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A l’issue d’une saison régulière historique en Jeep Elite avec la 3ème place au classement pour la JDA Dijon Basket et à l’approche du premier tour des playoffs, l’entraîneur Laurent Legname fait le point avec Infos-Dijon sur la réussite de son équipe ainsi que ses forces pour poursuivre l’aventure. Entretien.
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Laurent Legname, coach de la JDA Dijon Basket : «On a déjoué tous les pronostics»

23/05/2019 03:15Imprimer l’article
A l’issue d’une saison régulière historique en Jeep Elite avec la 3ème place au classement pour la JDA Dijon Basket et à l’approche du premier tour des playoffs, l’entraîneur Laurent Legname fait le point avec Infos-Dijon sur la réussite de son équipe ainsi que ses forces pour poursuivre l’aventure. Entretien.
«La saison n’est pas terminée». Ce sont les propos de Laurent Legname à l’heure de nous accorder un entretien ce mercredi en tout début d’après-midi, juste après l’entraînement de son groupe sur le parquet du Palais des Sports Jean-Michel Geoffroy.
La remarque est effectivement pleine de sens. Car si nous pouvons faire le point avec lui sur le bilan de la saison régulière, historique avec 23 victoires et une 3ème place à la clé, les playoffs débutent ce samedi pour l’équipe dijonnaise qui se prépare à affronter la SIG. Une équipe de Strasbourg qui n’a pas été épargnée par les problèmes, sur le parquet et même en coulisses, mais que Laurent Legname voit toujours telle une grosse cylindrée de Jeep Elite.
Du côté de Dijon, à la tête de l’équipe phare de la JDA Dijon Basket, le coach mesure le caractère exceptionnel de la saison jusque-là réalisée par son équipe, en appréciant une belle aventure à prolonger. Laurent Legname nous parle aussi des forces de son groupe et plus largement d’un club devant se donner les moyens de durer à ce niveau.
Pour le début des playoffs, rendez-vous ce samedi soir au Palais des Sports. Coup d’envoi à 20h30.

Que dire d’une saison régulière historique pour la JDA Dijon Basket ?

«Comme vous venez de le dire, elle est historique. Il n’y a pas d’autre mot ou grand chose d’autre à dire. C’est tout simplement fabuleux. Il y a les deux ogres devant nous, l’ASVEL et Monaco, et puis avec notre petit budget, notre 13ème masse salariale, on est 3èmes, dans un championnat très dense. On termine avec 23 victoires en 34 matchs (23v-11d), en ayant joué en coupe d’Europe durant de longs mois avec un effectif de 9 joueurs (Champions League de début octobre à début février). Je pense que les gens se rendront vraiment compte de cette belle saison avec le recul, dans quelques années. Ils se diront qu’effectivement, cette saison était grande.»

Conclure le championnat sur une série de 7 victoires consécutives, est-ce le signe que la bonne dynamique est trouvée au meilleur moment pour préparer les playoffs ?

«On savait en tout cas qu’après le match perdu contre Monaco à domicile (81-84 le 14 avril), il fallait encore gagner des matchs pour être en playoffs parce qu’on était à 16 victoires et qu’il en fallait au moins 19 ou 20. Et il en fallait finalement 20.
On a pris les matchs les uns après les autres en ayant cet objectif. On voulait ensuite l’avantage du terrain et ça s’est fait. Maintenant, cette série de 7 victoires n’est pas une fin en soi. C’est sûr qu’il faut mieux gagner que perdre, mais on sait bien que ça ne veut plus rien dire quand débutent les playoffs. Il faut se reconcentrer sur un nouveau match samedi et oublier cette série de victoires, même si elle nous a permis d’aller en playoffs et d’avoir l’avantage du terrain on l’a dit.»

Obi Emegano s’est illustré lors du dernier match en scorant 27 points en 26 minutes de jeu… L’exemple d’une rotation aussi importante que le cinq majeur ?

«C’est la philosophie depuis que je suis coach. Tous les joueurs ont un rôle important dans l’équipe. Cette saison, on tourne à 9 joueurs avec des temps de jeu intéressants pour tous, car tout le monde a le droit d’apporter son écho offensivement et défensivement. C’est ce qui fait la force de cette équipe : chacun a compris son rôle et chacun est à fond dans son rôle, avec une entière confiance de ma part quand tel ou tel joueur est sur le terrain. En attaque comme en défense, chacun apporte ses qualités, et elles sont différentes. Cette fois-ci, c’est Obi qui marque 27 points, mais d’autres se sont distingués au cours de cette saison.»

Votre rotation à 9 joueurs n’est-elle pas toutefois un peu courte dans des matchs très relevés ?

«On a vu dans la saison qu’on a eu des pépins, en étant obligés de jouer à 8 voire à 7. C’est sûr qu’avec deux matchs par semaine comme en période de coupe d’Europe, ça pouvait vite se compliquer en cas de blessés. Mais sinon, 9 joueurs, ça suffit pour moi.
Avoir un joueur de plus n’est pas neutre c’est sûr mais avoir 10 joueurs amène à un autre management, car on peut arriver à une situation où tous veulent du temps de jeu donc c’est différent. On fait aussi avec la masse salariale que l’on a mais à 9 joueurs, sans blessure, c’est très bien. Et en cas de blessure, ça permet aux autres de faire les efforts, et on l’a vu durant la saison avec une rotation à 7 ou 8. On arrive aujourd’hui en playoffs avec les 9 joueurs opérationnels et c’est tant mieux.»

La SIG est votre adversaire au 1er tour de ces playoffs. Comment voyez-vous cette équipe que vous avez battue à l’aller, mais qui a su prendre sa revanche (en Leaders Cup et en championnat) ? Une équipe qui doit apparemment faire face aussi à des problèmes en interne ?

