jeudi 19 septembre 2019
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DIJON : Le collectif Youth For Climate appelle à la grève scolaire pour le climat, le 20 septembre

06/09/2019 09:01Imprimer l’article
Le rendez-vous est donné sur la place Darcy le vendredi 20 septembre à 14h00 pour une marche revendicative. Le mouvement entend peser et influer sur les décisions prises par le Conseil départemental de la Côte-d’Or dans les collèges ainsi que sur celles du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté dans les lycées. L’appel est lancé en écho au mouvement Youth For Climate et à Greta Thunberg.
Communiqué du collectif Youth For Climate Dijon :

Chaque jour, les conséquences sont visibles. Chaque jour, notre planète Terre est mise à mal, bousculée, déréglée. Chaque jour, des forêts brûlent, au Brésil, en Afrique mais aussi dans nos parcs nationaux français. Cet été, nous l’avons vu, à l’autre bout du monde mais aussi tout près de chez nous. Il nous a frappé avec ces canicules d’ampleurs uniques, ces chaleurs qui font fondre le Groenland mais aussi nos glaciers français, ces sécheresses qui font de l’eau une rareté dont seul les plus riches ont accès. Tous les corps de métier vont être touchés et c’est là l’essentiel à comprendre.

Nous sommes tous attachés à la même corde, assis sur cette branche que nous scions. Si nous tombons, tout le monde tombera, c’est alors à chacun de prendre sa responsabilité personnelle. Sur cette planète Terre, chaque individu a un levier d’action et nous incitons chaque personne à actionner le sien pour ne rien regretter, agir au quotidien, changer son mode de consommation... Certaines personnes ont des leviers d’action plus importants et nous les appelons à agir, taper du poing sur la table, ne plus se
demander si cela va plaire ou non, ou simplement se demander si l’on va se faire réélire aux prochaines élections. Nous n’avons plus le temps de se cacher, de nier ou de critiquer une fille de 16 ans au lieu de s’attaquer au coeur du problème. Les solutions sont là, et nous sommes prêts à les mettre en place pour envisager un futur qui nous est volé devant nos yeux.

Notre avenir est en danger et nous la jeunesse ne pouvons rêver, on ne nous le permet pas. L’horizon est masqué par la brume, nous ne savons pas où mène la route sur laquelle nous sommes. Moi je veux rêver et nous tous aussi. Nous le disons parce que nous y avons droit comme tout le monde. Qui pourra prétendre que toi, moi la jeunesse n’a pas le droit à un avenir ? Que nous n’avons pas le droit de rêver à un avenir ? Qui ? Nous vous le demandons ? Qui nous empêchera de se battre jusqu’au bout pour vivre, survivre ?
C’est pourquoi, nous, mouvement Youth For Climate Dijon, apartisan et non-violent appelons à une mobilisation non-violente mondiale de la jeunesse face à la catastrophe climatique et environnementale en cours et à venir, le vendredi 20 septembre 2019.

Ce jour-là, nous ferons grève et marcherons pour défendre ces causes qui doivent être prises à bout de bras par chacun des citoyens de ce monde et en particulier les gouvernements et industriels. Étant donné les promesses non tenues par les responsables de cette situation, et les catastrophes qui s’annoncent, il est temps de se mobiliser une troisième fois partout autour de la planète avec ce mouvement d’ampleur historique qui a compté plus de 2 millions de manifestants dans le monde le 15 mars dernier et environ 200 000 personnes en France.
Nous demandons la déclaration de l’état d’urgence écologique, pour que plus aucune loi adoptée n’aille à l’encontre de l’écologie et accélère le réchauffement climatique. Nous demandons en résonance avec le mouvement international, une sortie des énergies fossiles, un arrêt des émissions de gaz à effet de serre et un changement de système.

