vendredi 22 mars 2019
Avec notre vidéo de la manifestation.
Youth for climate Dijon a réussi à mobiliser environ 2000 lycéens et étudiants dijonnais à l'occasion de la grève et marche pour le climat ce 15 mars, suite à l'appel de Greta Thunberg.
Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
> Faits-Divers > En Côte-d'Or

GILETS JAUNES À DIJON : Sur 115 interpellations, 104 ont été traitées par la justice

01/02/2019 17:27Imprimer l’article
En écho à la conférence de presse commune du Préfet, Bernard Schmeltz, et du maire, François Rebsamen, le Procureur de la République de Dijon, Éric Mathais, est revenu pour Infos-Dijon sur le point de vue judiciaire des violences qui se produisent à Dijon chaque samedi depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes.
Éric Mathais établit un bilan chiffré du travail du parquet sur ces différentes affaires au cours desquels «115 suspects d’infraction ont été interpellés et entendus». Il et à préciser que le corpus des interpellations sur lequel se base le procureur n’est pas exactement le même que celui évoqué par la gendarmerie et la police ce jeudi (97 interpellations), car il inclut les manifestations lycéennes du mois de décembre, dans lesquelles il y avait des passerelles avec le mouvement des Gilets Jaunes.

«C’est régulier, et à un niveau assez rare»


Le Procureur commence tout d’abord par confirmer le constat : «Les manifestations, effectivement, se sont toutes accompagnées d’infractions, commisses soit au préjudice des forces de l’ordre, soit des collectivités, par la dégradation de mobiliers urbain, soit de particuliers. A chaque manifestation, sans faire d’amalgame, il y a eu des interpellations. C’est régulier, et à un niveau assez rare.»

Le représentant du ministère public fait état de 115 suspects «interpellés et entendus pour des infractions». «La justice s’est beaucoup mobilisée car sur toutes ces personnes, 41 ont été présentées immédiatement, dont 37 par les policiers et 4 par des gendarmes», ces quatre derniers en lien avec les événements survenus à la caserne Deflandre.

Avant d’entrer dans le détail du traitement réservé par la justice à ces suspects, Éric Mathais précise que les chiffres «parlent ensuite de dossiers et non plus de personnes» : les chiffres totaux ne correspondent plus non plus, car plusieurs personnes sont parfois incluses dans le même dossier :

Les chiffres du parquet de Dijon :


- 22 comparutions immédiates (dont certains comprennent plusieurs personnes).
- 5 convocations immédiates après garde à vue pour présentation ultérieure à un juge.
- 2 comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (une disposition selon laquelle le procureur propose une peine qui est validée immédiatement si le suspect reconnaît les faits).
- 11 présentations immédiates de mineurs devant le juge pour enfant (dans le cadre des manifestations lycéennes.
- Une personne a été présentée pour une ouverture d’information avec placement sous contrôle judiciaire.
- 63 autres personnes ont fait l’objet de convocations ultérieures.

«Chacun devra assumer ses responsabilités»


Tout ceci a provoqué une «activité intense» au tribunal. Le regard que porte le procureur, c’est qu’«il faut bien que tout le monde ait conscience que chacun devra assumer ses responsabilités. Manifester n’est pas commettre des violences ou des outrages».
Plusieurs relaxes ont également été prononcées, pour des infractions de «participations à un groupe violent» . «J’ai interjeté appel» précise le procureur, qui note qu’il y aussi eu «beaucoup de condamnations».

Les profils de gens croisés dans ces affaires est parfois celui de gens «qui n’ont jamais été condamnés, qui ont un travail, et qui, d’un coup, dans ce contexte, se mettent à faire n’importe quoi».
Sur l’exemple d’une personne de 60 ans interpellée pour un appel aux armes et qui, incrédule, avait répondu aux policiers que «tout le monde fait ça», le procureur de la République de Dijon a «le sentiment que parfois, les gens perdent de vue leur responsabilité personnelle au profit d’une pseudo-responsabilité de groupe. Non. C’est une mission du procureur que la loi s’applique en tous temps».

Des interpellations pensées pour que la justice puisse les traiter


Le 05 janvier, 25 personnes avaient été interpellées en fin de journée lors de l’acte 8. «Elles sont quasiment toutes convoquées» assure le Procureur de la République, qui avait fait en sorte que ça puisse être le cas. «Dès le début des événements, on s’est réuni avec l’autorité préfectorale en charge de l’ordre public, et j’ai demandé à ce qu’il y ait des techniques et une façon de travailler qui facilite les enquêtes et permette de mieux comprendre». Ainsi, sur 115 interpellations, la justice a pu donner donné une suite à 104 dossiers. «Ça veut dire que les enquêtes étaient bien faites et qu’on n’interpellait pas pour rien» conclut Éric Mathais.
(Le 18 janvier, le procureur avait communiqué sur les peines de prison ferme infligées à quatre hommes impliqués dans les incidents à la gendarmerie. A lire en cliquant ici).
Nicolas Richoffer
Photo archive N.R.

Cliquez pour lire notre compte-rendu de la conférence de presse 
du Préfet, Bernard Schmeltz, et du maire de Dijon, François Rebsamen
 
?>