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Nathalie Koenders : «C'est à nous d'adapter nos outils de démocratie participative pour correspondre aux attentes des citoyens»

23/10/2018 07:48Imprimer l’article
La première adjointe au maire de Dijon vient de terminer un tour de la ville de six «rencontres citoyennes» au cours desquelles elle a fait la promotion de la plateforme participative, un nouvel outil mis à la disposition de tous ceux qui veulent s'impliquer ponctuellement dans la vie de la cité. Explications.
Pour amplifier la démocratie citoyenne et l’ouvrir à tous, la ville de Dijon s’est dotée d’une plateforme participative en ligne, «jeparticipe.dijon.fr» qui a été ouverte au public le 2 juin dernier. En ce mois d'octobre, la première adjointe de François Rebsamen, Nathalie Koenders, a participé à six «rencontres citoyennes», dans les différents quartiers de la ville, pour promouvoir cette démarche et inciter les habitants à s'impliquer dans la vie publique grâce à cet outil nouveau, plus moderne, plus souple et adaptable aux disponibilités et volontés de chacun.

Infos-Dijon : En quoi ont consisté les six rencontres citoyennes qui ont eu lieu en ce mois d'octobre ?


Nathalie Koenders : Elles avaient deux rôles : présenter la plateforme participative et faire une permanence de quartier à ciel ouvert. On est tout le temps sur le terrain et on rencontre les citoyens chaque jour, mais là, on était identifiés, avec un stand. On faisait découvrir la plateforme, on demandait aux gens s'ils sont intéressés pour être contactés, et on recevait aussi les doléances. C'est pour ça que le mandat d'élu local est le plus beau : on est dans le monde réel. Plus de 500 Dijonnais ont été rencontrés. L'objectif était aussi d'aller à la rencontre de ceux qu'on n'entend pas.

Pourquoi avoir lancé cette plateforme participative ?


On s'aperçoit que beaucoup de gens ont envie de participer à la vie de la cité, de co-construire, mais que le format des commissions de quartier ne correspond pas forcément aux attentes et aux possibilités de chacun. Pour être membre d'une commission de quartier, il faut en effet avoir du temps à consacrer sur des temps donnés, des lieux précis, etc. L'objectif est donc de créer un outil supplémentaire de démocratie participative pour répondre à la demande de ces gens, et qu'ils puissent l'utiliser à n'importe quel moment de la journée et de la nuit, de façon plus souple.
Nous l'avons lancée au mois de juin sous la forme d'un Facebook live avec des acteurs de la démocratie locale, des responsables d'associations, etc. Et là, nous en avons poursuivi la promotion avec une grande campagne d'affichage dans toute la ville et des rencontres citoyennes. Si les gens que je rencontrais étaient intéressés, ils pouvaient laisser leurs coordonnées pour être contactés.

C'est une façon de faire face à un recul de l'engagement de la population ?


Je ne pense pas que les gens s'engagent moins, mais ils s'engagent différemment. Les rythmes ont changé, donc c'est à nous d'adapter nos outils pour correspondre aux attentes des citoyens. Ça germait depuis longtemps. Les gens se disent parfois que les commissions de quartiers, c'est un investissement sur trois ans trop lourd.

Quel impact auront les participants sur la vie publique, sur les projets ?


Ils pourront participer à des groupes de travail, et ainsi participer à des réflexions à des temps donnés. Il y en a eu une en cours sur les équipements sportifs : des gens ont répondu sur la plateforme, et ensuite, on les a contactés pour travailler sur cette thématique. Ce n'est pas une démarche plus ou moins influente qu'être élu dans une commission de quartier, c'est juste une approche différente et complémentaire.
On peut toucher des gens qui veulent s'investir sur une thématique précise, comme l'écologie urbaine ou le sport par exemple, si ça les intéresse de répondre à un questionnaire, puis de participer à un groupe de travail.

Comment cela pourrait-il se passer ?


Par exemple, des gens pensent qu'il faut travailler sur des ilots de fraicheur en ville. On peut les faire intervenir devant des commissions de quartier pour présenter leurs projets ou idées et engager un travail de co-construction avec les commissions de quartier sur ce sujet précis.
La plateforme, les commissions de quartier, le conseil municipal d'enfants, etc… ce sont des outils. Aux citoyens de s'en emparer. Les gens qui demandent plus d'arbres en ville ne sont pas passés par cette plateforme mais ils auraient pu : on va les rencontrer pour évaluer les contraintes que sont le secteur sauvegardé, les réseaux, etc. et créer un groupe de travail pour monter un projet et l'évaluer avec la commission de quartier centre-ville. C'est le volet pédagogique de la démarche, et on verra si les habitants sont d'accords pour engager des réalisations.

Quelles réalisations Dijon doit-elle à la démocratie participative depuis 2001 ?


Tous ce qui a été fait avec les budgets participatifs : les jardins partagés, les bacs de compost, les fresques, les boites à livres, etc. Pour moi, le plus chouette est vraiment que ça a été créateur de lien social. On voit que ça a même fait émerger des associations… L'intelligence collective est mise au service de l'intérêt général et de la ville. Ce sont des grands mots mais c'est une réalité. C'est aussi ça l'esprit des commissions de quartier : le vivre ensemble, mais aussi le faire ensemble.
C'est aussi parfois des petites idées ajoutées à d'autres : je pense au mur de la banque de France, rue des Godrans : le remplacer était une proposition des membres de la commission de quartier centre-ville qui convergeait avec une réflexion municipale. Au bout d'un moment, on est allé voir la banque de France et ça a été possible de le remplacer par une grille. Ça ne le serait d'ailleurs plus aujourd'hui.

On s'aperçoit en effet que ces réalisations des commissions de quartier sont souvent au service du vivre ensemble, et visent toujours, au moins en second lieu, à réunir les gens autour d'une activité. C'est une approche différente de celle des élus ?


C'est une approche complémentaire. Les boites à livre ou les tables de jeu favorisent l'échange, le partage, etc. Mais on voit aussi que les bacs à compost deviennent des lieux de vie : des habitants ont lancé des «apéro compost» pour se retrouver régulièrement au lieu de les utiliser chacun de leur coté.
On a eu les boites à livres et les tables de jeu. Là, on voit des instruments de bien être, de sport, comme les appareils de musculation douce carrière bacquin.
Sur les bulles à verre, on voit que c'est un sujet qui ne s'y prête pas car il faut faire face à des contraintes trop techniques. En revanche, on a fait une proposition aux commissions, et elles peuvent éventuellement modifier le schéma en respectant le cahier des charges.
Les commissions de quartier font le lien : il y a le temps des habitants, qui est un temps immédiat, et le temps des projets, plus long. Le travail des commissions de quartier montre aux habitants que parfois ça prend du temps, mais que ce temps permet de bien le faire.
Recueilli par Nicolas Richoffer

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