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ASSISES DE SAONE-ET-LOIRE : Le meurtrier de Christelle Bletry écope de la réclusion criminelle à perpétuité

02/02/2017 23:45Imprimer l’article
La cour a rendu son verdict ce jeudi soir dans cette affaire dite des «disparues de Saône-et-Loire. La prison à vie est assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.
Ce jeudi soir, les jurés de la cour d'assise de Saône-et-Loire, suivant en cela les réquisitions de l'avocat général, ont condamné Pascal Jardin à une peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 20 ans. Ce  qui veut dire qu'il ne pourra être pas être libéré avant 2035, a plutôt. C'est en effet après avoir purgé 20 années de prison, avec les deux années de préventive, qu'il pourra faire l'objet d'une libération.

Le compte rendu de l'audience du mercredi 1er févier :
Cette 8ème journée de procès commence à sentir le souffre pour l’accusé.  C’est par l’audition de Madame Elsa Aussavy, juge d’instruction près du TGI de Chalon que les débats commencent. Cette dernière devait procéder avec l’enquêteur au tri des scellés de l’affaire Christelle Blétry afin de sélectionner les plus pertinents afin de les envoyer dans un laboratoire bordelais unanimement reconnu comme étant un des plus qualifié pour procéder aux relevés d’empreintes génétiques. L’analyse et l’indentification de l’ADN ayant fait de spectaculaires progrès ces dix dernières années. 
Les vêtements, sous-vêtements et quelques affaires personnelles ont été envoyés au laboratoire. Madame Elsa Aussavy devait donc commenter comment dès qu’elle a reçu une information du laboratoire de Bordeaux qu’une personne avait été identifiée comme étant Pascal Jardin elle redémarra l’enquête restée en suspens depuis pas mal d’années. 
Après avoir recueilli assez d’informations elle ordonna son arrestation, sa garde à vue et son retour sur Chalon, Pascal Jardin étant domicilié dans les Landes. La suite nous l’avons largement commentée depuis lundi 23 janvier dernier. Madame Elsa Aussavy devait préciser qu’en tant que juge d’instruction désignée sur ce dossier il lui était interdit de répondre aux questions de la Cour afin de respecter la neutralité entre partie civile et défense.
 

Sa sœur jumelle prend la défense 

de son accusé de frère

 
« Ce n’est pas mon frère qui a fait cela, mon frère est innocent » devait dire Nadine Jardin la sœur jumelle de Pascal Jardin. Très liée à son frère jumeau avec lequel elle tout partager enfant et adolescente jusqu’à passer leurs diplômes et le permis de conduire le même jour, Nadine n’a eu de cesse de défendre son jumeau répondant vaguement aux questions de Madame la Présidente ne donnant ou ne voulant pas donner de détails sur les faits de 2004 et encore moins sur l’affaire de Blanzy.
 

Des mots  durs de la part des experts psy

 
Madame le Docteur psychiatre Martine Chevance devait commenter son rapport d’expertise effectuée sur ordre du Parquet concernant l’accusé au moment ou il est en garde à vue en 2004 après son arrestation pour tentative d’agressions sexuelles sur une jeune chalonnaise. Prétextant une fausse intervention sur le chauffage de l’appartement il s’est retrouvé en slip avec un couteau ouvert dans la raie des fesses dans la salle de bain de cette jeune femme qui, apeurée cria. Grâce à l’intervention musclé de son ami, Pascal Jardin a été neutralisé et arrêté par la Police. 
Le Docteur Martine Chevance devait dire qu’elle s’est trouvé en face d’un homme calme et courtois certes mais dont la conversation a tournée sur ce que les faits reprochés ne sont pas de sa faute mais de la faute de sa patronne et de sa femme. Pour le médecin-psy, Pascal Jardin est toujours la victime de quelqu’un d’autres. 
Il a le type d’un serial killer et peut tout à fait reproduire son acte. Il est potentiellement dangereux pour la société. Deux experts psychologues ont été unanimes sur les commentaires de leurs rapports respectifs pour reconnaître que Pascal Jardin était un simulateur qu’il se faisait passer pour une victime. Les experts sont unanimes pour reconnaître l’accusé comme dangereux pour lui-même mais surtout pour la société. Les mots de Martine Chevance, psychiatre exerçant à l’hôpital spécialisé de Sevrey n’ont pas été assez durs envers l’accusé. Elle aussi expliqua qu’il est toujours la victime des autres comme son ex-femme ou son ex-chef. « L’autre » pour lui ne compte pas. Ses colères sont de véritables explosions de rage.
 

