mardi 30 mai 2017
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Dans une interview accordée à infos-dijon, la présidente de la Région Bourgogne - Franche-Comté donne sa vision de la future métropole dijonnaise et relève notamment, «il n’y a surtout pas un problème de concurrence entre la région et la future métropole».
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Les réactions à la nomination d'Edouard Philippe, Premier Ministre d'Emmanuel Macron

16/05/2017 09:06Imprimer l’article
MISE A JOUR : Avec la réaction d'Alain Suguenot, député-maire de Beaune.

Retrouvez également les déclarations d'Alain Juppé, de Jean-Luc Mélenchon et de Bernard Accoyer, de Kheira Bouziane, députée de Côte-d'Or et candidate, et de François Sauvadet, vice-président de l'UDI et président du Conseil Départemental, ainsi que de la CPME 21.
Edouard Philippe a été officiellement nommé Premier Ministre par Emmanuel Macron. Le Secrétaire Général de l'Elysée, Alexis Kohler, en a effectué l'annonce ce lundi 16 Mai, à 14h53, sur le perron de l'Elysée. Maire du Havre, Edouard Philippe est un proche d'Alain Juppé.
Le choix d'Emmanuel Macron est évidemment de nature à dépasser les clivages et à imprimer une nouvelle forme de gouvernance. Emmanuel Macron, à la recherche d'une majorité qu'il espère obtenir absolue au soir du deuxième tour des élections législatives, le 18 juin prochain, souhaite évidemment élargir le champs de sa majorité.

Alain Juppé ne veut pas «d’opposition systématique» en cas de défaite de la droite aux législatives

«Edouard Philippe est un homme de talent, apprécié par sa ville, un député qui connaît les rouages de l’activité parlementaire. Il a toutes les qualités pour exercer la mission que le Président de la République lui a confiée. Je lui souhaite bonne chance. Pour les élections législatives, je soutiendrai les candidats investis par mon parti Les Républicains et par l’UDI. C’est à l’issue des législatives qu’il conviendra de fixer notre ligne. Si nous ne sommes pas majoritaires, les Français ne comprendraient pas que nous soyons en opposition systématique».
A.B.

Jean-Luc Mélenchon parle de «danger pour le pays»

«La droite vient d’être annexée avec un 1er ministre de ses rangs. Le Parti Socialiste a été absorbé et les électeurs du Front National sont abandonnés, leurs chefs ont tous désertés. Dorénavant, il ne reste qu’une force d'opposition, c’est la France Insoumise. Et je dis aux Français : ne donnez pas une majorité absolue à Monsieur Macron. Une cohabitation est nécessaire. C’est un attelage hasardeux qui vient d’être constitué. Il est dangereux pour le pays. Ne donnez pas les pleins pouvoirs à Monsieur Macron».
A.B.

Bernard Accoyer demande à Edouard Philippe de sortir de l’ambiguïté

«Nous prenons acte de la nomination d’Edouard Philippe. C’est une décision individuelle, ce n’est pas un accord politique. Nous sommes dans le temps législatif. La clarté doit supplanter l’ambiguïté. Celle du programme, de la campagne. Ce Premier Ministre soutiendra-t-il les candidats En Marche ou bien ceux de sa famille politique (Les républicains). Il n’est pas question d’exclusion».
A.B.

Kheira Bouziane-Laroussi, candidate à l’élection législative sur la 3e circonscription de Côte-d’Or, parle d'une «marche arrière»

Je prends note de la nomination par le Président de la République de Monsieur Edouard Philippe au poste de Premier Ministre.
Je regrette ce choix d’un membre du parti Les Républicains, élu à de nombreuses fonctions et au parcours très classique, qui relève d’un simple calcul politique.
Je rappelle qu’au sein de l’opposition de Droite, Monsieur Edouard Philippe s’est opposé, comme Député, à la plupart des grandes avancées de progrès menées par notre majorité ces cinq dernières années.
Il n’a par exemple pas voté les lois pour la Transparence de la vie publique, la Biodiversité, l’Adaptation de la société au vieillissement, la Transition énergétique, le non cumul des mandats, l’Economie sociale et solidaire, le Mariage pour Tous, la Séparation des activités bancaires, le compte pénibilité, la mise en place du tiers-payant, ou encore l’Egalité Femme/Homme.
Cette nomination donne un aperçu des politiques qui seront mise en place.
Les élections législatives des 11 et 18 juin prochains trancheront donc l’orientation et les politiques d’un quinquennat qui commence par une marche arrière.

