lundi 10 décembre 2018
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Le préfet de Côte-d'Or et de Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz, a réagi ce samedi pour Infos-Dijon.
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VIOLENCES DU 1ER DECEMBRE A DIJON : «J’invite tous les manifestants à se désolidariser clairement des fauteurs de troubles», insiste le Préfet Bernard Schmeltz

03/12/2018 19:28Imprimer l’article
Le Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et de la Côté-d’Or, dans un communiqué ce lundi, dénonce la manipulation des casseurs touchant même les lycéens aujourd'hui, réfute les accusations de violences policières et met en garde les gilets jaunes contre les fauteurs de troubles.
Communiqué de la préfecture :

«La colère des gilets jaunes, qui manifestent contre le coût de la vie, n'a rien à voir avec la haine aveugle de casseurs professionnels dont l'objectif est de mettre à sac les institutions et, comme on l'a vu à Paris ce samedi, les commerces. Je reste à l'écoute des gilets jaunes qui souhaiteraient dialoguer et je les invite à prendre contact avec mes services pour déclarer leurs manifestations et ainsi garantir leur sécurité.

Tel n'a malheureusement pas été le cas ces derniers jours.

Les événements de samedi dernier à Dijon ont fait l'objet de commentaires nombreux. L'installation d'une situation de guérilla urbaine à proximité de la préfecture, avec des voitures incendiées, un véhicule retourné sur la chaussée, le caillassage des forces de l'ordre, deux barricades enflammées, côté République et côté Notre-Dame, dont l'incendie a manqué de peu de se propager à des maisons avoisinantes - tout cela a marqué les esprits. Tout comme la tentative de mettre le feu au Palais des États de Bourgogne, côté square des ducs, à proximité du bureau du maire de Dijon. Manifestement, ces images de désolation n'auront pas suffi à produire un sursaut de responsabilité, puisqu'aujourd'hui encore, ce sont des lycéens manipulés par des casseurs que l'on a vu aller à la confrontation avec les forces de l'ordre, semant le désordre dans les lycées.

Parmi les commentaires que l'on entend depuis samedi, certains font état de violences policières, qui auraient pris par surprise des manifestants pacifiques qui auraient reçu sans raison des gaz lacrymogènes. Je ne peux souscrire à cette présentation des faits, qui est très éloignée de la situation vécue par les forces de l'ordre, auxquels je souhaite apporter un soutien appuyé et toutes mes félicitations pour la retenue dont ils ont su faire preuve face à des provocations et des jets de projectiles dont certains auraient pu occasionner dans leurs rang des blessures graves, voire mortelles.

Ces félicitations s'adressent aussi à tous les policiers, gendarmes et pompiers qui sont intervenus dans le département.
La manifestation du 1er décembre à Dijon n'a pas commencé comme une marche pacifique.

Plusieurs centaines de personnes avaient décidé d'y prendre part, en dépit de l'absence de déclaration préalable, ce qui ne nous a pas permis d'organiser dans des conditions normales la sécurité des manifestants. Les forces de l'ordre ont tenté de négocier un ou deux itinéraires alternatifs à partir de la place de la République. D'entrée de jeu, des agitateurs ont fait le choix de la confrontation, en poussant pour emmener le cortège en direction de la préfecture, qui devait être protégée. Les images qui ont tourné en boucle plus tard du Puy-en-Velay, où la préfecture était en feu, sont à cet égard, malheureusement, éloquentes.

Confrontées à une opération de maintien de l'ordre compliquée, les forces de l'ordre auront strictement appliqué le cadre légal : usage de sommations en l'absence de danger imminent et réplique par l'usage de gaz lacrymogènes en cas de prise à partie violente des forces de l'ordre.

J'invite tous les manifestants à se désolidariser clairement des fauteurs de troubles, à ne pas rester à leur contact et à quitter la manifestation lorsque celle-ci prend un tour ne correspondant pas à leurs valeurs ou aux messages qu'ils entendent porter aux autorités ou à l'opinion publique. Il faut aussi être attentifs à l'attitude des soi-disant meneurs. Il n'est nul besoin, pour manifester dans le calme, de s'équiper de casques, cagoules, masques, projectiles ou matériel incendiaire.

J'en appelle à la responsabilité de tous.»

Déclaration de Bernard Schmeltz,
Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Préfet de la Côte d'Or
à propos des événements graves survenus à Dijon
 
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