jeudi 14 décembre 2017
Questions à...
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DIJON : Vitalfa, la société dijonnaise qui germe fort

06/03/2017 09:57Imprimer l’article
Fondée en 1986, l'entreprise spécialisée dans la production de graines germées et de jeunes pousses s'apprête à conquérir le marché très grand public.Paul Flamand partage aujourd'hui la direction de la société avec sa mère, Françoise. L'aventure familiale continue.
Françoise Flamand, en fondant l'entreprise familiale en 1986 n'imaginait sans doute pas qu'en 2017, ses produits seraient présents dans la grande distribution et que ses locaux passeraient de 500m2 à 1500m2 d'usine. Pourtant, depuis mars, ses graines germées et jeunes pousses sont disponibles dans les magasins Super U et Hyper U. Une belle victoire pour l'entreprise dijonnaise, et une belle aventure pour la famille Flamand puisque, depuis cet été, son fils, Paul, a rejoint l'entreprise même si Françoise reste bien présente.
Déjà distribués auprès des chefs et des professionnels via Métro ou encore Pomona, les produits Vitalfa étaient également dans les rayons de Monoprix. Mais, avec ce nouveau partenariat, l'entreprise dijonnaise risque bien de «germer» encore plus fort auprès du grand public, friand ce ces graines à l'apparence, mais aussi au goût plus que décalé et original.
D'autant que, depuis 1986, les préférences du public ont évolué, «en 1986, la manière de penser n'était pas comme maintenant». Et, avec 27 références et un nouveau produit par an, Vitalfa colle à l'air du temps, «aujourd'hui, on essaye de trouver des saveurs plus funs et plus rigolotes», confie Paul Flamand.
Du mélange dit «méli mélo» (azukis, haricot mungo, lentilles et pois chiche) au «chou chou» (chou kale, brocoli et du chou rave), les drôles de graines de Vitalfa creusent leur trou.

Secrets bien gardés


Quand on visite l'usine située à deux pas du magasin Ikea, face à l'ancien marché de gros, on est frappé par les odeurs et les saveur qui s'échappent et font voyager à travers la France et le monde. Même si Vitalfa mise aussi sur le local, puisque l'entreprise se fournie auprès du même exploitant qu'un célèbre mourtardier de Côte-d'Or, D'autres graines viennent de beaucoup plus loin comme la Birmanie, l'Argentine et le Danemark.
Quant aux processes, même si Vitalfa conserve certains de ses secrets de fabrication, ils sont au nombre de deux. En ce qui concerne les graines germées, l'idée est de stopper les pousses à hauteur de 5-6cm, «c'est le moment où la concentration libère des enzymes et des vitamines pour que les pousses deviennent des arbres», explique Paul Flamand.
Mais depuis quelques années, une autre méthode est en vogue, «on fait pousser en vertical, mais toujours hors-sol, on développe les graines pour qu'elles commencent à avoir des feuilles, puis la germination est stoppée cette fois à 10-14 jours. comme une petite salade. On appelle ça 'micro green'. Cela donne un produit assez exceptionnel, une conservation entre 8 et 14 jours pour un produit frais, c'est assez long», poursuit le dirigeant.

A l'assaut de la grande distribution


«Nous fonctionnions déjà avec Monoprix depuis 1990. L'idée était donc de développer ensuite dans la grande distribution, mais pas forcément dans les magasins bio, qui ne sont pas pour toutes les bourses» poursuit Paul Flamand. «Avec Système U, la porte était ouverte». Vitalfa a donc développé une gamme de 8 produits, spécialement pour ces supermarchés. Alors que le produit standard est une barquette de 80g, les barquettes ainsi distribuées seront de 50g, le grammage plus petit permettant de faire baisser le prix, entre 1,30 euros et 1,90 euros (sans la marge de Système U).

«Bilan très sain»


Voilà qui devrait encore plus «booster» la société, qui n'a qu'un seul concurrent sur le territoire français. 8 personnes sont employées dans l'usine à la production, et  2 personnes à l'administration. «Nous venons d'embaucher deux personnes et nous en cherchons une 3e avec le développement de notre activité», détaille Paul Flamand.
L'usine produit entre 800 kg et une tonne de graines par jour. Le chiffre d'affaires est de 1,3 millions d'euros «et nous présentons un bilan très sain», commente le dirigeant.
Françoise, la maman et fondatrice de Vitalfa est heureuse d ce début de transition avec son fils, Paul, «c'est bien d'être à deux, cela permet de réaliser des projets que je n'aurais sans doute pas fait seule. Ca permet de résoudre les problèmes et d'avancer autrement».
Et de voir l'avenir…en vert?

Bruno Lédion