Myriam Blétry est venue parler de sa sœur

 
Myriam n’avait que 16 ans au moment du drame. Aujourd’hui cette jeune femme de 36 ans a voulu dire rendre hommage à sa sœur aînée pour elle toujours présente. C’est sous une forme de poésie qu’elle devait lui( Christelle) dire combien elle manque à tous et comment aussi sa présence est omniprésente. Myriam a conclu en espérant que ce procès permettra de reprendre une autre vie ! Un moment fort en émotion qui devait faire monter les larmes à l’ensemble de la Cour !
 

«Mon père est coupable»

 pour Dimitri le fils cadet de l’accusé

 
Madame la Présidente devant le refus de se présenter à la barre de Dimitri Jardin, jeune fils de l’accusé, fit la lecture du rapport effectué lors de son interrogatoire. Il en ressort de ce dernier une haine particulière contre son père et pense qu’au vécu de sa méchanceté et de son attitude qu’il est coupable des horribles faits qu’on lui reproche. Dimitri devait donner force détails particulièrement sur l’indifférence que son père a vis-à-vis des autres et de son odieuse attitude en direction des femmes en règle générale.
 

Incident de séance

 
La journée se termina par un incident de procédure. Maître Michel Grebot, avocat de la défense a fait extraire un scellé contenant une feuille (d’arbre ou de haie) visiblement tachée de sang provenant de l’endroit même où l’on a trouvé le corps de Christelle. Il donna comme explications que dans la recherche de la vérité il voulait être sûr que cette feuille provient bien du lieu de découverte du corps de Christelle ou aurait pu être transporté incidemment. Après une véhémente réponse de Maître Didier Seban avocat des parties civiles et après en avoir délibéré en secret la Cour rejette cette demande qui sera signifiée par un arrêt.
Cette huitième journée est la dernière de ce procès. Demain sera consacré aux plaidoiries, au réquisitoire de Monsieur l’avocat général, des dernières paroles de l’accusé pour sa défense et du verdict qui sera certainement rendu tard dans la soirée.
Michel Chevalier

Le compte rendu de la
séance du mardi 31 janvier :

La septième journée de ce procès fut consacrée aux rapports d’expertises de deux médecin psychiatres établis à Paris et qui ont commenté leur travail par visioconférence et par les témoignages de la nouvelle épouse de Pascal Jardin et des proches de sa famille et de collègues de travail. 
Des rapports des médecins psychiatres il en ressort que Pascal Jardin  a beaucoup de difficultés avec les femmes. Pour l’un des médecin cette difficulté vient de l’image de sa mère qu’il idéalise mais qu’il s’interdit de critiquer. De ce fait il s’en prend à d’autres femmes mais pourquoi ? Pour les deux spécialistes pour se prouver qu’il existe.  Pour lui il y a le dominé (lui) et le dominant (la femme). 
En 2004, lorsqu’il entre dans la salle de bains d’une jeune femme de Chalon en slip le couteau ouvert dans la raie des fesses c’est pour lui faire peur dira-t-il mais en réalité c’est pour se prouver qu’il un homme à faire face aux humiliations de sa vilaine épouse (la première) qui l’a tant embêté. Il devait causer une belle frayeur à cette personne et sans la présence de son ami comment cela aurait fini ? 
D’après les spécialistes il n’arrête pas de dénigrer et il ne récite que sil se rappelle sa conversation est creuse. Il ne lui a été reconnu aucune maladie mentale. Donc difficile de lui reconnaître une altération quelconque au moment des faits.
Une épouse toujours aussi aimante
 
Chantal Jardin sa nouvelle épouse est venue dire qu’ayant connu un mari méchant, alcoolique et violent elle apratiquement trouvé le grand amour avec Pascal Jardin avec lequel elle s’est mariée en 2010. Interrogée sur les faits de 2004 (agressions de la jeune chalonnaise) elle s’est dit étonnée mais n’a pas voulu approfondir cette histoire avec son mari qui, pour elle, avait payé sa dette à la société. 
Elle commenta comment ils avaient choisi de vivre dans le sud-ouest de la France. Le coup de tonnerre comme devait dire Madame la Présidente lorsque les policiers de la Police judiciaire de Dijon arrivent un matin et envahissent la maison. Elle ne comprend pas et elle apprend le pourquoi de cette intervention lors d’un entretien avec les inspecteurs au sein du commissariat de police de Bordeaux. Pour Chantal ce n’est pas possible. Pour elle, Pascal Jardin, son mari si attentionné et gentil non, ce n’est pas possible. Elle savait qu’elle avait eu des aventures extraconjugales  et qu’il pouvait avoir eu une relation sexuelle avec une jeune femme de Blanzy certes mais pas un meurtre aussi horrible. Peut-être est-ce un crime de rôdeur ?
 
