir plus de 10% des voix pour se maintenir au second tour et plus de 5% pour pouvoir fusionner des candidats avec une autre liste (à plus de 10%). Pour l'heure, la décision de cette orientation stratégique risque de générer quelques crispations dans la majorité municipale d'ici la fin de la mandature.

Jean-Christophe Tardivon


Catherine Hervieu, présidente du groupe des élus EELV au conseil municipal de Dijon (image d'archives)