«Il faut tout oublier. Je n’ai pas spécialement suivi cette équipe tout au long de l’année mais ce que je sais, c’est qu’elle fait toujours partie des gros du championnat avec l’ASVEL et Monaco.
Cette équipe de la SIG reste au rang des favorites, avec son budget et tous ses éléments dominants ou qui peuvent l’être : Youssoupha Fall à l’intérieur qui est déjà une arme très importante, des joueurs comme Mike Green, Mardy Collins, Quentin Serron, Jarell Eddie… Il y a un effectif de 12 joueurs, 11 joueurs avec la blessure de Nicolas Lang malheureusement pour eux, mais leurs éléments sont interchangeables. C’est une grosse armada et c’est nous le petit poucet.
On ne devrait peut-être pas être invités à cette fête des playoffs mais encore une fois on a déjoué tous les pronostics et on y est. On va évidemment tout donner pour essayer de continuer la belle histoire».

On a coutume de voir les playoffs comme une autre compétition, une nouvelle compétition agrémentée d'un surplus d’intensité. Comment faire pour que votre équipe, auteure d’une saison exceptionnelle, élève encore son niveau ?

«Il faut rester sur ce qu’on sait faire. Quand on joue les matchs à 200 %, on ne peut pas aller au-delà. Il faut continuer sur ce qui nous a permis d’être 3èmes… C’est notre défense, notre intensité, notre jeu offensif, donc essayons de ne rien changer, sans se prendre la tête.»

La SIG a donc éliminé la JDA Dijon en Leaders Cup (79-89 le 15 février)… Plus largement sur la saison, avez-vous des regrets de n’avoir pu ou su faire plus, aller plus loin, dans les autres compétitions que votre équipe a disputées ?

«Non. Si on a été éliminés au premier tour de la Leaders Cup et en quarts de finale de coupe de France, c’est juste qu’on le méritait. Oublier, c’est là l’essentiel. Comme il faut oublier notre victoire contre Strasbourg de 25 points à domicile (80-55 le 13 janvier).»

Sur les 34 journées de Jeep Elite, votre équipe est la meilleure défense (74.9 points encaissés par match), mais la 11ème attaque (81.2 points marqués par match). Ce rapport est-il à réajuster ou est-ce pour vous un bon équilibre ?

«Je suis là avant tout pour gagner des matchs, et je sais qu’à haut niveau, quand on a moins de moyens que les autres, ça passe par la défense. Elle permet de resserrer une équipe, de créer un état d’esprit, de s’appuyer sur elle quand ça ne tourne pas en attaque. Je le répète, la défense est notre meilleure amie pour gagner le plus de matchs possible et je suis très fier que l’équipe finisse avec la meilleure défense du championnat. C’est une preuve de l’intensité et du travail que l’on a réalisé tout au long de la saison. Les joueurs sont récompensés par cela. Notre défense a permis de gagner plusieurs matchs et de pouvoir mettre en place du beau jeu offensif, sur une base solide.»

Concernant votre effectif, l’opération de prolonger David Holston était-elle LA priorité de la saison ?

«C’était l’une des priorités c’est sûr. Il fait une saison de MVP et il l’a été, très logiquement élu (lire par ailleurs en cliquant ici). On sait que notre relation est forte et privilégiée. Le fait que je reste à Dijon a sans doute aussi influencé sa décision et, de plus, le fait qu’il se sent bien à Dijon, que le projet du club lui plaît, que nous allons encore jouer une coupe d’Europe l’année prochaine. Tous ces paramètres sont rentrés en ligne de compte et je pense qu’il a voulu privilégier ce contexte, où il a progressé, où il s’épanouit, pour prolonger sa carrière ici et c’est bénéfique pour nous, pour la JDA Dijon Basket. Pour ce qui est de tout l'effectif, il n'est pas l'heure de parler des départs ou non.»

Cet exemple est-il un espoir de se dire que le club peut durer à ce niveau et être attractif, malgré une petite masse salariale ?

«Non et c’est là où ça devient un vrai problème car ça fait plusieurs années qu’on réussit l’impossible mais à long terme ça ne peut pas durer. Il faut que le club arrive aussi à se développer économiquement et à présenter une masse salariale qui soit quand même plus en adéquation avec nos résultats sportifs.
On sait que le président travaille en ce sens. Le projet de l’Aréna va dans ce sens-là, mais c’est sûr qu’on a besoin d’avoir un peu plus d’argent parce tous les autres clubs progressent eux aussi, et la majorité progresse plus vite que la JDA…
Comme je l’ai dit, dans plusieurs années, les gens se retourneront en disant que nos résultats étaient extraordinaires, mais pour pérenniser les performances, on ne peut pas juste se dire que les miracles vont arriver chaque année même si on en fait depuis deux ans.»

Votre prolongation (à l’issue de la saison dernière et jusqu’en 2021) est le signe que vous croyez au projet, non ?

«Bien sûr, j’y crois. Quand on parle du projet, j’ai confiance en le président. Maintenant, espérons que ça se matérialise par du concret car c’est ça le plus important. C’est en tout cas certain qu’une vraie relation de confiance est établie et j’espère qu’on va progresser tous ensemble (Laurent Legname est arrivé à Dijon pour la saison 2015-2016).»

À titre personnel, vous étiez nommé pour le titre de meilleur coach de l’année mais vous n’avez pas été élu (la distinction est pour Pascal Donnadieu de Nanterre). Est-ce une déception ?

«Je n’ai pas envie de parler de ça. Ce n’est pas anecdotique, mais j’ai mon ressenti et je le garde pour moi.»

Propos recueillis
par Alix Berthier
Photos : foxAEP.com