samedi 29 avril 2017
Questions à...
Dans une interview accordée à infos-dijon, la présidente de la Région Bourgogne - Franche-Comté donne sa vision de la future métropole dijonnaise et relève notamment, «il n’y a surtout pas un problème de concurrence entre la région et la future métropole».
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BOURGOGNE -FRANCHE-COMTE : L’oeil de Marie-Guite Dufay sur Dijon Métropole

07/04/2017 18:38Imprimer l’article
Dans une interview accordée à infos-dijon, la présidente de la Région Bourgogne - Franche-Comté donne sa vision de la future métropole dijonnaise et relève notamment, «il n’y a surtout pas un problème de concurrence entre la région et la future métropole».
Infos-dijon : Comment vous percevez vos relations à venir avec le Grand Dijon qui s’apprête à devenir Dijon Métropole et quelles seront les articulations de cette relation ?
Marie-Guite Dufay : «Si on parle d’articulation, elle est au centre de toutes les relations que nous construisons à tous les niveaux. La loi NoTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) pis donne des compétences qui sont en lien avec toutes les communautés de communes. Mais des métropoles, il n’y en a qu’une. Nous avons des aptitudes pour favoriser le développement économique des entreprises, assurer également leur écosystème, que ce soit en terme d’immobilier, d’investissement, de recherche ou d’innovation. Mais de manière générale, que ce soit pour une communauté de communes ou une métropole, on a à construire cette articulation, via la stratégie Stratégie régionale de développement économique (SRDE) votée en décembre dernier».

La loi a également prévu une sorte de «partage» des compétences, notamment au niveau du développement économique, avec la métropole dijonnaise…?
«Il y a le volet purement institutionnel mais il y a également un point très précis. La région a toutes les compétences sauf une, celle qui porte sur cette aide à l’immobilier d’entreprises. C’est une compétence exclusive des communautés de communes et donc, ici, de la métropole. Donc la région n’a pas à intervenir dans ce domaine. Si on doit le faire, c’est en complément, via une convention. Avec Dijon, il y a une habitude d’établir des partenariats, très dense, sur tous les projets, mais nous n’avions pas de conventions formelles. Si demain, il n’y a pas de convention, la région ne pourra pas intervenir sur le plan immobilier.
Ce sera donc aussi une occasion de se doter d’une stratégie partagée entre la grande région et la métropole sur ce qui fait le développement économique de notre région. Moi, je souhaite, au-delà de l’aspect institutionnel, que l’on se dote d’une stratégie partagée et que la métropole ne soit pas qu’une construction administrative. Car c’est un fait, c’est dans les métropoles que se fait la richesse, que se créent les emplois les porteurs de valeur ajoutée, que ce soit au niveau des ingénieurs, de l’enseignement supérieur, etc. Il est donc nécessaire pour la métropole de s’ouvrir, comme cela ne s’est pas fait jusqu’à maintenant, aux villes moyennes pour constituer une sorte d’’hinterland’. Comte tenu que la région est une grande zone à faible densité démographique, la métropole a intérêt à renforcer ses relais, et d’établir des partenariats avec Besançon, qui ne seront pas les mêmes qu’avec la Communauté Le Creusot-Montceau».

«Pour nous, ce n’est pas une révolution»


Sur quels dossiers précis la région et la métropole auront à travailler ensemble?
«La Cité Internationale de la Gastronomie est un projet phare, porteur d’un rayonnement immense pour la région, donc Dijon est conscient de favoriser le rayonnement de l’ensemble de la Bourgogne - Franche-Comté. Mais pour nous, ce n’est pas une révolution car nous sommes complètement dans cette notion de conventions avec tous les territoires. Avec Dijon, au-delà du qui fait quoi, il y a donc une question institutionnelle, l’immobilier d’entreprises, et donc la question de la stratégie partagée sur les forces économiques, à organiser. Je prends l’exemple de la French Tech, avec une multitudes de start-ups à Dijon, Besançon, ou Chalon-sur-Saône, mais aussi dans le domaine de la santé, dans lequel Dijon et Besançon disposent d’atouts extraordinaires ! A Dijon, il y a les médicaments et à Besançon, le bio médical.
Il y a n’y a pas que les dossiers économiques, il y a aussi la culture. Car je rappelle qu’un quart du budget culture de la région va à Dijon. Je pense donc à l’orchestre symphonique de Bourgogne - Franche-Comté , le renforcement des SEM, etc.
Il y a aussi le le projet de la cité de l’économie autrement, qu’on appelle aussi la cité de l’autre économie. Elle va rassembler tous les acteurs de l’Economie sociale et solidaire (ESS). Elle sera à la fois une vitrine, un centre d’affaires, un lieu de consommation pour les circuits courts».

«Dijon a besoin de la grande région et la région a besoin d’un réseau de villes fortes»


Vous dites souvent que la métropole est un plus pour une région, comment cela se traduit-il?
«Ce sera un plus pour la région quand l’écosystème métropolitain sera constitué. Ce sera un plus quand elle ira au-delà de la structure administrative, quand les gens extérieurs à la région qu’il y a un fait métropolitain, qui capte les talents extérieurs et qui fait en sorte que nos talents, restent. Les relations entre les services du Grand Dijon et ceux de la région doivent également pour passer à un stade supérieur. Plus on se parle, plus la productivité entre les collectivité est meilleure et mieux c’est».

La métropole pourrait-elle devenir un contrepouvoir face à la région…?
«Non ce ne sera pas un contrepouvoir, ce n’est pas le type de relations que nous avons développé jusqu’à maintenant. Dijon a besoin de la grande région et la région a besoin d’un réseau de villes fortes. Il n’y a pas une once de concurrence mais il faut qu’il y ait coopération entre Dijon et le reste de la région».

Comment percevez-vous les négociations à venir entre Dijon Métropole et le Conseil départemental de Côte-d’Or, qui s’annoncent pour le moins compliquées…?
«Je ne suis pas dedans et je n’ai pas à percevoir. Nous avons eu, dans le cadre des transferts de compétences des départements à la région, des négociations délicates et difficiles sur le transport scolaire. Je comprend donc les crispations de part et d’autre entre François Rebsamen et François Sauvadet».

Propos recueillis par Bruno Lédion