mardi 22 mai 2018
Questions à...
Médecin régulateur au Samu 21 et conseiller départemental, Christophe Avena décrit les difficultés des médecins régulateurs, confrontés à une augmentation continue des appels. Sans se prononcer sur le contenu de la conversation entre le Samu de Strasbourg et Naomi Musenga, il note une anomalie dans cette affaire, symptomatique d'un manque de médecins régulateurs.
> Opinion > Autres opinions

OPINION : «La Fontaine d’Ouche : Pour un quartier d’avenir !»

13/02/2018 11:23Imprimer l’article
Massar N'Diaye, Conseiller départemental du canton de Dijon 6 de Côte d’Or, réagit à la mise en œuvre de la Police de Sécurité au Quotidien, et au choix de ne pas l'installer à la Fontaine d'Ouche.
Communiqué de Massar N’Diaye, Conseiller départemental du canton de Dijon 6 de Côte d’Or :

Ce jeudi 8 Février 2018, Monsieur Collomb, Ministre de l’intérieur, présentait la mise en œuvre d’une promesse de campagne du président Emmanuel Macron : la Police de Sécurité au Quotidien (PSQ).

Ce dispositif prévoit ainsi plus de moyens dans les quartiers difficiles et de reconquête républicaine.

A ce titre, d’ici 2020, 60 quartiers vont expérimenter la police de sécurité du quotidien, avec notamment un renfort de 15 à 30 policiers et de nouveaux outils de travail connectés.

La ville de Dijon s’est, ainsi, intéressée à ce dispositif pour le quartier de la Fontaine d’Ouche. Mais, ce dernier n’a pas été retenu. Et, c’est plutôt une bonne nouvelle.

En effet, cette décision démontre, tout d’abord que la réalité délictuelle et insécuritaire de la Fontaine d’Ouche n’est pas celle qui se vend quotidiennement ni celle que certains aiment présenter. Mais, pour autant, il n’est pas question de balayer d’un revers de main l’existence d’incivilités, de nuisances à la tranquillité publique, qui sont, et nous pouvons le regretter une réalité partagée par de nombreux quartiers.
Il faut donc laisser le soin à la justice de sanctionner. La Fontaine d’Ouche n’a jamais été une zone de non-droit et cela tout le monde le sait !

Ensuite, cette non intégration à ce dispositif démontre les différences entre les qualificatifs «Quartier Prioritaire de la Ville (QPV)» et «quartier de reconquête républicaine». Il ne peut donc y avoir de lien de cause à effet.

Et c’est pour ces raisons que nous pouvons saluer cette décision. De plus, il est assez faux de penser que cette PSQ aurait résolu les difficultés du quartier.

La Fontaine d’Ouche doit, avant tout trouver les ressources pour se détacher de sa mention QPV. Elle doit avec l’action de tous relever les défis qui se présentent à elle pour devenir un quartier d’avenir.

Il est vrai qu’en 40 ans la Fontaine d’Ouche, qui fêtera ses 50 ans cette année, est passé d’un quartier sorti de terre à un QPV. A ce titre, nous constatons que les décisions prises, du milieu des années 90 à ce jour, n’ont pas porté leurs fruits.

Porter l’ambition de faire de la Fontaine d’Ouche un quartier d’avenir, nécessite une vision nouvelle de la définition d’un quartier. Elle suppose aussi que l’on se détourne d’une lecture passéiste tant notre société a évolué.
Nous ne retrouverons donc plus la Fontaine d’Ouche des années 70 mais nous devons compter sur l’expérience passée pour en faire un quartier de mixité sociale, un moteur économique d’un territoire qui bouge et un quartier d’ascension sociale.

Le projet d’une Fontaine d’Ouche du 21ème siècle est celui où l’urbanisme sera repensé pour un espace de vie partagé, ouvert et durable. Il nécessitera ainsi la démolition d’immeubles où la condition humaine s’y trouve attaquée.
Un quartier d’avenir ne peut parallèlement se construire sur la seule base de construction de nouveaux logements, ni sur l‘espérance de voir arriver de nouveaux habitants. Il doit pouvoir se construire sur des fondements économiques.

L’automatisation et la numérisation du travail ont déjà pour conséquence l’arrivée de nouvelles formes de travail plus collaboratives et partagées. Et la Fontaine d’Ouche peut devenir ce territoire expérimental pour fédérer les compétences, les intelligences et les expériences de ses habitants et celles de l’ensemble des dijonnais et des côte d’oriens.
La mixité sociale, ne se décrète pas, elle se construit. Et elle nécessite de l’audace. Celle qui arrive à faire cohabiter des gens si différents mais unis dans la réussite collective.

Un quartier d’avenir ne peut se déterminer sans tenir compte de nos aînés et des personnes en situation de différences. Il est cet espace où l’intergenérationnalité prend tout son sens tant en termes d’accompagnement médical que social. C’est aussi, un territoire qui fait des différences une richesse et une compétence pour chacun d’entre nous.

Changer l’image d’un quartier n’est pas chose aisée et elle nécessite la contribution de tous. Elle impose un changement de comportements et nous place comme les premiers acteurs du changement. Et c’est notre pouvoir d’agir qui influera sur les choix de demain.

Changer la Fontaine d’Ouche c’est regarder de l’avant et vouloir pour son voisin ce que l’on veut pour son enfant.

Et ce que l’on veut pour notre enfant c’est une société qui lui offre des perspectives d’avenir, qui traite d’égal à égal chaque citoyen quel que soit son sexe, son origine, sa croyance. Ce que l’on veut pour notre enfant c’est une instruction qui lui garantisse la réalisation d’un parcours scolaire (général, professionnel ou en alternance). Ce que l’on veut pour notre enfant, c’est qu’il grandisse dans une société qui lui apporte tous les ingrédients à sa réussite professionnelle, sociale, personnelle et citoyenne.

Les habitants de la Fontaine d’Ouche, la jeunesse de ce quartier ne doivent pas faire exception à cela. Ils doivent en être les acteurs et les bénéficiaires.

Pour cela, refusons la stigmatisation et osons une politique ambitieuse, collective et partagée au nom de chaque citoyen. Une politique que je porterai au département de la Côte d’Or dans ses compétences et dans son action.

Citoyennement.

Massar N’Diaye, Conseiller départemental du canton de Dijon 6 de Côte d’Or