mercredi 15 août 2018
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OPINION : Et si on faisait confiance à la France ? demande Alain Houpert

28/04/2017 10:01Imprimer l’article
Le sénateur de Côte-d'Or ne croit plus au Front Républicain et préfère faire confiance aux Français, qu'il juge conscients du danger FN.
Communiqué d'Alain Houpert :

Quelques minutes après les résultats du 1er tour des élections présidentielles qui a vu la déroute de François Fillon, le ballet a commencé, la consigne claire : il faut voter Emmanuel Macron ! Objet de toutes les vindictes et toutes les attaques durant la campagne, le candidat d’En Marche s’était transformé, par la grâce des urnes, en obscur objet du désir démocratique.

L’enjeu : «faire barrage» au FN.

L’histoire n’est pas nouvelle. Du «Front républicain» ainsi baptisé par Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1956 pour empêcher la victoire de Pierre Poujade aux législatives (qui ont vu l’entrée à l’Assemblée nationale de 52 députés dont un certain Jean-Marie Le Pen) et son apogée en 2002 avec la présence du même Le Pen au second tour des Présidentielles, au «pacte démocratique» de Michel Rocard en passant par le «cordon sanitaire» de 1987, empêcher l’accession au pouvoir des candidats Front National est devenu une pratique électorale commune. Est-elle aujourd’hui souhaitable ?
Je ne le pense pas.

Que l’on soit clair. Ce n’est pas l’aigreur de Jean-Luc Mélenchon au soir du 23 avril qui s’exprime ici, ni la déception de voir ma famille politique écartée du second tour : j’ai assez répété depuis la révélation des affaires Fillon combien j’étais certain que le candidat choisi par nos Primaires n’avait aucune chance pour éprouver la moindre déception. En revanche, je revendique un peu de lucidité.

La France a changé. La politique a changé. Il est fini le temps où les notables suivaient jusque dans l’isoloir le bon peuple pour lui guider la main jusqu’aux urnes. Il est fini le temps où le parti, ses militants et ses sympathisants, suivaient comme un seul homme les consignes dictées par un état-major omniscient au service d’un leader incontesté. Il n’y a plus de leader incontesté, plus de pouvoir pyramidal, plus d’élus pensant à la place des Français.

Nos concitoyens ont désormais à leur disposition des moyens technologiques et des sources d’informations infinies pour prendre connaissance, échanger, confronter les points de vue, éprouver les programmes des candidats. Ils sont de plus en plus conscients des ficelles plus ou moins subtiles utilisées par les stratèges en communication. Ils en sont de moins en moins dupes. Ils en sont, pour certains, profondément écœurés. Mais est-ce que ce haut-le-cœur signifiera forcément un vote contestataire, extrême, radical, bref un vote FN ? Je ne le pense pas. Je pense que les Français sont au contraire parfaitement lucides sur les enjeux et conscients des limites du programme de Marine Le Pen pour faire un choix éclairé sans qu’il soit besoin de leur fournir des torches. Faisons leur confiance.

Faisons leur confiance, et faisons-nous confiance ! Car après les Présidentielles les Législatives se profilent et que dirons-nous à nos électeurs ? Que le parti En Marche, plébiscité pour l’Elysée, n’a pas sa place à l’Assemblée nationale ? Faudra-t- il «faire barrage» à Emmanuel Macron au Palais Bourbon ? Soyons sérieux et laissons les Français choisir en conscience : notre combat, désormais, est de montrer sur le terrain, face aux Français, face à leurs difficultés et à leurs craintes que les réponses ne sont pas du côté des extrêmes mais dans les réformes et la volonté d’un avenir commun. Notre combat n’est pas de leur dicter leur avenir mais de satisfaire leur désir floué d’alternance dans un gouvernement de cohabitation. Agir au service des Français est finalement la meilleure consigne de vote : celle de l’exemplarité et de l’efficacité. C’est ainsi, et seulement ainsi, que nous regagnerons le crédit que notre famille politique a perdu. Les Français ont su sanctionner, ils sauront récompenser les élus à leur service : pour cela aussi, je leur fais confiance !

Alain HOUPERT
Sénateur de la Côte-d’Or