vendredi 22 mars 2019
Avec notre vidéo de la manifestation.
Youth for climate Dijon a réussi à mobiliser environ 2000 lycéens et étudiants dijonnais à l'occasion de la grève et marche pour le climat ce 15 mars, suite à l'appel de Greta Thunberg.
Questions à...
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CÉCILE DUFLOT : «Les étés à 50°C à Dijon, c’est probablement pour 2050, mais l’extrême pauvreté, c’est maintenant»

13/03/2019 03:27Imprimer l’article
La Directrice Générale d'Oxfam France, ancienne ministre, donnait ce mardi soir une conférence sur le thème «Femmes et inégalités» à la maison des associations de Dijon.
Une soixantaine de personnes ont assisté ce mardi soir à la conférence de Cécile Duflot, Directrice Générale d'Oxfam France, à la maison des associations. Sur le thème «Femmes et inégalités», le Groupe Local d’Oxfam France à Dijon organisait cette conférence ainsi qu’une exposition qui dure jusqu’à samedi.

Cette exposition a pour but d’illustrer quelques-unes des nombreuses inégalités dont souffrent les femmes partout dans le monde, et c’est également ce que voulait montrer la conférence de l’ancienne ministre du Logement et de l'Égalité des territoires.

«On voit les inégalités dans tous les secteurs»


«Nous avons choisi de mettre en lumière plus particulièrement les inégalités liées au travail, dans les situations de migration, et les conséquences accrues du changement climatique sur la vie des femmes» a expliqué Emmanuel Soncourt pour le Groupe Local d’Oxfam à Dijon. «La grande fragilité des revenus des femmes est un phénomène universel, qui touche aussi bien les pays riches que les pays en voie de développement».

Cécile Duflot multiplie les exemples pour illustrer le fait que «si on prend tous les indicateurs et qu’on les regarde avec le prisme du genre, on voit les inégalités dans tous les secteurs». Et de citer «la surmortalité jusque dans les catastrophes naturelles», où les femmes sont les plus vulnérables. Elle rappelle que «les inégalités, c’est aussi en France. Plus d’un quart des mères de famille monoparentale vivent sous le seuil de pauvreté».

«Les femmes sont moins payées dès l’embauche»


Sur les salaires, «ont dit souvent que les femmes sont moins payées à cause des accidents de parcours professionnels, comme les interruptions maternité, mais avant, les femmes sont moins payées dès l’embauche, à diplômes égaux». Cécile Duflot rappelle aussi que les femmes sont plus sujettes que les hommes aux maladies professionnelles. «Ce sont des faisceaux d’indices, des exemples pour montrer que regarder par le prisme des inégalités hommes-femmes est très éclairant».

Sur les routes migratoires, les femmes sont particulièrement exposées aux violences physiques de toutes sortes, y compris sexuelles. Enceintes ou accompagnées de jeunes enfants, elles constituent une population fortement vulnérable. En pratique, cette vulnérabilité n’est souvent pas prise en compte dans l’accueil réservé aux migrants.

«Les femmes sont au coeur de la solution»


Le changement climatique touche plus fortement les femmes que les hommes. Les femmes sont moins mobiles que les hommes et peuvent moins facilement quitter les zones touchées par les sécheresses ou la désertification. Elles passent de plus en plus de temps à aller rechercher de l’eau ou du bois pour la cuisine, car ces ressources se raréfient. Les résultats de leurs cultures vivrières deviennent de plus en plus aléatoires.

Face au dérèglement climatique, il faut ainsi «tout adapter» et «les femmes sont au coeur de la solution», notamment par les cultures, dont elles ont souvent la charge dans les pays du sud.
«Chaque année, 26 millions de personnes tombent dans l’extrême-pauvreté du fait du dérèglement climatique. Les étés à 50°C à Dijon, c’est probablement pour 2050, mais l’extrême pauvreté, c’est maintenant. Les plus vulnérables sont les plus pauvres, qui basculent dans l’extrême pauvreté, et parmi eux, les plus vulnérables des plus vulnérables sont les femmes et les enfants».

Face au problème croissant de la surpopulation mondiale, Cécile Duflot rappelle, outre la nécessaire «diminution de consommation de viande rouge du fait de l’élevage intensif» que «plus les femmes sont éduquées, plus le taux de natalité baisse. On voit la différence d’une génération à l’autre quand on envoie les filles à l’école».

A l’issue de la prise de parole de Cécile Duflot, les collectifs «Ethique sur l’étiquette» et le collectif d’aide aux migrants et demandeurs d’asile ont été présentés.
N.R.
Photos Nicolas Richoffer


 
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