Des témoins
 
Les collègues de travail qui devaient venir à la barre ont tous confirmé que Pascal Jardin était un camarade de travail charmant, travailleur et qu’aucun problème ne devait surgir au sein des différentes entreprises où il a travaillé. Un seul point devait faire réagir l’avocat des parties civiles et l’avocat général est que tous on dit que Pascal Jardin n’a jamais couché chez eux du fait d’avoir trop arrosé une soirée comme le prétend l’accusé. Qui ment ?  Le neveu et l’épouse de ce dernier ont déclaré avoir entendu Pascal Jardin leur parler de « l’affaire de Blanzy » lors de sa garde à vue alors que ce dernier nie catégoriquement ce qui fit dire à l’avocat général « Vous n’avez pas de chance avec les témoins Monsieur Pascal Jardin ». Là aussi qui ment ? Les juré apprécieront.
 Michel Chevalier

Le compte rendu de l'audience
du lundi 30 janvier :

Pour cette reprise du procès du présumé meurtrier de Christelle Blétry, après deux jours de repos dû au week-end, la Cour d’assises de Saône-et-Loire a donc retrouvé un Pascal Jardin toujours égal à lui-même. Cette journée consacrée essentiellement à divers témoignages, n’a pas fait sortir l’accusé de ses gonds sinon un hochement de tête lorsque son ex-épouse est venue à la barre. 
Cette dernière devait dire que son ex mari invente toujours des choses plus ou moins extravagantes  afin de se faire passer pour la victime ? C’est bien ce que l’ensemble de la Cour ressent lorsque l’on entend un Pascal Jardin dire avec froideur que si il a agressé en 2004 cette chalonnaise en rentrant dans sa salle de bains en slip un couteau dans la raie des fesses et en 1996 avec l’horrible affaire Christelle c’est qu’il a été persécuté particulièrement par des femmes entre autres son ex-épouse et son ancienne chef de service. 
Tous espéraient que les quelques paroles échangées entre le témoin et l’accusé aurait pu chez ce dernier provoquer quelques forces pour dévoiler une étincelle de vérité que nenni ! Des paroles banales qui devaient concerner une dispute entre l’accusé et son fils Dimitri ce qui a fait réagir son ex-épouse par cette phrase « Ce problème avec notre fils Dimitri est sans importance mais parle nous du crime » ce dont Pascal Jardin devait dire pour la énième fois : « Je n’ai pas tué Christelle Blétry ». 
L’ex-épouse de l’accusé devait commenter les questions de Maître Didier Seban, avocat des parties civiles lorsque celui-ci lui demanda ce qu’elle pensait de certains termes écrits dans les lettres que Pascal Jardin lui envoyait depuis la maison d’arrêt lors de son incarcération pour agressions sexuelles. Cette dernière devait répondre que ces termes qui étaient en réalité de véritables menaces, de mort pour certains, lui on tait comprendre qu’elle-même était en danger et la décida a entamer une procédure de divorce. 
L’ex compagne de Pascal Jardin devait reconnaître que son mari de l’époque était travailleur et attentionné. Mais très vite la situation devait se dégrader à cause d’une belle-mère autoritaire qui visiblement mettait son « grain de sel » partout et faisant des réflexions déplacées à sa belle fille en ce qui concerne ses tenues vestimentaires. L’affaire de l’agression à don domicile d’une chalonnaise devait précipiter la dégradation du couple l’ex épouse constatant que Pascal Jardin inventait toujours des situations afin de se faire passer pour la victime.
 
Oui mon père connaissait la Maison  de quartier de Blanzy
 
Mickaël Jardin, âgé de 28 ans, fils aîné  de l’accusé apporte un témoignage d’un père attentionné et gentil. Il devait dire qu’il ne manquait de rien. A la question vous souvenez vous de la Maison de Quartier de Blanzy il devait répondre que tout le monde connaît l’établissement situé tout près du groupe scolaire et c’est là qu’il faisait des activités le mercredi,jour de repos scolaire. Il n’a pas l’air de se souvenir que son père l’a accompagné en ces lieux. Lorsque la présidente lui demanda comment on réagit quand on est un petit garçon et que l’on sait que son papa est incarcéré en 2004-2005 il répondit : on pleure ! Mais avec l’affaire du meurtre de Christelle il semble avoir rompu les liens avec son père ne lui écrivant pas ni lui rendant visite à la prison. Par ailleurs il devait informer la Cour que son frère Dimitri ne désire aucunement se présenter à l’audience malgré sa convocation et les moult appels du greffe.
 
Agresser pour se prouver d’exister
 
Autre moment fort de cette journée de témoignages est celui de Magalie Gantier cette jeune femme qui fut agressée en son domicile à Chalon par Pascal Jardin. Ce dernier s’étant fait passer pour un vérificateur du chauffage se présenta u domicile de la jeune femme mais cette dernière était en présence de son ami, père de sa petite fille il repartit, informant qu’il repasserait dans une quinzaine de jours. 
Effectivement une quinzaine de jours après Pascal Jardin se présenta de nouveau mais Magalie Gantier avait une certaine appréhension elle demanda à son ami de rester près d’elle caché dans la chambre à coucher. Prétextant un problème sur le réseau d’eau il envoya Magalie Gantier dans la salle de bain pour vérifier si l’eau coulait bien alors que lui devait se déshabiller dans la cuisine et fit irruption dans le dos de la locataire des lieux en slip avec un couteau ouvert dans la raie des fesses. 
Visiblement il tenta de la faire taire mais ses cris ont alerté son ami qui bloqua Pascal Jardin de quelques coups de poings pendant que la Police alertée arriva sur les lieux. Ramené au commissariat il devait déclarer qu’il avait cela pour se prouver qu’il existait. Il devait regretter son geste provoqua ainsi un véritable traumatisme à la victime. C’est de cette agression et de par les prélèvements ADN effectués que Pascal Jardin désormais inscrit au fichier des agresseurs sexuels put être confondu vingt après comme l’agresseur de Christelle Blétry. 
Au fonctionnaire de police procédant à son interrogatoire il devait, une fois de plus accuser  les méchancetés de son ex-femme et son ancienne chef de chez Dominique Prudent à Louhans responsables de son acte.
La journée de mardi sera consacrée en partie aux témoignages des psychiatres. On va peut-être commencer à voir clair sur l’état mental de Pascal Jardin et essayer de comprendre son éternel refrain « Ce n’est pas de ma faute mais la faute des autres » en quelque sorte.
Michel Chevalier

Notre compte rendu de l'audience de vendredi :
Cette dernière journée de la première semaine de ce procès aura été technique d’une part et douloureuse d’autre part. Technique par la lecture par Madame le Présidente du rapport d’expertise concernant le dépistage lors de l’autopsie de Christelle Blétry d’alcoolémie, de produits stupéfiants ou de médicaments. Ces résultats étant tous négatifs. L’ensemble de la matinée fut consacré, diapositives à l’appui, à la recherche des traces ADN, le procédé des prélèvements, les analyses et exploitations et les conclusions qu’il faut en tirer. 
En 2013 lors de la relecture de l’ensemble des scellés, un ensemble d’éléments ont été envoyés dans un grand laboratoire bordelais : vêtements, sous-vêtements, chaussures et sac à main de Christelle ainsi que eux couteaux appartenant à Pascal Jardin. 
Sur ces derniers aucun trace probante na été relevé. Par contre des traces de sperme particulièrement à l’intérieur de la petite culotte de Christelle et autres vêtements ainsi que des taches de sang ont permis d’identifier à 99,99 % le profil génétique de Pascal Jardin.
Ce dernier étant inscrit au Fichier national des empreintes  génétiques suite à sa condamnation pour agressions sexuelles de 2004 a donc facilement été interpellé. Il devait reconnaître les faits lors de sa garde à vue mais se rétractera quelques jours plus tard.
L’après midi fut douloureux par le témoignage à la barre de Marie-Rose Blétry, maman de Christelle. Inutile de préciser si son récit tira vite les larmes aux yeux à l’ensemble du public présent. Madame Marie-Rose Blétry devait décrire sa fille depuis sa naissance et son adolescence comme une enfant joyeuse, jolie, souriante qui suivait des études pour devenir puéricultrice. 
Elle aimait la musique, les chansons de Goldman et le sport. Elle pratiquait le basket et le tennis. Elle adorait les enfants et effectuait  des stages à la Maison de quartier blanzynoise. C’est lors de ses stages qu’elle avait peur depuis qu’un rôdeur avait été vu à travers la porte vitrée de l’établissement et qu’elle avait fait l’objet de menaces de mort par une de ses connaissances. 
La maman de Christelle devait raconter comment le samedi 28 décembre, Christelle n’étant pas rentré de la nuit elle s’adressa plusieurs fois par voie téléphonique au commissariat de police de Montceau-les-Mines et comment elle a été « reçue ».
Comment on la convoqua au dit commissariat dans le hall d’entrée sans personne pour l’accueillir et ensuite on l’envoya à l’hôpital Jean Bouveri où même le médecin légiste ne lui dit sur un corps retrouvé et déjà identifié comme sa fille Christelle. 
C ‘est par la presse qu’elle avait appris la terrible nouvelle. La maman de Christelle se tournant en direction du box des accusés hurla contre Pascal Jardin « Vous avez tué ma fille, vous l’avez massacrée de 123 coups de couteau. Pourquoi ? Pourquoi tant d’acharnement ? Dites moi la vérité, avouez que c’est vous. Cela fait 20 ans que je n’ai plus ma fille ». Pascal Jardin se contenta de dire « Je vous comprend Madame Blétry mais je n’ai pas tué votre fille et moi cela fait 28 mois que je suis en prison ». L’ensemble de la Cour aurait espéré que Pascal Jardin avoue ce carnage mais il n’en n’a rien été.
L’audience se termina par la première partie du parcours de vie de Pascal Jardin. La suite de ce parcours au moment des faits qui lui sont reprochés reprendra lundi prochain pour la seconde semaine de ce procès avec vendredi soir prochain le verdict qui vraisemblablement sera lourd pour l’accusé.
Michel Chevalier

Notre compte rendu de l'audience de jeudi :
Je ne suis qu’un petit monstre
Cette quatrième journée a été ponctuée de témoignages de sympathie pour Christelle et s'est terminée par des témoignages nettement plus douloureux pour l’accusé avec, entre autres, ceux des enquêteurs relatant leur travail avec Pascal Jardin. La matinée commença par une visioconférence avec le Tribunal de Grande Instance de Paris ou un témoin Christophe Arrez, allias Anthony ou Titi devait être interrogé par Madame la Présidente. 
Ce témoin est celui qui devait menacer Christelle d’un couteau si elle ne fumait pas de produits illicites ou si elle refusait d’avoir un rapport à trois avec une des connaissances de l’auteur. Prétextant qu’il était aujourd’hui malade cardiaque il fut peu loquace dans les réponses aux questions de Madame la Présidente. Cette dernière devait donc mettre les points sur les « i »  en rappelant à cet amnésique témoin son parcours au moment des faits avec quelques « écorchures » judiciaires particulièrement concernant son addiction à la drogue. 
Il devait non sans mal se « souvenir » qu’il avait menacé Christelle dans sa voiture une 309 Peugeot blanche en compagnie d’un de ses copains, avec un couteau papillon afin que celle-ci consomme un joint (lui en fumait une dizaine en une heure) et qu’elle participe à des ébats à trois ce que l’ami d’Arrez refusa net. S'en suivit quelques houleuses explications sur la vente de la 309 contre du chite pour la somme de 2.000 francs de l’époque. La Police devait donc s’intéresser à cette personne compte tenu de ces faits qui devait retrouver le véhicule à Lyon afin de procéder à des analyses, les enquêteurs ayant des soupçons d’un éventuel transport de corps (Christelle) dans le coffre. En finalité le suspect fut mis hors cause.
 
Pascal Jardin avoue le viol et le meurtre de Christelle devant l’enquêteur de la PJ
 
L’après-midi la Cour entendit le témoignage de l’enquêteur qui a recueilli les déclarations de Pascal Jardin lorsque ce dernier est arrêté en son domicile des Landes et conduit au commissariat de police de Bordeaux. Cet enquêteur venu spécialement de la Police judiciaire de Dijon devait expliquer en long et en large le déroulement des cinq interrogatoires du deux jours lors de la garde à vue de Pascal Jardin. Il est précisé que désormais tout interrogatoire lors des gardes à vue est filmé et les propos consignés dans un procès-verbal d’audition et en présence d’un avocat. 
Après avoir lu les droits de la personne interrogée et recueilli son consentement à répondre aux questions, l’interrogatoire peut commencer. Au quatrième interrogatoire, coup de théâtre Pascal Jardin avoue, entre deux sanglots, tout d’abord le crime horrible commis sur Christelle en donnant  force de détails que l’enquête sur place avait déjà consignés. 
Le plus surprenant c’est qu’au départ Pascal Jardin était interrogé pour meurtre mais du fait de traces de sperme dans la petite culotte de Christelle dont l’ADN l’a trahi il reconnaît le viol de Christelle lorsqu’il l’a fait monter de force dans sa voiture au « Stop » de la bretelle de la RCEA à Blanzy. 
Il prit la direction de Montcenis en traversant Blanzy et s’arrête à l’entrée du chemin de l’étang d’Ocle. Là il a, soi-disant obtenu  un rapport sexuel consenti qui devait se terminer par une masturbation. Christelle prit la fuite précipitamment de la voiture en criant de toutes ses forces. Pascal Jardin fou de rage prit un couteau et l’a suivie dans le chemin prenant de la part de Christelle moult coups de sac à main ce qui eut pour effet de faire rentrer l’auteur dans une rage folle. 
Il l’a fit tomber, là où on l’a trouvée morte le lendemain matin et lui asséna des coups de couteau sur l’ensemble du corps, 123 d’après l’autopsie. Suite à ce témoignage, Madame la Présidente fit visionner le disque où ont été enregistrés les aveux. Pascal Jardin, là aussi donna une foule de détails horribles digne  d’un « petit monstre » comme Pascal Jardin devait  lui dire lui-même ors de son audition à Bordeaux.
Après l’audition de l’enquêteur et du visionnage du disque la président demanda à Pascal Jardin ce qu’il avait à dire. Sa réponse devait être la même depuis lundi matin en l’occurrence ce sont des faux aveux d’une part et que c’est la faute de son ex-femme d’autre part, afin d’espérer obtenir quelque indulgences des jurés dans la peine prononcée à son égard. Une attitude qui, une fois de plus provoqua la colère de Maître Didier Seban défendant les intérêts des parties civiles. Il semblerait toutefois que Pascal Jardin commence à sentir le vent mauvais venir qui sera peut-être confirmé par l’audience de demain vendredi.
Michel Chevalier

