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ECONOMIE : La Cassis de Dijon veut augmenter les volumes et le prix

18/03/2019 11:14Imprimer l’article
Le Syndicat des Fabricants du Cassis de Dijon dresse un bilan flatteur et se fixe des perspectives ambitieuses.
Le Syndicat des Fabricants du Cassis de Dijon a fait le bilan de son activité 2018 et présenté son plan d’actions 2019 ce 15 mars au cours d’une conférence de presse des représentants des quatre maisons qui le composent, mais également d’Olivier Lenoir, vice-président des Coteaux Bourguignons et de Sladana Zivkovic, adjointe au Maire de Dijon déléguée aux relations internationales.

À cette occasion, les différents acteurs du Syndicat sont revenus sur les actions menées l’an dernier et sur celles à venir, «au service du rayonnement et de la valorisation de la filière». Tout d’abord, François Battault, Président du Syndicat (Président de la Maison Gabriel Boudier), est revenu sur le rôle et la place du Syndicat en tant qu’acteur volontariste des atouts régionaux, au premier rang desquels la filière Cassis, mais aussi sur son attractivité économique et symbolique pour Dijon.

Une erreur et le Kir devint le cocktail officiel de la ville


Ce sont en effet des siècles d’histoire qui illustrent aujourd’hui l’action du Syndicat au service de ces enjeux. «Une date est aujourd’hui importante à souligner et rappelle pourquoi nous sommes présents ici, au bar Le Montchapet : 1904. C’est à ce moment et en ce lieu, qu’une serveuse a agrémenté, par erreur, un verre de cassis avec du vin blanc aligoté. Henri Barabant, maire de Dijon de 1904 à 1908, présent ce jour, le gouta, l’apprécia et ce mélange devint alors le cocktail officiel de la ville de Dijon. Nous souhaitons, par notre présence ici ce matin comme par nos actions, ancrer cette filiation dans la durée et la mettre au service du rayonnement de la filière comme de la Cité des Ducs, tout particulièrement dans le contexte de la réalisation de la Cité de la Gastronomie».

Vers une transparence de la filière


Olivier Melis, Directeur général de la Maison Lejay-Lagoute a ensuite pris la parole et est revenu sur les chiffres clés liés à la filière, qui illustrent à la fois l’engagement et l’impact positif de la filière sur le territoire : «Nous voulons mettre notre action au service d’un rayonnement économique partagé. Quand la filière rayonne, quand nos entreprises rayonnent, c’est l’emploi territorial et toute l’économie du bassin de vie dijonnais qui est dans une belle dynamique» a précisé Olivier Melis. Achats de baies de Cassis et notamment de Noir de Bourgogne, création d’emplois, chiffres d’affaires des maisons du Syndicat : ce dernier a souhaité faire la transparence sur ces données pour mieux valoriser les enjeux qui y sont liés. «Nous ferons cet exercice chaque année, car il est essentiel que nous valorisions à travers lui la réussite d’une filière», a-t-il souligné.

Développer et valoriser la filière dans son ensemble


Président de la maison l’Héritier-Guyot, de la filière régionale Cassis et de l’interprofession nationale, Jean-Dominique Caseau a tenu tout d’abord quant à lui à souligner le statut de première interprofession reconnue sur le plan national pour le Comité Interprofessionnel du Cassis de Dijon, né en 1955 à l’initiative du Syndicat, qui va de la production jusqu’à la transformation.

Une initiative suivie plus de cinquante ans plus tard, en 2016, par la création de l’organisation interprofessionnelle régionale «Les Acteurs du Cassis» qui répond à une volonté précise : développer et valoriser la filière dans son ensemble. «Le but de cette cohésion, c’est essentiellement un programme d’actions piloté par les acteurs de la filière régionale selon des principes clés, forts, telle que l’agroécologie» explique-t-il.

Une augmentation des volumes et du prix dans les 5 ans ?


Il a également rappelé que les initiatives prises par le Syndicat «sont essentielles à la pérennité et au développement de cette filière, filière qui a été reconnue par les instances régionales», notamment à travers des financements pour des études techniques obtenus par les Acteurs du Cassis.
«Nous avons un réel engagement dans la transformation des volumes pour les 5 années à venir avec une augmentation à la fois des volumes contractés et du prix (15 à 20% supérieurs à la période précédente), ce qui permet la garantie d’un revenu élevé pour les producteurs. Sur le plan économique, les liquoristes dijonnais assurent trois millions de revenus agricoles aux exploitations bourguignonnes» a-t-il précisé en commentant les chiffres.