Le mouvement Youth For Climate Dijon a décidé pour cette marche d’axer principalement les revendications sur les établissements scolaires qui sont des endroits, où chacun grandit et apprend à vivre. Au-delà des mathématiques, du français, et des sciences, nous apprenons à vivre en société, à se respecter, à vivre ensemble. C’est ici que nous nous formons et prenons nos habitudes. On y apprend à manger, à travailler, à s’organiser et envisager notre futur.
Chaque personne passe au moins 12 années de sa vie dans ces lieux. Lycéens, collégiens, écoliers, y passent des centaines d’heures chaque année, c’est pourquoi ces établissements se doivent de nous servir d’exemple. C’est pour engager un réel changement dans les établissements scolaires, qu’ils deviennent plus respectueux de l’environnement et des modèles de vie écologiques, tant par le cadre que par le fond avec un attrait particulier à une sensibilisation plus engagée qu’aujourd’hui, que nous avons décidé d’axer les revendications de la grève et marche du 20 septembre sur les collèges et lycées, administrés respectivement par le Conseil Départemental et le Conseil Régional.

Nous souhaitons engager des changements au niveau de l’alimentation, en demandant aux différents Conseils de mettre en place des plans antigaspillage [1] de grande envergure, introduire deux repas non-carnés [2] par semaine à l’horizon de la rentrée 2020, un contrôle des intervenants pour stopper les interventions des lobbys dans les écoles et un engagement fort chiffré pour faire consommer des produits plus locaux, plus respectueux de l’environnement, bénéfiques pour la santé et en priorité des fruits et légumes de saisons [3]. D’autres revendications portent sur la gestion des espaces verts, avec en particulier l’éco-pâturage [4], et la création de potagers [5].

Une autre grande partie porte sur l’éducation. En effet, les programmes, incluant les nouveaux, n’effleurent que partiellement le problème du réchauffement climatique. La sensibilisation est obligatoire pour former des jeunes avec une éthique, responsables de leurs actes pour la planète. Nous demandons d’offrir aux établissements la possibilité de faire venir des intervenants ou permettre à l’équipe pédagogique de sensibiliser les élèves à la crise climatique, en créant des campagnes d’affichage, des projets pédagogiques, des conférences ou des sorties autour du sujet. Les décisions prises dans les mois et année qui suivent seront déterminantes pour notre avenir. Il est donc essentiel que toutes les générations soient informées de la situation environnementale.

Les revendications présentées sont déjà en place dans plusieurs lycées et sont donc possibles et bénéfiques sur l’impact environnemental et le bien-être scolaire et moral des élèves. Nous demandons leurs généralisations dans les établissements scolaires de la région Bourgogne-Franche-Comté. Afin d’aider l'administration à effectuer ces changements et de permettre aux élèves d’y participer, des groupes d'élèves volontaires seront constitués et des collaborations avec des associations de réinsertion pourront être développées. Les étudiants pourront ainsi participer à la transition écologique de leur établissement en aidant au respect des revendications énoncées au-dessus et en échangeant sur des changements à effectuer dans leurs propres lycées. Notre volonté cette année est d'effectuer des changements concrets dans le fonctionnement des établissements scolaires et dans la connaissance de la crise écologique.

Le changement est obligatoire et nécessaire. Pour appuyer nos revendications nous effectuerons des vérifications chaque mois pour savoir où en est l’application des revendications et suivrons les avancements.
Le 20 septembre, pour chaque âme sur Terre qui est menacé par ce réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité, pour cette forêt amazonienne qui brûle, ces forêts partout autour de la planète qui brûlent ou sont détruites, pour toutes les populations autochtones menacées par les géants industriels, pour toutes nos revendications et toutes les autres causes, nous marcherons, nous ferons grève, avancerons ensemble main dans la main déterminés à combattre cette catastrophe. C’est ensemble avec toi, tes amis, ta famille que nous pourrons gagner ce combat et envisager un avenir viable.