Notre compte rendu de l'audience de mercredi :
Cette troisième journée devait se dérouler par la continuation des auditions des différents témoins. Les amis et amies de Christelle Blétry avec lesquelles elle a passé sa soirée du 27 décembre 1996 ont continué de défiler à la barre. 
Il faut reconnaître que ces auditions, même si ces personnes sont apparemment les dernières à avoir vu Christelle  vivante, n’ont guère fait avancer le procès sur le chemin de la vérité. 
Banalités du genre « Ouais on était avec Christelle, on a regardé un filme à la télé, on a bu quelques verres et puis nous sommes tous rentrés à la maison. Non Christelle ne semblait pas inquiète à l’idée de rentrer chez sa mère seule et à pieds». 
Toutefois un seul témoignage parmi ces jeunes - dont vingt ans après la mémoire n’est plus très précise -, a déclenché quelques étincelles entre les avocats et l’avocat général lorsque ce dernier a posé la question à l’un deux : « En 2003 (ndlr 7 ans après les faits) vous avez été arrêté, interrogé, jugé et condamné pour tentative d’empoisonnement et violences envers votre femme. Pire encore vous avez été condamné pour avoir introduit un objet dans le sexe de votre enfant âgé de trois ans. Pourriez-vous nous en dire plus ?» 
Le témoin devait donner quelques explications fort brèves qui ne devaient pas satisfaire la Cour en expliquant qu’il ne s’entendait plus avec sa femme et qu’il l’a bousculée afin de quitter l’appartement. Quant au geste plus qu’odieux commis sur sa propre enfant il devait dire que pour lui il avait tournée la page et qu’il a refait sa vie. 
Cette dernière explication devait mettre un peu plus la tension chez les avocats dont l’un deux n’hésita pas à traiter ce témoin de pédophile. Deux autres témoins dont un fidèle client d’un des bars de la rue principale de Blanzy en rappelant qu’ils avaient vu passer devant l’établissement de boissons Christelle au moment où ce dernier baissait son rideau qui rejoignait visiblement son domicile vers 0 heure 45. 
Une question se pose si Christelle à 0 heure 45 se dirigeait vers son domicile comment a-t-elle pu se trouver selon les déclarations de Pascal Jardin au « Stop » de la bretelle de la RCEA ? D’autres témoignages dont certains experts nous apporteront un éclairage plus précis sauf si Pascal Jardin décide, enfin, de dire la vérité.
C’est toujours un Pascal Jardin, calme, égal à lui-même qui, dans le box des accusés, semble suivre un procès d’assises – son procès d’assises - dans la plus  totale indifférence de l’éventuel verdict qui risque de lui tomber dessus. Deux témoins, en l’occurrence les deux fonctionnaires de Police criminelle de Dijon, l’un ayant commencé l’enquête dès la découverte du corps de Christelle et l’autre ayant repris le dossier en 2003, sont venus expliquer comment ils avaient travaillé sur ce douloureux dossier. De l’exploitation des premiers indices, interrogation des témoins proches de Christelle particulièrement ceux qui l’ont vu pour la dernière fois sans oublier les appels à témoins lancés dans la presse locale relayé par les grandes médias nationales pour l’un et des investigations plus pointues dans le milieu familial lors de la reprise totale de l’enquête en effectuant du porte à porte....
Pour l’autre sans oublier les « suspects » nettement plus sensibles comme par exemple l’auteur de la lettre de menace qu’avait reçu Christelle. Malgré tous ces efforts les résultats sont restés négatifs jusqu’à la ra révision de tous les scellés et au progrès de la science qui a permis d’identifier Pascal Jardin par son identité génétique au travers de traces de sperme à l’intérieur de la petite culotte de Christelle. Nouvelle technique ADN qui en fin de journée a été largement expliquée par une experte en génétique.  Nouveau coup de martinet de Didier Seban, avocat des parties civiles à l’accusé qui se maintient dans sa version « Je ne savais pas ce qui se passait à Blanzy », malgré tout le battage médiatique et dont l’attitude commence sérieusement à irriter la Cour.
Michel Chevalier

Notre compte rendu de l'audience de mardi :
Pour cette seconde journée le procès devait commencer par l’audition du commandant de Police en poste à l’époque au commissariat de Montceau-les-Mines, Christian Pagani. Ce dernier devait confirmer la déposition du facteur qui avait découvert le corps le long du chemin qui borde l’étang d’Ocle. 
Il s'est dit particulièrement bouleversé par cette affaire qui à l’époque a fait la une de toute l’actualité. Il devait expliquer comment les services de l’identification criminelle sont intervenus ainsi que le magistrat de permanence. « J’ai immédiatement alerté mon ami le Docteur légiste Jean-Paul Guillemin » qui s’est chargé d’annoncer la triste nouvelle à la maman de Christelle après avoir confirmation de son identité grâce aux papiers qu’elle portait sur elle. 
La matinée devait se terminer par la lecture par Madame la Présidente du rapport du médecin-légiste montcellien aujourd’hui décédé. Il en ressort, hormis des détails techniques très pointus, que Christelle a été lardé de coups avec une arme pointue et tranchante particulièrement le cœur, l’aorte  et les poumons ce qui devait provoquer sa mort dans des conditions effroyables compte tenu des autres coups portés. 
Des coups portés, entre autres, sur les mains et les avant-bras qui prouve qu’elle cherchait à se défendre au mieux devant la barbarie de son agresseur. Cette barbarie devait être confirmée par le témoignage du Docteur Irène François-Pursell, médecin-légiste responsable du centre de médecine légale de Dijon. Cette dernière n’a pas effectué l’autopsie du corps de Christelle. Elle a été effectuée par le Docteur Jean-Paul Guillemin, médecin-chef du SMUR de l’hôpital Jean Bouveri de Montceau-les-Mines et médecin légiste. Ce dernier étant aujourd’hui décédé c’est le Docteur Irène François-Pursell qui devait commenter le rapport de son collègue. Toutefois la responsable de la médecine légale dijonnaise devait lourdement insister sur la gravité des plaies constatées soit 123 coups de couteau provoquant le décès de Christelle.
Maître Didier Seban devant la lecture de ce dossier devait interpeller l’accusé Pascal Jardin  en lui démontrant que ces versions des faits sont bel et bien la réalité donc pour l’avocat parisien l’auteur du crime et du viol. 
L’accusé a maintenu lui qu’il ne connaissait pas la victime, reconnaissant toutefois d’avoir eu un rapport sexuel, consenti ou pas la suite du procès nous le précisera, avec Christelle. L’audience devait se terminer par le témoignage des trois amis chez qui Christelle a passé la soirée du 27 décembte1996. Trois témoignages qui, visiblement, n’ont pas fait avancer ce lourd dossier.
Michel Chevalier