Un revenu plus satisfaisant pour l’exploitant que la culture des céréales


C’est ce qu’a confirmé Olivier Lenoir, Vice-Président de la Coopérative Les Coteaux Bourguignons. «Le cassis, ce sont des plantations qui durent entre 10 et 15 ans. Ces dernières produisent de l’emploi, valorisent les terrains. C’est une production exigeante car on passe une bonne partie de l’hiver à tailler et cela représente également un risque dû au climat. En contrepartie, cette production permet, au regard des surfaces travaillées, un revenu plus satisfaisant pour l’exploitant que la culture des céréales qui elle nécessite des exploitations toujours plus importantes.» explique-t-il.

Il a notamment pointé le travail réalisé autour de ces enjeux qui nécessitent donc une anticipation précise, laquelle est rendue possible par ce travail de filière. Pour ce qui est des récoltes, il s’est félicité de la dernière en date et de sa très bonne qualité.

Une rencontre «particulièrement positive» avec François Rebsamen


François Battault a ensuite repris la parole afin de présenter le rôle du Syndicat dans la cité gastronomique, soulignant par la même occasion l’histoire positive de l’interprofession, avec des maisons qui se connaissent très bien et qui sont donc capables de bâtir de grands projets ensemble.
Il est revenu sur la rencontre, deux ans plus tôt, avec François Rebsamen, maire de Dijon, rencontre «particulièrement positive» qui avait pour objectif de «travailler conjointement à remettre le Cassis de Dijon au cœur de la vie de la ville, de le valoriser aux côtés de ses nombreux atouts».

«Depuis cela, nous participons à un grand nombre de manifestations, le Brunch des Halles, des apéritifs sur le haut de la Tour Philippe le Bon, mais aussi Just Dijon, dont nous sommes l’un des tous premiers partenaires. Nous lancerons d’ailleurs en ce sens un coffret lors de l’inauguration de la réouverture du Musée des Beaux-Arts de Dijon» affirme-t-il.

Le Syndicat au sein de la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin


Pour accompagner ces actions, François Battault affirme également la présence du Syndicat au sein de la future Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin : «Nous réfléchissons aux possibilités qui se présentent à nous afin d’offrir une belle visibilité à la filière au sein de cette dernière et de nous impliquer dans ce projet».
Il ajoute également la création d’une vitrophanie, qui sera posée désormais dans différents commerces de Dijon sélectionnés qui servent et valorisent le Cassis de Dijon, laquelle permettra d’accompagner cette dynamique de rayonnement auprès du grand public.

1000 blancs cassis et 500 crémant-cassis servis à la foire


Claire Briottet, co-dirigeante de la Maison Edmond Briottet, a quant à elle présenté les différentes actions engagées au niveau régional, national mais aussi international. «Nous sommes avant tout rassemblés pour le Cassis de Dijon qui nous tient tous à cœur». Pour preuve, elle souligne que depuis plus d’une dizaine d’années, le Syndicat se réunit tous les ans sur un stand commun à la Foire Gastronomique de Dijon : «C’est important d’y être pour la promotion du blanc cassis, de notre filière. La Foire, c’est environ 1000 blancs cassis servis, 500 crémant-cassis, que nous avons accompagnés cette année du Spritz Dijonnais, célèbre cocktail revisité en l’honneur de l’Italie, hôte d’honneur de la Foire 2018, et qui montre une fois de plus les possibilités de recettes et de créativité autour du cassis».

Un cocktail inédit : l’Abracassis


Au niveau régional, Claire Briottet est revenue également sur l’engagement du Syndicat au sein du GPPR, dont il est administrateur. «Le GPPR, ce sont plus de 220 produits sous signe officiel de qualité ; son but est de fédérer, d’accompagner et de promouvoir les acteurs liés à ces produits», a-t-elle souligné.
C’est ainsi que fût servi au Salon de l’Agriculture, sur le stand Bourgogne-Franche-Comté, le blanc cassis, parmi 10 produits présentés, mais également un cocktail inédit : l’Abracassis (bière blanche régionale, Cassis de Dijon et citron vert).

Le cassis de Dijon au salon Wine & Dine à Hong-Kong


Par ailleurs, des actions internationales ont également été mises en place via le GPPR, notamment lors du salon Wine & Dine à Hong-Kong où le Cassis de Dijon fût proposé à la dégustation.
Cette conférence s’est terminée par un mot de Madame Sladana Zivkovic, Adjointe au Maire de Dijon déléguée aux relations internationales et qui est ainsi revenue sur l’importance de cette filière pour une ville comme Dijon : « Il est toujours bon de rappeler que le cassis est un produit d’excellence qui offre une magnifique visibilité à notre ville. Grâce aux actions menées, on ne peut que se féliciter d’avoir des produits de qualité comme celui-ci qui offre une réelle expérience pour Dijon » a-t-elle conclu.

Cette matinée a enfin été marquée par un moment fort et symbolique : le dévoilement d’une plaque commémorative liée au lieu historique et fondateur qu’est le bar Montchapet pour le blanc cassis.

Cliquez ici pour voir notre article sur l’origine du Kir et sur le dévoilement de cette plaque


Photo Charlotte Meunier