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NUITS D'ORIENT : Le lancement des vingt ans

23/11/2019 03:19Imprimer l’article
Top départ ce vendredi pour la vingtième édition du festival Nuit d'Orient jusqu'au 8 décembre. Une déambulation entre la salle des États pour les discours, la visite de l'exposition temporaire du musée des Beaux-arts sur «le Grand Tour» et la découverte de l'exposition Bartholdi au musée Magnin ont animé la soirée.
Belle soirée au palais des ducs de Bourgogne pour fêter les 20 ans du festival des Nuits d'Orient. La salle des États était juste assez grande pour accueillir les 300 personnes qui se pressaient afin de participer à l'événement de ce vendredi 22 novembre 2019 (retrouver notre présentation du festival).

Pour marquer la vingtième édition, une exposition temporaire est présentée dans une des salles rénovées du Musée des Beaux-arts de Dijon. Pas de déambulation dans le musée comme lors des éditions précédentes mais des discours salle des États et une visite de l'exposition «Le grand tour, voyage(s) d'artistes en Orient» conçue à partir des collections orientalistes du musée, à découvrir jusqu'au 9 mars 2020. La soirée s'est ensuite prolongée au musée Magnin pour l'exposition sur Auguste Bartholdi (lire notre article).



«Des passerelles entre l'orient et l'occident»


«Le festival s'impose comme un des temps fort de la vie culturelle dijonnaise» a lancé le maire PS de Dijon François Rebsamen pour ouvrir les discours inauguraux avec, à ses côtés, l'adjointe à la culture Christine Martin. Un festival qui pose des «passerelles entre l'orient et l'occident» selon le premier édile pour qui le dialogue interculturel est «un bien précieux». Le maire a évoqué la «vision fantasmée de l'orient» du XIXème siècle, une vision alimentée par les récits de voyage d'écrivains ou d'hommes politiques.

François Rebsamen glissé un mot sur l'importance du mécénat dans un contexte de «contrainte budgétaire». Il a remercié, le cabinet Cléon Martin Broichots associés «engagé depuis de nombreuses années aux côtés du Musée des Beaux-arts», la société des Amis du musée impliquée «dans la restauration d’œuvres» ou encore Suez dont l'apport de 800.000 euros «a été très important dans l’œuvre de rénovation». Les legs et dons ont aussi une grande importance pour constituer la collection du Musée.

Le maire socialiste a rappelé que les musées «ne sont plus des lieux fermés» destinés à une élite. Il voit la culture comme «une bataille pour convaincre, pour émanciper» et découvrir «les valeurs humanistes». La culture et l'histoire de l'art qui sont accessibles gratuitement dans ce Musée des Beaux-arts de Dijon. Un musée dont la fréquentation vient d'atteindre ce vendredi 250.000 visiteurs depuis sa réouverture le 17 mai dernier (lire notre article).

«Un séjour Erasmus avant l'heure»


Pour sa part David Liot, directeur des musées et du patrimoine, a salué Marie-Jo Moron, directrice de l'action culturelle, initiatrice du festival des Nuits d'Orient avec Gilles Ménis, alors directeur de la MJC des Grésilles, en l'an 2000. Dans ce grand tour oriental, David Liot a dit voir «un séjour Erasmus avant l'heure» pour de jeunes gens aisés et lettrés qui découvraient «le monde, la vie, le plaisir», de jeunes gens qui cherchaient à se libérer «de tous les carcans moraux». L'exposition se place sur le terrain «de l'ouverture au monde», un monde alors vu «dans une apparence heureuse» alors que David Liot évoqua «les dérives colonialistes» de l'époque de ces jeunes gens.

Dialogue entre le musée Magnin et le musée des Beaux-arts


Sophie Harent, directrice du musée Magnin, s'est réjouie que l'exposition Bartholdi puisse «dialoguer avec celle du Musée des Beaux-arts». Elle a invité le public à découvrir une exposition intimiste d'un Auguste Bartholdi âgé de 21 ans quand il part à la découverte de l’Égypte et du Yémen avec le peintre Jean-Léon Gérôme. Photographe talentueux, Auguste Bartholdi réalise des clichés précoces du Yémen, parmi les premiers de ce pays. Sophie Harent a conclu les discours inauguraux en saluant l'équipe du musée Magnin (retrouver notre interview présentant le musée).

L'Orient, entre rêve et réalité


Les deux commissaires de l'exposition, la conservatrice Naïs Lefrançois et la responsable du cabinet d'arts graphiques Myriam Fèvre, ont présenté ce «Grand tour» à la délégation officielle. L'exposition propose de découvrir les minarets et les moucharabiehs de l'Orient urbain, la nouvelle dimension du paysage, les témoignages historiques des artistes, l'exotisme attendu et mis en scène, le primitivisme d'un nouveau bestiaire, le rêve de l'Orientale et l'essor de l'ethnographie.

La visite s'est terminée sur des photographies grand format de l'artiste contemporain Jean-Luc Moulène prêtées par le musée Nicéphore Niepce et la galerie Chantal Crousel, un «artiste important, sensible aux questions sociétales» selon David Liot, exposé au centre Georges Pompidou en 2016.

Jean-Christophe Tardivon

Plus d'informations sur l'exposition Le Grand Tour