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RUGBY : Les Gazelles de Dijon, premières sportives d'un club en France à signer la charte de L’autre Cercle

03/12/2018 00:14Imprimer l’article
Le Rugby Féminin Dijon Bourgogne, autrement dit le club des Gazelles de Dijon, a fait ce dimanche un premier pas vers L’Autre Cercle, sur un engagement majeur à «accepter l’autre dans sa différence» au-delà de son orientation sexuelle et/ou de son identité de genre.
A La Grotte au stade Bourillot ce dimanche à la mi-journée, un repas était certes prévu entre les dirigeants du club de rugby féminin et ses partenaires à la suite de la signature.
Il n’empêche que tout ce monde présent à l’heure de cette signature témoignait d’un intérêt réel pour l’engagement, inédit localement et même nationalement puisque que le Rugby Féminin Dijon Bourgogne allait être le premier club sportif à parapher cette charte avec L’autre Cercle, une association de professionnels LGBT (Lesbienne Gay Bi et Trans, et leurs ami-e-s),  dont la vision est un monde professionnel épanouissant, inclusif et respectueux de toutes les personnes dans toute leur diversité quelle que soit leur orientation sexuelle ou identité de genre.

Les Gazelles pour «le bien vivre ensemble dans la diversité,

sans aucune forme de discrimination»


Dans son allocution, le président du club de rugby, Didier Foulont, a tenu à saluer tous ces partenaires et acteurs d’un tel engagement.
Pour lui, le RFDB confirme là sa volonté de promouvoir «le bien vivre ensemble dans la diversité, sans aucune forme de discrimination, dans le respect de soi-même, des partenaires et des adversaires». Et Didier Foulont poursuit dans cet état d’esprit : «Chacune ou chacun est unique et autrement. Pour gagner un match, réussir une vie, vivre en société, nous devons être pluriels dans la diversité».
Signer la charte ? C’est selon le président des Gazelles l’engagement «à créer un environnement inclusif pour les sportives, les sportifs, les collaborateurs, les collaboratrices de notre association, à veiller à une égalité de droits et de traitement entre toutes et tous au-delà des orientations et identités sexuelles ou de genre, à soutenir les victimes d’actes ou de propos discriminatoires, à mesurer les avancées et partager les bonnes pratiques pour faire évoluer l’environnement général sportif».

«Aujourd’hui, c’est un enjeu d’accepter l’autre dans sa différence,

même si cette différence peut perturber»


Le RFDB est bien le premier club sportif à être signataire de la charte. Le premier club sportif et la deuxième organisation sportive on peut dire puisque cette charte a déjà été paraphée par Tony Estanguet, en tant que membre éminent du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). C’est Catherine Tripon, porte-parole de L’Autre Cercle, qui a livré cette précision, pour bien saluer la démarche des Gazelles. Un démarche et un engagement «qui ne sont pas anodins» a insisté la représentante nationale de l’association ce dimanche.
Aborder l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans le milieu sportif, ce n’est qu’un début selon Catherine Tripon qui n’élude pas le développement de «propos sexistes, homophobes, racistes, antisémites et lesbophobes...». Elle lance alors : «Aujourd’hui, c’est un enjeu d’accepter l’autre dans sa différence, même si cette différence peut perturber. On a le droit de ne pas être à l’aise, mais nous n’avons pas le droit de maltraiter la personne parce que ça nous dérange».
La porte-parole de L’Autre Cercle l’affirme, la charte initiée par l’association est celle du respect avant tout, «une charte à faire vivre et à défendre, au nom de l’humanisme». Et accepter les différences, c’est quelque part les rendre visibles, dans le fait de permettre à celles-ci de s’exprimer.
«Je pense que nous sommes issus d’une génération qui a laissé faire les choses, où il était difficile d’accepter l’homosexualité», a admis Claire Tomaselli, adjointe au maire de Dijon déléguée aux sports, tout en s’adressant ensuite aux jeunes femmes du RFDB, aux éducateurs, aux dirigeants du club, afin de les encourager à «bousculer les mauvaises habitudes». Dans les vestiaires et dans les tribunes, contre les paroles et les actes discriminants.

«La vocation du sport, c’est s’épanouir, grandir, se respecter»


Ces questions pouvant encore générer des discriminations persistent, mais l’élue municipale croit aujourd’hui en une autre vocation du sport. «C’est bien sûr autre chose. C’est s’épanouir, grandir, se respecter». Claire Tomaselli est convaincue que cette mentalité sonne parfaitement au sein du RFDB : «On a des clubs où la performance fait oublier le reste… Avec les Gazelles, il y a la performance et il y a tout le reste».
Le souhait de la Ville de Dijon, ayant réaffirmé son rôle d’accompagner les clubs sportifs dans une telle démarche,  est aussi que cette première signature en appelle d’autres. Claire Tomaselli était ce dimanche midi accompagnée de Christophe Berthier, adjoint au maire de Dijon délégué notamment à la lutte contre les discriminations, et des conseillers municipaux délégués aux sports Jean-Yves Pian et Hyacinthe Diouf. Pour L’Autre Cercle, Catherine Tripon avait à ses côtés pour la signature Marc Lamonica, président de L’Autre Cercle en Bourgogne-Franche-Comté.
Le partenariat a été officialisé sous les yeux de représentants de l’Office Municipal des Sports et notamment par chaque joueuse de l’équipe première senior des Gazelles (ainsi que les membres du staff), dont le premier geste symbolique est le port d’un bracelet confectionné par leurs soins, pour respecter la diversité évoquée.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier






























 
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