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COTE-D’OR : 17 kilos de drogues découverts par les gendarmes, «une saisie significative»

14/03/2019 19:02Imprimer l’article
3,7 kg d’héroïne, 2,1 kg de cocaïne et 11,2 kg d’herbe de cannabis ont été trouvés dans le cadre d’une enquête qui a mené à 5 interpellations depuis trois jours. Quatre personnes de la Métropole dijonnaise ont été écrouées.
Les enquêteurs de la section de recherches de gendarmerie de Dijon ont découvert dans la nuit du 10 au 11 mars 2019, 3,7 kg d’héroïne, 2,1 kg de cocaïne et 11,2 kg d’herbe de cannabis dans le cadre d’une enquête sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de Dijon. Ils ont procédé à cinq interpellations en trois jours.

Eric Mathais, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dijon, a tenu ce jeudi après-midi une conférence de presse, en présence du colonel François Heulard, commandant la section de recherches de gendarmerie de Dijon, de Caroline Noirot, vice-procureur en charge des stupéfiants entre autres, et de la commandante de la compagnie de gendarmerie de Dijon, Emma Ardouin, ce jeudi 14 mars au palais de justice de Dijon, pour revenir sur cette affaire.

Une enquête depuis l'été 2018


Eric Mathais a commencé par une description des faits : «Une prise relativement importante a eu lieu ces derniers jours. Elle fait suite à un important travail d’enquête de la gendarmerie, de la section de recherches et de la compagnie de Dijon».
Les premiers éléments remontent à l’été 2018, quand la police municipale de Quetigny «informe de la présence d’un véhicule Audi suspect, qui fait des allées et venues». «On l’observe et on arrive à établir qu’il a fait un certain nombre de déplacements dans le sud et dans le nord, qui pourraient ressembler à des go-fast» raconte le procureur de la République. «La surveillance est alors accrue, avec un groupe de travail spécialement mis en place». Des écoutes téléphoniques ont également été menés.

Une voiture ouvreuse et un véhicule porteur


Le parquet décide alors, «pour donner tous les moyens nécessaires et utiles à la gendarmerie», de l’ouverture d’une enquête judiciaire en août 2018, puis d’une information judiciaire le 11 septembre.
«Dans le cadre de la surveillance, la gendarmerie se rend compte que, très vraisemblablement, un nouveau voyage se réalise le 7 mars en direction du nord de la France». Deux véhicules font partie du convoi : une Volskwagen Polo et une Renault Mégane.
Dans la nuit du 10 au 11 mars, les enquêteurs voient que les deux véhicules font le voyage retour avec le comportement typique d’une voiture ouvreuse et d’un véhicule porteur.

L'arrêt de trop sur une aire d'autoroute


Sur l’A31, les véhicules font un arrêt sur l’aire de repos de l’Obrion, à Loisy, dans la Meurthe-et-Moselle (54). «Réactivité et action de la gendarmerie : ils décident de procéder à l’interpellation du conducteur de la Mégane» : il s’agit d’un homme de 24 ans, né au Maroc, qui habite Quetigny. «La Mégane est le véhicule porteur, on le saura après car la Polo était repartie en ouvreuse» raconte Éric Mathais. «Ayant perdu la Mégane, La Polo fait demi-tour et revient sur l’aire, et deux personnes sont interpellées». Il s’agit d’un homme de 24 ans, né à Dijon, demeurant à Quetigny, condamné en 2014 pour trafic de stupéfiants et donc en situation de récidive légale, et d’un homme de 26 ans né à Dole, «qui se dit sans domicile fixe», et qui a déjà trois condamnations au casier, mais pour d’autres faits, et n’est donc pas en situation de récidive légale.

La drogue très bien dissimulée


Les enquêteurs cherchent alors la drogue, «très bien dissimulée dans une trappe avec un système d’ouverture électro-magnétique». Ils ont eu besoin de spécialistes pour la trouver, sous les pieds des occupants avant. Dans cette trappe, ils trouvent 3,7 kg d’héroïne, 2,1 kg de cocaïne.
Mais l’enquête se poursuit et une persquisition chez la petite amie d’un mis en cause permet aux enquêteurs de trouver 11,2 kilos de cannabis. «Ces trouvailles confirment les hypothèses de départ» appuie le procureur.

Deux autres personnes ont été interpellées, «qui ne participaient pas mais sont impliquées de notre point de vue» précise Éric Mathais. Il s’agit d’un homme de 33 ans habitant Chevigny-Saint-Sauveur, déjà 13 fois condamné, et d’un homme de 20 ans, habitant Dijon, une fois condamné.
Dans le cadre de leur garde à vue, ces cinq personnes ont été présentée depuis mardi à un juge d’instruction. Une personne a été présentée mardi, trois mercredi et la cinquième audition était encore en cours ce jeudi après-midi. Les quatre premières personnes ont été incarcérées, et «ne se sont pas vraiment exprimé sur les faits». La petite amie chez qui le cannabis a été retrouvé n’a, pour l’instant, pas été mise en examen.

Les suspects encourent 10 ans d’emprisonnement et 7,5 millions d’amende


Pour trafic de stupéfiants, les suspects encourent 10 ans d’emprisonnement et 7,5 millions d’amende, peine doublée en cas de récidive (ce qui concerne «au moins une personne»).
Pour association de malfaiteurs, la peine encourue est également de 10 ans. Diverses autres infractions ont été relevées.

«Ce dossier s’inscrit dans une ère résolue de lutte contre les stupéfiants du parquet de Dijon, sous l’impulsion de Caroline Noirot, avec la collaboration des douanes et de la police judiciaire» a conclu le procureur avant de céder la parole au colonel François Heulard. «Ce dossier a été mené depuis de nombreux mois» a-t-il ajouté, louant «l’engagement fort de la brigade de recherches de Dijon». Cette enquête «a abouti le week-end dernier à ces interpellations et saisies de stupéfiants. Une dizaine d’enquêteurs a été impliquée, et une cinquantaine pour la phase d’interpellations, menée par diverses unités d’interventions, de surveillance, et les enquêteurs de la section de recherche de Dijon».

Si elle ne constitue pas un record, cette saisie «significative par la quantité, la nature des produits et le mode opératoire», donne au procureur «bon espoir que ça porte un rude coup sur le trafic de stupéfiants sur l’agglomération dijonnaise et sur Quetigny en particulier». Le montant à la revente de cette saisie est estimé à environ 100.000 euros.
Nicolas Richoffer