Notre compte rendu de l'audience de lundi :
Le 28 décembre 1996 Christelle Bletry qui avait rejoint ses amis pour passer ensemble la soirée ne devait jamais rentrer chez elle. 
Dès le lendemain matin, le samedi 29, lors de sa tournée le facteur chargé de la distribution de courrier découvre le corps de Christelle près de l’étang d’Ocle, elle avait 20 ans. 
Très vite cette nouvelle devait bouleverser la population de Blanzy, du bassin minier et de la région entière. D’après les premières constatations Christelle a été poignardé de 123 coups de couteau. Les enquêteurs ont interrogés toutes les personnes de l’entourage de la victime et procédés à de moult prélèvements mais à chaque fois les résultats ne permettaient pas d’identifier  l’auteur de cet horrible crime. Sa maman, Marie-Rose, devait en 1997 créée l’association « Christelle » afin que le dossier ne se referme pas d’une part et de rassembler les parents d’autres jeunes femmes également disparues en Saône-et-Loire d’autre part.
 

Trahi par son ADN

 
En 2004, un creusotin, Pascal Jardin est condamné par le Tribunal correctionnel de Chalon à un an de prison pour agression sexuelle aggravée et son ADN est prélevée. Lors de l’été 2014 il a été décidé de « relire » tous les scellés et d’en vérifier les traces ADN. Entre temps l’évolution des techniques de lecture des empreintes génétiques ayant évoluée ceci a permis de comparer les traces sur les vêtements et sous vêtements de Christelle et d’identifier de nouveau le creusotin Pascal Jardin, qui a 55 ans, a été interpellé le 9 septembre 2014 en son domicile des Landes. Mis en examen il livre des aveux complets mais se rétracte en reconnaissant une relation sexuelle avec la victime mais pas le crime. Il est incarcéré au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand.
 

Dans le box des accusés

 
Depuis ce lundi matin, Pascal Jardin est face à ses juges. Si la matinée fut consacrée à la mise en place des jurés d’assises tirés au sort et à l’appel des témoins le procès proprement dit devait commencer à 14 heures. Madame Caroline Podvin, présidente de la cour, rentra dans le vif du sujet en sommant l’accusé de commencer à commenter sa rencontre avec Christelle dans la nuit du 28 au 29 décembre 1996. 
Ce dernier devait déclarer que cette dernière avait frappé à la porte de sa voiture au « Stop » de la bretelle de la route express à Blanzy. « Elle monta car elle avait peur de quoi je n’en sais rien » devait dire l’accusé. Elle me demanda de ne pas rester à la lumière et l’on s’est arrêté à la sortie de la ville près du pont enjambant la RCEA en direction de Montceau. « Je ne la connaissais pas et je ne savais pas son nom ni son prénom » devait poursuivre Pascal Jardin « elle se mit à l’aise je me suis mis nu... Elle aussi et nous avons eu un rapport qui devait se terminer par une masturbation ». 
L’accusé devait affirmer que cette jeune femme se sentait désormais rassurée, elle fuma une cigarette puis descendit de la voiture.  « Je ne savais pas que c’était Christelle Blétry, ce sont les enquêteurs une fois arrêté qui me l’on dit  ainsi que son assassinat. Je répète que je ne suis pas le meurtrier de cette personne » devait clamer Pascal Jardin qui commence à recevoir les foudres de Maître Didier Seban, du barreau de Paris, avocat de l’association « Christelle ». Demain la présidente continuera son interrogatoire avec la question des aveux reconnus par l’accusé et de sa rétractation.
Michel Chevalier