Cette marche à Dijon, simultanée dans de nombreuses villes et de nombreux pays partira de la place Darcy à Dijon à 14h, le vendredi 20 septembre 2019, répondant à l’appel du mouvement Youth For Climate et Greta Thunberg. Afin de préparer au mieux les manifestants à la marche, de donner des conseils à chacun pour améliorer ses habitudes de
consommation et du quotidien lors de la marche, nous animerons un atelier le samedi 14 septembre à la salle Urbanalis, 4 rue du Pont des Tanneries, de 14h à 18h pour que ceux qui le veulent puissent venir faire leur.s pancarte.s.
Ce moment de convivialité est ouvert à tous et sera assuré par des membres du collectif de Youth For Climate tout au long de l’après-midi.

[1] Le gaspillage alimentaire, c’est 1?3 de la nourriture produite dans le monde, et 10 milliards de kilos en France chaque année (France Nature Environnement), il est donc important de réduire cette part de pollution indirecte. De nombreux plans sont mis en place dans les lycées de la région Bourgogne France-Comté mais pour la plupart ils ne portent que peu leurs fruits ou peu de communication est faite dessus.

[2] Manger de la viande n’est pas obligatoire tous les jours, même en période de croissance. Aujourd’hui dans les cantines françaises, nous mangeons deux fois trop de viande et de produits laitiers. En Bourgogne-Franche-Comté, seules quelques cantines (trois : Dambenois, Morteau, Auxonne) proposent un repas non-carné par semaine (enquête contributive de Greenpeace, 2017-2018).
L’élevage est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre et de 91% de la déforestation amazonienne. L’élevage est un désastre écologique. Les cantines scolaires se doivent d’être un exemple. Limiter sa consommation de viande et de produits laitiers, c’est réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et la faim dans le monde (la moitié de la production annuelle de nourriture est utilisée pour les animaux) et aussi faire découvrir de nouvelles habitudes alimentaires aux générations futures.

[3] Dans les établissements scolaires de france, les cantines font des efforts pour engager un réel changement dans les produits. Les produits servis ne doivent pas porter atteinte à la santé et endommager l’environnement, c’est pourquoi il faut en priorité des produits bio (sans pesticides, 95% de la vie des sols a disparu depuis 60 ans et de nombreux pesticides sont des CMR (Cancérigène Mutagène Reprotoxique). Il faut aussi privilégier les produits locaux qui permettent d’aider les petits producteurs locaux et empêcher les transports de produits qui font des milliers de kilomètres. Seuls des produits de saisons doivent aussi être livrés aux établissements, ils sont souvent importés de très loin, produits de manière industrielle et souvent à faible valeur nutritionnel (Tomates avec le gène qui stoppe le mûrissement et donc le développement des saveurs et des nutriments). Ainsi les élèves pourront découvrir des produit locaux qu’ils pourront retrouver au marché.

[4] L’éco-pâturage est une solution aux tondeuses qui génèrent de la pollution atmosphérique avec le rejet de gaz à effet de serre et la pollution sonore mais qui sont aussi coûteuses. Au lieu de tondre, les espaces verts des lycées pourront être tondus par des chèvres ou moutons en collaboration avec des paysans ou éleveurs locaux.
Ce mode d'entretien des espaces verts a déjà été adopté par plusieurs lycées et offre un effet bénéfique aux élèves avec la possibilité d'être en contact avec des animaux, aux éleveurs avec qui nous collaborons et aussi d’un point de vue financier. L’humain n’est pas la seule espèce vivante et apprendre à vivre avec les autres animaux est essentiel pour la construction du monde de demain en rapprochant l’être humain avec la nature.

[5] La création d’espaces de plantation est une solution sociale et économique. S’occuper de plantes comestibles peut être un passe-temps essentiel pour les élèves. L’école source de stress premier chez les jeunes peut offrir un moyen de s’en débarrasser par la création de potagers, jardiner devient un lieu qui permet d’apporter de nombreux bienfaits psychologiques et sociaux. Évidemment l'aménagement de potagers dans les lycées permet une nouvelle source d’alimentation des cantines scolaires et une source d’apprentissage pour apprendre à cultiver soi-même, toujours dans cette optique de découvrir des alternatives écologiques à notre mode de vie. La gestion des potagers pourrait par exemple se faire par les élèves mais aussi en collaboration avec des associations de réinsertions ou de personnes handicapées.