lundi 15 octobre 2018
La soirée de présentation de la nouvelle JDA, résultat de la fusion entre la JDA (Basket masculin) et le CDB (Hand féminin), s'est déroulée ce mardi soir au Palais des Sports de Dijon.
Questions à...
Dans une longue interview à Infos-Dijon, l’élu de Côte-d’Or, patron des Sénateurs «En Marche» au Sénat, et proche d’Emmanuel Macron, dit sa foi dans les réformes.
Il parle aussi des élections européennes, d'Arnaud Danjean, d'agriculture, et des municipales à Dijon et en Bourgogne-Franche-Comté.
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DIJON METROPOLE : L'étude qui montre l'impact de l'économie collaborative sur le travail, la gestion des compétences et le management

01/06/2018 18:03Imprimer l’article
Le résultat de cette étude a été présenté ce jeudi par Créativ 21, Dijon Métropole Développement et France Cluster, qui ont commandité cette exploration inédite de l’économie collaborative sur Dijon Métropole et ses impacts sur le travail, les emplois et les compétences.
Comprendre le poids de l'économie collaborative dans la Métropole pas le prisme de ses impacts sur le champ du travail, de l’emploi et des compétences, c'est l'objet d'une étude réalisée sur toute l’année 2017 par Creativ', Dijon Métropole Développement et France Cluster avec l’aide du cabinet Amnyos. «Les découvertes ont été nombreuses et surtout les enseignements sur le travail au sein des initiatives collaboratives, leurs manières de développer les compétences et d’animer et gérer des collectifs ont été riches» se réjouit Océane Charret-Godard, présidente de Creativ', le cluster emploi-formation du bassin dijonnais.

L’expérimentation concrète de mutations en cours


Ce travail a été réalisée sur l’année 2017 par le cabinet Amnyos auprès des acteurs associatifs, entrepreneuriaux, des porteurs de projets collaboratifs et des écoles du territoire. Plus qu’une source d’attractivité et de lien social pour le territoire, les projets de l’économie collaborative dijonnaise sont l’expérimentation concrète de mutations en cours sur le travail, l’emploi, le management et les compétences.

«Sur le territoire de la Métropole, il y a beaucoup d'initiatives citoyennes, dans le domaine de la consommation responsable et de l'économie sociale et solidaire, et des événements comme les Journées de l'économie autrement, dont la troisième édition aura lieu en novembre» poursuit Océane Charret-Godard.
«Dans le monde entier nous assistons à des mutations, à d'autres façons de travailler et de coopérer. Cela impacte tout, jusqu'aux façons de recruter. Nous avions donc besoin d'avoir un diagnostique plus fin de ces éléments».

«Emettre des propositions pour mieux se structurer sur le territoire de la Métropole»


Creativ' a mis autour de la table Dijon Métropole Développement, la Région, la Direccte, France Cluster : «Nous avons souhaité, en commanditant cette étude sur un an, rencontrer les acteurs et mieux comprendre les différents impacts sur la formation, les ressources humaines, les compétences, l'emploi, etc… Et émettre des propositions pour mieux se structurer sur le territoire de la Métropole». Reste, pour l'élue métropolitaine et vice-présidente du Conseil Régional à voir «comment les acteurs de l'éco collaborative s'emparent de cette étude»…

Fabrice Rey, directeur de Creativ', poursuit : «Nous avions fait le constat au début avec Grand Dijon Développement, que l'on est à la croisée des chemins, mais c'est moins clair aujourd'hui. La loi a Hamon fait exploser le périmètre de l'Economie Sociale et Solidaire classique. Les pôles de compétitivité et les cluster se posent des questions qu'on retrouve dans l'ESS : et la conclusion, c'est que pour innover, il faut se mettre à plusieurs». Et d'ajouter que «les offres classiques de services aux entreprises deviennent obsolètes : si on attire les entreprises, ce n'est pas avec de l'immobilier mais avec un environnement global favorable à l'installation. C'est pourquoi il nous faut questionner l'ESS sur l'angle des Ressources Humaines».

«L'enjeu, c'est comment brasser ensemble des clients et des donneurs d'ordre»


Xavier Roy, président de l'association France Cluster qui œuvre depuis 20 ans, confirme : «L'idée c'est que le parcours de croissance de l'entreprise n'est pas de passer de TPE à PME et à grande entreprise. Aujourd'hui, l'enjeu, c'est comment brasser ensemble des clients et des donneurs d'ordre, innover sur des produits en mutualisant des ressources ou moyens de production. Cela rejoint la notion d'économie collaborative car c'est vraiment la coopération qui prévaut».
Et de noter que «l'étude fait aussi un focus très intéressant sur une notion : le management de métiers colaboratifs innovants, pour lesquels il n'y a pas de modèle économique évident. Elle préconise de développer la coopération public-privé, très importante. Ce n'est pas une aide publique mais un co-investissement».

Océane Charret Godard acquiesce et complète : «L'économie collaborative n'est pas une économie à part, subventionnée. L'idée est de montrer que la colaboration, y compris entre public et privé, regroupe des enjeux de développement économique».

«Les problématiques d'habitat, de mobilité, d'alimentation, etc. sont concernées»


Martine Huyon, du cabinet Amnyos, affirme ainsi que «s'il y a de nouvelles formes d'entreprises, c'est parce qu'il y a de nouvelles formes de financement. Cela se passe de manière plus horizontale. A Dijon, ce n'est pas une histoire d'algorithme ou de plateforme, mais d'état d'esprit et de personnes. Les problématiques d'habitat, de mobilité, d'alimentation, etc. sont concernées. Et se demander comment organiser la collaboration est indissociable de l'économie du net. L'ESS est soutenue par l'économie numérique qui permet à chacun d'entrer en relation avec n'importe qui sur le territoire et au delà. On se dit souvent que c'est un truc de bobo, de grandes métropoles, etc. Mais c'est faux. Depuis très longtemps, les initiatives ont existé : quand le Fablab Kelle Fabrique a été créé au début des années 2000, personne ne parlait de fablab. Aujourd'hui, tout le monde veut le sien, ce qui montre que la Métropole sait innover».
C'est ainsi que plus que jamais, le bassin dijonnais se veut «un territoire d'expérimentation et une terre d'excellence». Et il paraît que ce n'est que le début !
N.R.

Cliquez ici pour accéder à l'étude complète