François Sauvadet, Vice-président de l'UDI, Président du Conseil départemental de la Côte-d'Or, dénonce une tentative hasardeuse de déstabilisation de la droite et du centre à l'approche des législatives

Après les atermoiements qui ont marqué la divulgation de la liste des premiers candidats investis par "La République en marche" en vue des législatives de juin, le nouveau Président de la République a visiblement connu quelques difficultés pour nommer son Premier ministre. C'est en effet avec plusieurs heures de retard sur l'horaire initialement prévu que le nom du nouveau locataire de Matignon a été dévoilé.
C'est d'autant plus surprenant que c'était devenu un secret de Polichinelle et qu'on savait depuis plusieurs jours que le poste allait revenir à Edouard Philippe, député-maire du Havre.
Ainsi, après avoir malmené le PS, Emmanuel Macron espère secrètement réserver le même sort à la droite et au centre. Voilà ce qui explique sans doute la nomination à Matignon d'un élu issu des Républicains.
Ce débauchage s'apparente toutefois à un pari hasardeux de la part du nouveau Président. Ce n'est pas faire injure à Edouard Philippe que d'affirmer qu'il n'est pas le représentant et porte-parole de la droite et du centre qu'est François Baroin.
Il s'agit ni plus ni moins qu'une aventure individuelle. Et pas un départ coordonné de la part de tout un pan de la droite et du centre.
Il est d'ailleurs étonnant de voir un Premier ministre qui va devoir soutenir des candidats de la majorité présidentielle aux législatives alors même qu'il a combattu leurs projets. Emmanuel Macron instaure une grande confusion sur la ligne de ce futur Gouvernement arc-en-ciel.
Je reste persuadé que, pour peser sur la politique qui sera menée, il est impératif de donner une majorité nette à François Baroin en soutenant les candidats LR-UDI qui ont un programme clair et un chef identifié.
Car je n'oublie pas qu'Emmanuel Macron souhaite la fin des départements ayant une métropole, ce qui va à l'encontre d'un nécessaire aménagement du territoire.

Benoit Willot, Président de la CPME Côte d’Or et Bourgogne-Franche-Comté et la CPME présentent leurs félicitations à Edouard Philippe

La Confédération des PME souhaite qu’il engage rapidement la France sur la voie d’une politique de bon sens en diminuant le poids de la sphère publique et en redonnant confiance aux acteurs économiques.
Les réformes sont possibles à condition de les inscrire dans un cadre général et de leur donner du sens. Si les normes sociales sont impératives il n’est pas acceptable, comme c’est le cas aujourd’hui, qu’elles découragent l’initiative. Les règles doivent donc être réorientées vers ceux qui prennent le risque d’entreprendre dans l’intérêt de tous.
Il appartiendra en priorité au Premier Ministre de mettre en œuvre les ordonnances voulues par le Président de la République, et ce afin d’agir vite. Réadapter le code du travail à l’emploi dans les PME est notamment une priorité pour libérer le formidable gisement de création d’emplois possibles.
Mais il est impératif d’entendre les demandes des chefs d’entreprise qui réclament de la stabilité. Qu’on cesse de changer sans arrêt les règles qui leurs sont applicables. C’est pourquoi, au-delà des ordonnances qui s’inscrivent dans un temps court, la CPME souhaite voir adopter une Loi cadre TPE/PME leur garantissant une visibilité sur la politique envisagée à leur égard durant le quinquennat qui s’ouvre. C’est sans doute là l’unique moyen de mettre fin à la "politique du zig zag" qui a trop souvent caractérisé l’action gouvernementale ces dernières années.
La CPME, pleinement consciente de la responsabilité qui est la sienne, entend être un partenaire loyal et constructif du nouveau gouvernement. En tant qu’organisation patronale représentative, elle portera la voix de ces artisans, commerçants, industriels, prestataires de services et professionnels libéraux auxquels 81% des Français déclarent faire confiance.
Si la France a besoin de grandes entreprises, de champions internationaux, elle ne peut se passer de petites entreprises. Qui ne sont pas, et il est utile de le rappeler, des grandes entreprises en modèle réduit. Le Premier Ministre ne peut, ni ne doit, l’oublier alors même qu’il est en train de constituer son équipe gouvernementale.

Pour Alain Suguenot, Député-maire de Beaune, «la boucle est bouclée»

La nomination d'Edouard Philippe à la tête du gouvernement d'Emmanuel Macron ne me surprend pas. Un rapprochement s'était déjà opéré entre des représentants du Parti socialiste et lui ces derniers jours.
Sa décision est purement individuelle et n'engage que lui. Il ne s'agit en aucun cas du signe d'une future coalition gouvernementale qui aurait l'assentiment des Républicains.
Le Président de la République disait vouloir renouveler la classe politique et choisit un homme passé par l'ENA, le Parti socialiste et les Républicains.
En quelque sorte, la boucle est bouclée. Et l'on voit bien aujourd'hui que le discours de M. Macron sur le "renouvellement"  n'était que de la communication et du marketing.
Monsieur Philippe se dit "homme de droite" mais applaudit au bilan de Bernard Cazeneuve, représentant de gouvernements socialistes qui ont plombé le pays comme jamais.
Je vois dans cette nomination une opération de déstabilisation à peine voilée de la droite et du centre et je regrette que M. Philippe se prête à ce jeu qui ne pourra en aucun cas permettre de sortir par le haut d'une situation catastrophique dans laquelle la France est plongée depuis cinq ans.