mardi 12 décembre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
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LEGISLATIVES : Les candidats PS insistent sur leurs valeurs de justice sociale pour partir en campagne

18/05/2017 19:26Imprimer l’article
Le Cellier de Clairvaux était le théâtre mardi de la soirée de présentation des candidats du Parti Socialiste. La surprise est venue de Sladan Zivkovic (1ère circonscription), dont le suppléant est Emmanuel Debost, qui était «En Marche» pour la présidentielle.
C'était une soirée simple, sans strass ni paillettes en cette période difficile pour le PS, mais avec un esprit conquérant pour fil rouge des différentes prises de paroles, et Antoine Hoareau, le secrétaire de la section de Dijon, pour maître de cérémonie. Au cellier de Clairvaux, le Parti Socialiste organisait mardi soir la présentation de ses candidats pour les législatives. Sans gros suspense, puisqu'ils étaient connus depuis bien longtemps pour la plupart, mais avec tout de même un joli coup dans la 1ère circonscription, puisqu'on a pu découvrir le suppléant de Sladana Zivkovic en la personne d'Emmanuel Debost, médecin à Plombières-les-Dijon, et surtout «En Marche» lors de la campagne présidentielle.

«Le socialisme n'est pas qu'un doux rêve»


«Oui, je suis En Marche» a-t-il lancé durant sa prise de parole. «Mais mes valeurs sont socialistes. Nous devrons avoir un parlement d'ouverture pour gouverner». Auparavant, sa candidate titulaire, Sladana Zivkovic, était revenue plus longuement sur le sens de son engagement. Sa découverte de la politique auprès de Didier Mathus, à Montceau-les-Mines, où elle a vu que «le socialisme n'est pas qu'un doux rêve». «C'était la fermeture des mines et j'ai vu un élu qui s'est battu pour un bassin de reconversion, avec une transition finalement réussie». Puis son premier engagement en tant qu'élu est venu avec François Rebsamen, le maire de Dijon qui écoutait sa protégée, assis au premier rang. «J'ai vu avec ces deux hommes politiques qu'on pouvait changer la vie des citoyens. Ainsi, avec Emmanuel Debost, mon binôme, nous défendrons le progrès, les réformes, mais toujours dans la justice sociale. La justice sociale n'est pas incompatible avec la modernité. Je veux participer à la réindustrialisation de la France en accompagnant les entreprises sur la voie de la modernisation et de la transformation de leur modèle par le numérique». Mais dans la justice sociale, donc «en étant vigilant à ce que les relations au travail ne soient pas dérégulées à outrance : le bien-être au travail et la formation professionnelle sont des instruments actifs de la réduction des inégalités de pouvoir d'achat, et donc de croissance».

«Soutenir les pôles d'innovation comme Agronov»


La candidate n'oublie pas l'agriculture pour autant, en particulier l'agroéconomie et l'agroécologie, en insistant aussi sur sa volonté de «soutenir les pôles d'innovation comme Agronov. Et de conclure : «Fidèle à ma filiation sociale-démocrate, je partage pleinement le projet de notre nouveau Président sur la volonté d'une Europe refondée et le renouvellement des hommes et des femmes engagées».
De son coté, Pierre Pribetich n'a pas caché son ambition : remporter la deuxième circonscription. «Il faut y améliorer la solidarité entre ville et campagne, et mettre l'accent sur le réinvestissement européen, afin de rendre l'Europe plus sociale». Pierre Pribetich compte également appuyer le projet de Benoît Hamon pour la transition écologique et économique, à savoir «un plan d'investissement de 1000 milliards d'euros au niveau européen».

«Il faudra faire preuve de vigilance»


Anne Dillenseger, dans la 3e, a rappelé qu'elle était candidate «grâce à la confiance de François Rebsamen et par le vote des militants», mais aussi dans un «devoir de loyauté envers le PS, qui n'a pas été tenu durant ce mandat», en référence à la position de frondeuse de la députée sortante, Kheira Bouziane, qui a choisi de se représenter sans l'investiture socialiste. «Nous avons tous, ici, voté Macron au deuxième tour, mais pas pour lui signer un chèque en blanc, ni pour s'opposer systématiquement à lui. Il faudra simplement faire preuve de vigilance.» Et d'ajouter que «les militants ont été trop abandonnés durant le précédent mandat, d'où l'importance de discuter et d'écouter. C'est pourquoi je créerai une commission de circonscription, composée de citoyens tirés au sort mais aussi d'élus, qui permettra de décider ce que l'on fera de la réserve parlementaire. Celle-ci est de 130.000 euros, il n'est pas normal qu'une personne seule décide de ce qu'elle fera d'une telle somme !»

«La réussite à gauche de la majorité présidentielle»


Anne Dillenseger a conclu son intervention sur le thème de l'éducation, avec une proposition allant plus loin que celle du Président : «Je veux 12 élèves par classe du CP au CE2, sans distinction d'écoles, car moins il y a d'élèves et plus il est facile pour tous d'acquérir les fondamentaux». Patrick Molinoz (4e circonscription) et Jérôme Flache (5e) ont également exposé leurs projets pour leurs territoire avant que Michel Neugnot, le secrétaire départemental, ne donne le mot d'ordre général : «La campagne sera difficile, et il faudra faire preuve d'une volonté commune qui s'appuie sur un contrat clair : la réussite à gauche de la majorité présidentielle».
François Rebsamen acquiesçait enfin, rappelant qu'«on ne peut as fonctionner sur la base du parti unique. J'avais plaidé pour une coalition comme en Allemagne, ou les partis travaillent ensemble sans qu'on ne leur demande de se renier, mais ça n'a pas été possible. Le PS a une histoire, et on ne doit pas la laisser gommer d'un trait de plume !» Le maire veut refuser les «divisions stériles» car «aujourd'hui, nous ne sommes pas sûrs que la droite ne remportera pas ces élections. Nos candidats portent de belles idées de justice sociale et il faut les aider. Si on ne fait pas la campagne, on ne la gagnera pas ! Alors soyons nous mêmes et ne nous laissons pas impressionner».
N.R.


Les cinq candidats socialistes aux législatives, de gauche à droite Sladana Zivkovic (1ère), Pierre Pribetich (2e), Anne Dillenseger (3e), Patrick Molinoz (4e) et Jérôme Flache (5e)