mercredi 15 août 2018
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QUETIGNY : L’escrime à portée de tous

17/05/2018 11:35Imprimer l’article
L’association Pluradys ainsi que des partenaires ont proposé cette année deux sessions de pratiques artistiques et sportives adaptées aux enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux. Ce mercredi en fin de journée, à la salle municipale des Huches à Quetigny, s’est déroulée une restitution de l’atelier d’escrime.
Pour la première année, deux sessions ont été mises en place par l’association Pluradys, qui poursuit un but : coordonner les professionnels hospitaliers et médico-sociaux sur la Bourgogne-Franche-Comté, les mettre en réseau afin d’améliorer la prise en charge des enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux, pour leur évolution dans la vie. Ces ateliers s'inscrivaient dans une volonté de proposer des activités et d'échanger avec les familles par la suite.
Avec la participation de l’UFR STAPS de l’Université de Bourgogne, la Ville de Dijon et le collège André Malraux, les arts du cirque (6-10 ans) et l’escrime (6-12 ans) étaient ainsi adaptés à des enfants pouvant présenter des difficultés de coordination motrice, de repérage dans l’espace ou bien d’autisme… Les sessions étaient ouvertes aux enfants de familles adhérentes ou non à l’association.

Accompagnement et intégration des enfants en difficulté


12 séances pour chaque atelier ont été programmées dans les locaux de l’UFR STAPS. Avec une restitution à chaque fin de cycle, devant les parents. «La finalité est aussi de montrer que l’intégration d’enfants en difficulté dans les clubs est possible», ajoute Julie Laprévotte, ergothérapeute, cofondatrice et vice-présidente de l’association, avec à ses côtés Mélody Foucault, directrice adjointe de Pluradys .
Maître d’armes à l’AS Quetigny, Nicolas Regnard fut l’enseignant en escrime durant ces douze séances. Formé à l’escrime adaptée l’année dernière via la Fédération française de la discipline, il parle d’une démarche qui lui tient à coeur : «Dès la saison prochaine, j’ouvrirai, le mardi soir de 18h00 à 19h00, une section spécifique pour les enfants disons handicapés ou en tout cas présentant des difficultés. Une section spécifique limitée à huit enfants (comme l'atelier porté par Pluradys). Mon objectif est, à travers la pédagogie adaptée, d’amener ces enfants la saison suivante à intégrer un groupe normal d’escrimeurs du club, avec l’idée d’une inclusion progressive en fait. Car les fondamentaux sont les mêmes. Les techniques sont simplement à adapter en prenant le temps et en travaillant beaucoup sur des images».
Sur les pistes tracées au sol de la salle municipale des Huches ce mercredi en fin de journée, le maître d’armes rappelait par exemple que chaque enfant détenait une «bulle de vie» à préserver au bout de son arme. Et pour les déplacements, il faisait référence à Astérix et Obélix : «En escrime, les deux pieds ne doivent pas se prendre l'un dans l'autre ni se toucher pour bien bouger. J’ai donc pris deux copains qu’ils connaissent tous, deux copains qui ne doivent jamais se rentrer dedans… Ils sont toujours à côté sans se toucher. Rien que le fait de prendre cette image aide les enfants à bien se déplacer».

Confiance en soi et épanouissement


Avant de se lancer sur les pistes, les enfants s’échauffent sur un parcours faisant appel à différents aspects de la motricité. Cette première partie des séances était élaborée par Pierre, Anthony, Luc et Clément, quatre étudiants en L3 STAPS cette année, avec comme spécialisation choisie Activités physiques adaptées et santé.
Un mini-stage très enrichissant pour eux : «C’était la première fois que nous intervenions en escrime. On a d’abord beaucoup appris sur la pédagogie auprès des ces enfants. C’est du concret et ces stages nous permettent vraiment de passer de la théorie à la pratique. Il a pu y avoir des ratés lors des premières séances dans la mise en place d’exercices qui étaient finalement trop compliqués pour les enfants, mais on s’adapte toujours. C’est aussi ce qui est intéressant, de voir que les enfants s’amusent. C’est un plaisir de les encadrer, un bon échange».
«Ça m’a donné super envie et c’était trop bien», lâche avec un sourire communicatif la jeune Quittrie, 11 ans, toute contente de dire qu’elle sait faire de l’escrime désormais. Juste avant la restitution, sa maman était déjà ravie de l’apport de ce stage sur les capacités psychomotrices de sa fille, «un stage bien plus adapté que dans d’autres lieux, avec un vrai travail d’écoute».
L’autonomie, la confiance en soi et l’épanouissement étaient aussi recherchés. «Elle y est allée avec beaucoup d’entrain, beaucoup de joie, et nous avons vu les progrès quand elle rentrait des séances», assure Axelle, ayant apprécié l’encadrement déployé sur cette session. Des ateliers sous cette forme seront sans doute renouvelés l’année prochaine par Pluradys.
Comme l’a confirmé son principal adjoint Grégory Bourcet ce mercredi, le collège André Malraux a réaffirmé la satisfaction d’avoir vu ses élèves s'engager sur le cross et courir cette année pour aider au financement de ces sessions. En retour, les enseignants de l’établissement ont bénéficié d'une sensibilisation à l'éducation des enfants présentant des troubles évoqués.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier