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BEAUNE : La «tournure raciste» de la fusillade ne fait aucun doute

10/08/2018 20:47Imprimer l’article
À l’initiative du collectif de soutien aux victimes de la fusillade de Beaune du 30 juillet, un rassemblement populaire a eu lieu ce vendredi sur le lieu même de l'agression, en présence du président national de SOS Racisme. Les participants ont voulu dire «non» au racisme et à la violence.
Dans la nuit du 29 au 30 juillet 2018, à 4h30 du matin dans le quartier Saint-Jacques de Beaune (Côte-d'Or), de jeunes gens ont été la cible de tirs de fusil effectués par le passager d'une voiture. Alors que le procureur adjoint au parquet de Dijon, Thierry Bas, ne privilégie aucune explication, un collectif de soutien a été constitué pour mettre en avant la thèse raciste. Les victimes rapportent des propos xénophobes qui auraient été tenus par les agresseurs avant les coups de fusil qui les ont blessées.

Parmi les trois hypothèses citées dans son communiqué du 3 août 2018, le procureur adjoint place en premier dans la liste le «règlement de compte», suivi de l'«acte de vengeance» et enfin de l'«action à caractère raciste». Une façon de lister qui a ému les représentants du collectif ayant l'impression que le parquet ne tient pas assez compte de la parole des victimes dans cette affaire. Pourtant, le parquet de Dijon disait aussi que «des moyens importants tant sur le plan humain que technique sont déployés pour parvenir à une résolution rapide de l'affair ».

Rassemblement populaire pour soutenir les victimes


À l'initiative du collectif de soutien, plus de 150 personnes se sont rassemblées ce vendredi à 18h au city stade du quartier Saint-Jacques de Beaune. Alain Suguenot, maire de Beaune, était présent. Il a échangé avec les habitants et les militants associatifs sans prendre la parole publiquement.

Dominique Sopo, président national de SOS Racisme, avait fait le déplacement pour dire que «lorsqu'on n'a pas d'élément pour ouvrir l'hypothèse du règlement de compte, on ne l'évoque pas. Dire que c'est un règlement, finalement, c'est dire que ces jeunes sont des délinquants, c'est dire qu'ils ne sont pas que des victimes et qu'ils sont un peu responsables de ce qui leur est arrivé. C'est une deuxième violence qui leur ai faite après la violence qu'ils ont subie suite à cette fusillade». Des propos qui ont été très applaudis. Dominique Sopo a conclu son discours en apportant un message de soutien aux victimes et «à l'ensemble de ce quartier».

«On croit en la justice»


Par la suite sont intervenus Paul Garrigues pour la Ligue des  Droits de l'Homme, Abdella Haifi pour le Collectif contre l'islamophobie en France, Dieynaba Balde pour le comité SOS Racisme 21 ainsi que des habitants du quartier dont un adhérent de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme.

Le frère d'une des victime a dire être «sous le choc, c'est difficile. On croit en la justice, on attend des résultats. On aimerait bien que quand les jeunes relatent les faits, on les croit sur parole». Un propos ensuite appuyé par la sœur de William, qui suivait le rassemblement en visioconférence, et par Nadège qui a organisé un soutien sur les réseaux sociaux. À noter que dans le collectif de soutien, on compte aussi Attac, Ensemble 21, le Mouvement pour la paix, le NPA et l'Union juive pour la paix.

«Le parquet a été d'une réactivité exemplaire»


Samuel Estève, un des avocats des victimes, participait lui aussi à ce rassemblement. Il représente notamment William, sorti de l'hôpital onze jours après les faits : «il a été très gravement atteint. Il y a des blessés, physiquement et sur le plan psychologique. C'est une attaque extrêmement violente». Un second homme blessé sérieusement, Yassin, est toujours hospitalisé au CHU de Dijon.

Concernant l'enquête, Samuel Estève a tenu à préciser qu'«il y a un très gros travail qui est fait par le parquet et les services de police. C'est extrêmement sérieux comme travail. Je suis très optimiste. C'est une affaire excessivement grave prise très au sérieux. Le parquet a été d'une réactivité exemplaire». La préméditation des tirs pourrait amener à la qualification de «tentative d'assassinat».

«Il y a eu des injures racistes, ça ne fait aucun doute»


Interrogé par Infos-Dijon, Thierry Bas s'est dit étonné de la façon dont a été interprété son communiqué du 3 août : «le parquet de Dijon n'a jamais écarté la piste raciste. Au début de l'enquête, on s'est posé la question du mobile de la présence de cette voiture à Beaune à cette heure-là».

Pour le procureur adjoint, la voiture n'était sans doute pas là pour un «mobile raciste» même si, par la suite, les événements ont pris une «tournure raciste» : «il y a eu des injures racistes, ça ne fait aucun doute». Selon Thierry Bas, du fait des moyens déployés, l'affaire est en bonne voie de résolution rapide.

Jean-Christophe Tardivon

Communiqué du parquet annonçant ce vendredi soir l'arrestation de deux des auteurs présumés.



























 
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