lundi 20 novembre 2017
Questions à...
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EXPOSITION : «Dijon vu par Jean Matrot», ça continue jusqu'au 16 septembre

29/08/2017 10:58Imprimer l’article
L'exposition de peintures est ouverte librement au public tous les après-midis au Palais des Ducs.
L’exposition annuelle «Dijon vu par» invite depuis le 24 juin le peintre dijonnais Jean Matrot.
«Peindre le quotidien parce qu’il compte aussi, parce qu’il est le lieu de mille infimes expériences»... l’artiste s’applique à rechercher dans le «banal» ces signes du passage de nos vies. Il aime ces instants anodins car ils sont le ciment faisant le joint entre ces autres moments qui marquent nos mémoires, au détriment des innombrables battements d’ailes de papillons qui nous ont menés là. En voulant réparer cette petite injustice faite à notre quotidien et à nos menus plaisirs, il les met en lumière au travers de scènes de rues, d’intérieurs, passant d’une terrasse de café à l’escalator d’un grand magasin. Souhaitant faire pénétrer chacun dans son univers, il se plaît à piéger le spectateur par des perspectives centrales, des silhouettes à peine esquissées, des regards plus directs. Sa technique de peinture à l’huile, classique, oscille entre impressionnisme et naturalisme. Comme c’est souvent le cas chez l’artiste, Dijon est le théâtre de ces flâneries au cœur de notre quotidien. Le Dijon historique mais également le Dijon de nos déambulations, de nos activités, de nos vies, simplement. Une invitation à voir les choses autrement, à s’arrêter pour regarder passer le temps, au final notre seule richesse.

Portraits et «tableaux-scènes»


Les visages des portraits semblent être les premiers spectateurs des peintures installées en vis-à-vis. Les «tableaux-scènes» aux formats longs et horizontaux sont disposés en arc de cercle, tel un panoramique de l’activité des habitants dans leur ville, la manière dont ils se l’approprient et dont le peintre traduit avec sensibilité et pudeur l’harmonie, la fluidité des déplacements et surtout, l’interaction entre l’humain et le bâti, contemporain ou rappel du passé. Lui-même surpris par l’appropriation que peut faire le spectateur de ses peintures, Jean Matrot est un artiste d’une rare fraîcheur, humble et enthousiaste : «J’ai fini par comprendre qu’une peinture, lorsqu’elle est dévoilée, doit renvoyer à l’intime de chacun et que, pour ce faire, elle doit, en partie, échapper aux pinceaux de son géniteur. L’essence de l’art, finalement».

Portrait d'un artiste éclectique


Né en 1969 à Dijon, Jean Matrot a étudié l’architecture intérieure avant de travailler dans ce domaine et d’autres, proches : architecture, illustration, graphisme, design, infographie 3D... Il s’est mis à son compte en 2006, essentiellement en architecture intérieure et infographie 3D et sa société, unipersonnelle, s’appelle 4D.
En 2012, après quelques années en sommeil, il se remet à peindre, plus sérieusement, moins en dilettante comme c’était le cas avant. D’abord à l’acrylique, puis à l’huile à partir de 2014. Ses sujets sont essentiellement les personnes et le quotidien. Ils se traduisent par des paysages urbains où l’humain a le plus souvent sa place ou par des portraits et scènes de vie. Il essaie de peindre des «fenêtres» sur la vie, sur ces instants oubliés sitôt que vécus parce que considérés sans grand intérêt.
Pourtant, ce sont ces moments, nombreux, qui composent notre existence, eux qui en sont la pâte sans laquelle les «charnières» ou «coups de théâtre» ne tiendraient pas. Sa peinture se veut un hommage à ce liant qu’est le quotidien, a? ce parent pauvre des grands moments de nos vies. Un tribut à ces minutes qui comptent le même nombre de secondes que les autres et qui pourtant sont bien vite oubliées. Mais qui, il imagine, reviennent par bribes au soir d’une vie, par le souvenir d’un regard, d’un matin d’hiver, par la station-service qu’une banque a remplacé, par des rides nouvelles sur un visage...

«Renvoyer à l'intime de chacun»


Par la peinture, il essaie de donner à ces moments l’importance qu’on leur oublie trop souvent. Fixer quelques minutes, quelques secondes sur une toile. Et une fois le tableau achevé, revivre ces instants à chaque fois qu’on le regarde. Se dire aussi que ces «clichés» de notre vie nous survivront pour certains. Peut-être peindre le quotidien revient-il à vouloir arrêter le temps, ou du moins le ralentir parce qu’on ressent avec une conscience qui s’accroit de jour en jour la brièveté d’une vie et la vanité de certaines aspirations.
Ses influences sont multiples, de Caillebotte à Singer-Sargent ou Monet en passant par Lucian Freud ou Sorolla. Il ne ressent pas le besoin de mimer, il peint et les couleurs viennent comme une justification de leur nécessité sur la toile. Il va à l’essentiel, à la lumière. Si une touche de couleur peut suggérer un visage au soleil, il ne va pas plus loin. Il suffit que la personne qui regarde «comprenne» la situation et la fasse sienne, qu’elle puisse s’immerger pour la nourrir de son regard, de son expérience... Au début perturbé par le fait qu’un spectateur pouvait voir quelque chose de différent de ce qu’il avait souhaité mettre dans une toile, il est à présent heureux de cette appropriation. Il a fini par comprendre qu’une peinture, lorsqu’elle est dévoilée, doit renvoyer à l’intime de chacun et que, pour ce faire, elle doit, en partie, échapper aux pinceaux de son géniteur. L’essence de l’art, finalement.

Du 24 juin au 16 septembre, de 14h à 18h, sauf lundis et jours fériés
Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne – Salon Apollon
L’exposition sera également visible le dimanche 17 septembre lors du Brunch des Halles, sous les halles du marché couvert, rue Bannelier.


Photos Nicolas Richoffer


Lors de la présentation de l'exposition, début juin :