jeudi 14 décembre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
> Ecouter, lire, voir > Ecouter, lire, voir

ZENITH DE DIJON : Dany Boon ou le rire du clown dépressif

15/11/2017 11:02Imprimer l’article
Une dernière tournée pour la route ? Près de 2.500 spectateurs au Zénith de Dijon ont acclamé le dernier one man show du ch'ti qui veut laisser la scène aux jeunes et développer des projets pour le cinéma ainsi que pour le théâtre.
Après 25 ans de carrière, Dany Boon invente toujours. Lui qui a la passion du rire continue avec le cinéma et le théâtre, «évolution logique de [sa] carrière». Pourtant, cette tournée des «25 ans de scène» n'est pas un simple best of comme ont pu le constater ce mardi 14 novembre les spectateurs du Zénith à Dijon. Un show présenté par Pyrprod en accord avec Chicon et Gilbert Coullier (mise en scène d'Isabelle Nanty avec la collaboration artistique de Yaël Boon).

Pour cet ultime one man show, Dany Boon, qui revendique Raymond Devos comme référence, a lorgné du côté du music-hall. Jouant de plusieurs instruments (piano, guitare, ukulélé...), mimant, dansant («très mal» de son propre aveu), il a occupé la scène dépouillée. Une chaise, un piano à queue et un écran pour quelques projections vidéos apportant un rythme supplémentaire.

Ne l'appelez plus jamais «biloute» !


Est-ce la crise de la cinquantaine ? Dany Boon s'est livré un peu plus lors de confessions servant de transitions entre les sketchs. Son physique, ses angoisses, sa mère. Cela a contribué à donner une tonalité douce-amère au spectacle. Comme un effeuillage pudique, ponctuant tendrement les moments de franche rigolade. Dany Boon est un clown maladroit, parano, dépressif mais un clown avant tout !

Le sketch sur le nouveau nom des grandes régions a été remarqué, grâce aux anciennes cartes de géographie revues et corrigées par Isabelle Nanty, avant que Dany Boon n'élargisse le propos à l'humanité toute entière pour fustiger le racisme. S'il ne parle pas de politique dans ses spectacles, Dany Boon aime se glisser dans les interstices de la société comme quand il évoque l'identité régionale de ch'Nord dans une dimension sociale et culturelle, sans le côté régionaliste. Le ch'Nord, c'est fini, place aux Hauts-de-France, ne l'appelez plus jamais «biloute» !

Normes sociales et comique de situation


Ce champion de l'absurde excelle quand il pousse ses personnages dans des retranchements burlesques comme quand il aborde les relations des quinqu'ados (des quinquagénaires retombant en adolescence) avec leurs propres enfants paraissant des bêtes sauvages avant de devenir adultes à leur tour. Il nous rappelle que les normes sociales qui nous font attendre tel ou tel comportement peuvent toujours être elles-mêmes décalées. Naïveté, timidité et stupidité ont été très applaudies ce mardi soir au Zénith. Dans la vraie vie, pourquoi ne seraient-elles pas aussi applaudies dans les rues de Dijon et d'ailleurs ?

Après un rappel bien mérité, un traditionnel ban bourguignon (dont même la mère de Dany Boon a entendu parler) a clos le show. Prochain projet bientôt finalisé, «La ch'tite famille», film de fiction inspiré de la jeunesse de Dany Boon en l'inversant, sortira le 28 février 2018, pile dix ans après «Bienvenue chez les ch'tis».
Jean-Christophe Tardivon

Retrouver l'interview accordée à Nostalgie Dijon ici