mercredi 17 octobre 2018
La soirée de présentation de la nouvelle JDA, résultat de la fusion entre la JDA (Basket masculin) et le CDB (Hand féminin), s'est déroulée ce mardi soir au Palais des Sports de Dijon.
Questions à...
Dans une longue interview à Infos-Dijon, l’élu de Côte-d’Or, patron des Sénateurs «En Marche» au Sénat, et proche d’Emmanuel Macron, dit sa foi dans les réformes.
Il parle aussi des élections européennes, d'Arnaud Danjean, d'agriculture, et des municipales à Dijon et en Bourgogne-Franche-Comté.
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SALON FOOD USE TECH : «Quand on parle de gastronomie, Dijon a tout»

20/09/2018 17:09Imprimer l’article
Durant deux jours, les start-ups françaises du secteur de l'alimentation et de la gastronomie sont réunies au Palais des Congrès de Dijon, dans le cadre de la deuxième édition du salon Food Use Tech, la référence FoodTech en France. Comment se portent-elles ? Pourquoi ce salon ? Pourquoi  à Dijon ? Le Dijonnais Xavier Boidevézi, secrétaire national de l'écosystème Foodtech, explique tout.
Mille personnes s'étaient rendues l'an dernier à la première édition du salon Food Use Tech, et autant ont foulé les allées du salon ce jeudi, premier jour de la deuxième édition. Le nombre d'exposants (100) a même doublé. Bref, Food Use Tech grandit bien, et le référent de la FoodTech, Xavier Boidevézi, ne peut que s'es réjouir. Rencontre.

Food Use Tech, c'est quoi ?


C'est un événement dédié aux usages des nouvelles technologies par les entreprises du secteur de l'alimentation. Le constat de base, c'était qu'il y a beaucoup de salons, mais qu'il fallait traiter de la problématique de l'adoption des usages par les utilisateurs, de la fourche à la fourchette.

C'est un événement réservé aux professionnels ?


Non. Food Use Tech est ouvert au grand public le deuxième après-midi (ce vendredi 21 septembre ndlr). Cette année, nous avons voulu qu'un jour et demi soit focalisé sur les professionnels, mais que le grand public puisse également faire un retour aux start-up, en se demandant ensemble «c'est quoi l'alimentation de demain ?». C'est un service rendu aux start-ups que de pouvoir leur dire si leurs innovations sont géniales ou inutiles… Il faut dire aux Dijonnais de venir !

Les start-up, qu'ont-elles à gagner à participer ?


Il s'agit d'abord de fédérer et de créer des connexions entre les acteurs. C'est la première raison pour elles de venir : la rencontre et l'échange entre professionnels du secteur, investisseurs, clients potentiels, etc. L'an dernier, on a vu que les start-ups adoraient aussi discuter entre elles car elles n'en ont pas souvent l'occasion.
Et puis ici, elles peuvent gagner aussi en visibilité, avec notamment le haut patronage du salon par le ministère, la visite de la secrétaire d'Etat Delphine Gény-Stephann vendredi, etc.

Comment se portent les start-ups françaises de la FoodTech ?


Elles sont en pleine croissance. En 2014, elles représentaient 2% des investissements mondiaux. Les principales levées de fonds avaient lieu aux Etats-Unis, en Asie et, pour l'Europe au Royaume-Uni et en Allemagne.
Là, on commence à avoir des start-ups qui réussissent à lever des fonds, comme Frichti (30 millions d'euros), Wynd (30 millions d'euros avec Sodexo). Ce qui nous manque encore, c'est qu'on n'a pas de start-up qui a explosé au point de se revendre en une très grosse somme, comme c'est le cas aux Etats-Unis régulièrement.

Pourquoi les Français n'y arrivent-ils pas ?


On est encore trop jeune. Aux Etats-Unis, certains se sont lancés depuis 20 ans. A coté, on est des hommes préhistoriques de la donnée. La France est un pays de traditions, mais on doit les associer à l'innovation. On a des leaders mondiaux, comme Danone ou Sodexo par exemple. Il faut juste les fédérer pour qu'ils ne se fassent pas dépasser.

Les multinationales du CAC40 sont menacées ?


Elles sont très inquiètes. Le groupe AccorHotels s'est fait disrupter par, Airbnb, un nouvel acteur. Alors aujourd'hui, tous se demandent s'ils peuvent, dans leur secteur, se faire ubériser. Celui qui a la prétention de dire non est mal en point.

Vous venez de dire que nous sommes, en France, des hommes préhistorique de la donnée. Qu'entendez-vous par là ?


On est au tout début de ce qu'on va pouvoir faire, construire, avec de la donnée. Aujourd'hui, avec le RGPD (Règlement général sur la protection des données ndlr), on doit une transparence. Mais c'est bien parce que c'est le nouvel or noir. Si je veux livrer un panier de courses à l'utilisateur, je dois savoir son adresse. Mais il doit me la donner de lui-même et on est obligé de lui dire quelles données on doit prendre. En revanche, quand Google me dit que je vais mettre une heure et demi à aller au travail, ça me fait peur. J'aime le service, mais je veux l'avoir validé.

Pourquoi organiser Food Use Tech à Dijon ?


Quand on parle de gastronomie, Dijon a tout. C'est une petite France, une ville très représentative. On a tout ici : un passé fort, lié à la gastronomie, au vin, etc. Mais aussi un pôle de compétitivité, l'Inra, etc. Quand on a proposé le projet il y a deux ans à François Rebsamen, il nous a tout de suite soutenus. C'est en cohérence avec le projet métropolitain, qui repose sur quatre piliers : tourisme, alimentation, santé et numérique.
Excepté pour ce qui concerne le tourisme, ces thèmes entrent pleinement dans le cadre de la foodTech. Dijon devient le lieu central de la FoodTech en France.

Le retard que prend la Cité Internationale de la Gastronomie vous inquiète-t-il ?


On sera dans le consorsium donc on l'attend avec impatience. Mais que ce soit pour fin 2019 ou pour 2020 ne change pas grand chose. On est impatient car on va créer des synergies, avoir une image encore plus forte, etc.
Je pense qu'il y a un axe à développer Paris-Dijon-Lyon autour de l'alimentation. Et dans ce cadre, le projet de Cité de la Gastronomie dijonnais est le plus pertinent, le mieux construit dans l'écosystème local. Dijon est extrêmement cohérent dans le secteur de l'alimentation. On a peut-être un tissu économique moins dense qu'une ville comme Lyon, mais on le focalise mieux. Dijon est bien la capitale de la Food Tech.
Recueilli par Nicolas Richoffer
Photo N.R.