jeudi 17 octobre 2019
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SEMAINE BLEUE : Fête des centenaires à Saint-Philibert

08/10/2019 19:56Imprimer l’article
La Semaine bleue se déroule du 7 au 13 octobre. Ce mardi, la vice-présidente du Département Emmanuelle Coint s'est rendue à la maison de retraite Saint-Philibert à Dijon pour participer à la fête en l'honneur des centenaires de la résidence.
Dans le cadre de la Semaine bleue, la maison de retraite Saint-Philibert a organisé la Fête des centenaires ce mardi 8 octobre 2019 à Dijon. Un moment joyeux et émouvant où quelques résidents se sont retrouvés autour de trois personnes approchant ou ayant dépassé ce bel âge. Fleurs et cadeaux, rires et chansons, gourmandises et crémant de Bourgogne étaient au programme.

«Vieillissement de la population n'est pas synonyme de dépendance»


La Semaine bleue est un événement national destinés aux retraités et aux personnes âgées, le Département en est partenaire. Emmanuelle Coint (vice-présidente du conseil départemental de la Côte-d'Or en charge des Actions sociales et intergénérationnelles) a invité à réfléchir collectivement à la manière de prendre en charge la perte d'autonomie. «Le métier est en train de changer en EHPAD, on a des personnes qui rentrent de plus en plus tard, dans des situations de perte d'autonomie de plus en plus sévères» sans oublier «les personnes en situation de handicap vieillissantes». Soient deux projets d'établissements différents amenés à coexister sur un même site, avec des compétences différentes à mettre en œuvre pour les soignants.



Dans ce contexte d'augmentation des besoins, la vice-présidente a déploré «les budgets plafonnés et notifiés par le préfet». La dépendance relève du budget de fonctionnement du Département alors que la hausse annuelle de ce même budget est limitée à 1,2% par l’État. Emmanuelle Coint a noté que les dépenses sociales – prestations obligatoires du fait des compétences des Départements – augmentaient de 3% par an. Premier budget du Département, la politique des aînés représente 74 millions d'euros : 23 millions d'euros pour l'Allocation Personnalisée d'Autonomie en établissement, 21 millions d'euros pour l'APA à domicile et 30 millions d'euros d'aide sociale (retrouver notre dossier sur les EHPAD avec le décryptage d'Emmanuelle Coint).

L'autre problématique qu'a soulevé Emmanuelle Coint est l'attractivité du métier : «parfois les postes sont ouverts et on ne trouve personne à mettre en face» ce qui contribue d'autant à alourdir la charge de travail du personnel en place. Même s'il est compliqué de généraliser, «il semblerait qu'il y ait plus de turn-over sur des bassins d'emploi un peu diversifiés» – comme dans les  grandes villes – tandis qu'«en milieu rural, le personnel est assez stable mais faire venir de nouveaux professionnels, parfois cela peut être compliqué».

Prenant l'exemple d'une participante à la Fête des centenaires étant autonome à 102 ans, Emmanuelle Coint a interpelé sur le fait que le «vieillissement de la population n'est pas synonyme de dépendance». Deux tiers des centenaires vivraient encore à leur domicile. Le Département travaille sur «la prévention du bien vieillir» avec des informations en amont et des recommandations pour adapter l'habitat avant un accident ou bien favoriser le «sport santé» par exemple. Ce qui oblige à être inventif et à expérimenter avec les partenaires.

«Nous sommes dans une dynamique de lieu de vie»


Annie Achard est directrice de la maison de retraite médicalisée COS-Saint-Philibert. Il s'agit d'un EHPAD associatif sans but lucratif. La maison de retraite a ouvert en 1949, elle a longtemps été gérée par les Sœurs bénédictines adoratrices. Depuis 2011, la structure est gérée par la Fondation COS Alexandre Glasberg, du nom d'un abbé qui «fut un Résistant de la première heure et [qui] s’est engagé toute sa vie auprès des exclus» selon la fondation. C'est la même fondation qui gère Divio.

Il y a 98 résidents en chambres individuelles dont 3 centenaires auxquels s'ajoute une visiteuse qui vient de l'extérieur prendre des repas. Les chambres sont reparties sur quatre étages et chaque niveau regroupe des résidents aux besoins d'accompagnement similaires. En termes de codage, les résidents relèvent du GIR 5 au GIR 2. Le GMP, ou moyenne des GIR, est de 719. La structure est habilitée à l'aide sociale du Département, qui fixe donc le tarif d'hébergement. «Il faut compter 2.200 euros par mois» selon la directrice. La durée moyenne de séjour a été longtemps de six ans. Elle se situe plus près de quatre ans à présent.

La directrice favorise les échanges intergénérationnels en accueillant des lycées des Arcades pour des animations ou en faisant intervenir quatre jeunes en service civique : «il y a beaucoup de vie dans la maison grâce à eux, les EHPAD peuvent être de vrais lieux de vie». Selon la directrice, ce bénévolat pour la vie sociale compense d'une certaine façon un manque de dotations venant du Département et de l'ARS pour recruter plus de soignants. Les résident viennent principalement de Dijon ou de la Côte-d'Or.

«On essaie de faire en sorte, le plus possible, que chaque personne se projette. Nous sommes dans une dynamique de lieu de vie. Les résidents sont bien considérés comme des adultes qui prennent leur part à une vie communautaire». La directrice a confié à Infos-Dijon que L'établissement se réfère à l'approche Montessori, «une approche qui consiste à s'intéresser beaucoup plus aux capacités préservées qu'aux choses qui ont disparu». Il y a même des résidents élus au conseil de la vie sociale accompagnés par des jeunes en service civique pour tenir des permanences, comme des élus de quartier !

La maison de retraite a connu un résident de 108 ans et, hasard de la vie, il côtoyait un résident qui avait, lui, 54 ans. Néanmoins, Annie Achard note qu'il y a de plus en plus de résidents relativement jeunes qui sont admis parce que touchés par la maladie d'Alzheimer, certains ne sont même pas encore retraités. C'est ce qui a amené l'ouverture récente d'un Pôle d'Activités et de Soins Adaptés pour entretenir les capacités restantes de communication.

Jean-Christophe Tardivon