vendredi 19 avril 2019
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FOOTBALL : La Ligue de Bourgogne-Franche-Comté met le cap sur le site unique des Poussots

14/04/2019 03:15Imprimer l’article
C’est ce que la Ligue a réaffirmé en assemblée générale ce samedi, en présentant assez largement le projet de site unique.
Le point majeur de cette assemblée générale ce samedi, au Palais des Congrès de Dijon, était ainsi la présentation du projet Hormé, sur le site des Poussots donc. En ouverture de cette réunion plénière, introduite par la président délégué Roland Coquard, le président Daniel Fonteniaud a parlé de la nécessité d’apprécier le passé tout en se tournant clairement vers l’avenir, à propos d’«une Ligue de demain» devant s’adapter dans un football qui évolue, dans une démarche d’écoute et de «renforcement des rencontres avec les clubs».

«On se prépare à un bel été» avec le football féminin


En parlant d’évolution, les premiers points de l’AG ont concerné le football féminin, pour lequel la Ligue souhaitait adopter une nouvelle structuration. Un football féminin sur lequel le président s’est arrêté, pour dire combien «on se prépare à un bel été» avec la coupe du monde en France et pour rappeler que la Ligue mène des actions et s’engage autour de cet événement (village de la coupe du monde, mondialito dans chaque district, accueil du match France-Japon à Auxerre devant 15 500 spectateurs, accueil de U19 nationales à Nevers le 26 mai…).
Quant à la nouvelle structuration qui allait être livrée, elle vise selon la Ligue à répondre notamment au fort développement du football féminin (+10 % de licenciées chaque année depuis 2012 sur la région) tout en remédiant à des textes peut-être trop figés.
Après la mise à jour de statuts plus généraux découlant des décisions de la FFF et portant surtout sur l’alignement de l’élection des délégués de clubs sur la mandature du comité exécutif de la Fédération, ou bien l’annonce que la coupe Gambardella s’adressera aux catégories U18, U17 et U16 (avec possibilité de surclassement dans cette catégorie) dès la saison prochaine (catégories auparavant concernées : U19, U18, U17 avec surclassement possible et U16 avec double surclassement), c’est sur les championnats régionaux féminins que Jean-Marie Coppi, secrétaire général de la Ligue, a donné les nouvelles orientations souhaitées là aussi dès la saison prochaine.

Pas de descentes de R2 féminine cette saison


En R2, il est envisagé de faire deux groupes de dix équipes sur la totalité de la saison. La montée en R2 sera elle permise via une poule R3 Access. Les deux premières équipes de R2 monteront en R1, les deux dernières seront reversées en R3 Access, et les deux premières équipes de cette R3 Access monteront en R2.
Par souci de ne léser aucun club en vue de la mise en place de cette nouvelle structure R2, comptant aujourd’hui deux groupes de 6 équipes chacun en phase printemps, il n’y aura pas de descente en fin de saison. Pour arriver à 20 équipes en R2, ce seront les 7 premières équipes de la phase printanière de R3 (7 poules) qui accéderont à l’étage supérieur, plus la meilleure deuxième de R3. Un principe validé à près de 95 % des votes.
Venait alors le gros dossier de cette AG, le site unique de la Ligue de Bourgogne-Franche-Comté de football, au travers duquel il s’agit de consolider le sentiment d’appartenance à une seule et même entité sans oublier d’en optimiser le fonctionnement.

Renforcement et optimisation de la Ligue


Dans le rappel du projet et son développement, l’intérêt financier est d’ailleurs revenu plusieurs fois dans les justifications de la Ligue. «L’un des objectifs forts était bien de rationnaliser les coûts de fonctionnement. La fusion a été coûteuse, avec un surcoût de 150 000 euros la première année puis de 130 000 euros la deuxième année. Il était important de ne pas se tromper comme par le passé, car si les sièges des Ligues de Bourgogne et de Franche-Comté avaient été mis judicieusement à Dijon et Besançon, au lieu d’être à Montchanin et Montbéliard, la fusion aurait été plus simple», a déclaré Daniel Fonteniaud.
La Ligue de Bourgogne-Franche-Comté de football étant en place on le sait (depuis 2016), le site unique, devant regrouper le centre technique, le Pôle Espoir, les activités de formation et toute l’administration, le sera fin 2021. C’est le site des Poussots à Dijon qui a été retenu.
Jean-François Gondelier, chef de projet au comité technique de la Ligue, et Vincent Szmatula, directeur, ont rappelé que ce choix de site, en balance avec un site à Dole, a été voté en CA le 8 mars de cette année, avec 21 voix pour Dijon, 6 pour Dole et 1 abstention. Et ils ont livré à l’assemblée des explications sur ce choix. Le site des Poussots est d’après la Ligue celui le plus en adéquation avec le cahier des charges.

S’appuyer sur l’existant et étoffer le site des Poussots


En plus des locaux déjà existants aux Poussots, un bâtiment sera construit pour y mettre l’administratif, les algécos utilisés actuellement par l’association et les pros du DFCO seront rénovés pour y développer les activités de formation, le centre de formation du DFCO ainsi que le bâtiment des pros seront rénovés pour le Pôle Espoirs, et un autre bâtiment sera créé pour le centre technique. En plus des 30 places de parking que comprend le secteur actuellement réservés aux pros du DFCO, 80 places supplémentaires sont inscrites dans le projet. De même que la création de deux terrains synthétiques couverts.
Si la Ligue avait voulu être propriétaire des lieux, le coût aurait été de 12 millions d’euros, et même de 14,4 millions d'euros TTC... Ce qui aurait entraîné un remboursement de 641 000 euros par an, sur un emprunt de 25 ans.
Cette hypothèse ayant été jugée trop lourde à supporter, et sachant qu'aucune des collectivités ayant répondu au projet n’était ouverte à la vente des sites proposés, la Ligue s’est tournée vers un montage financier porté par une société publique locale, en l’occurrence la SPLAAD (aménagement de l'agglomération dijonnaise).
Ainsi, l’opération revient à 7 millions d’euros. Un million est apporté par la Région dans le cadre du contrat métropolitain, autant par la Ville de Dijon pour l’acquisition du foncier appartenant au DFCO, et 5 millions d'euros sont engagés par la Ligue BFC de football, dont 2 millions d'euros directs et 3 millions d'euros via un emprunt à la SPLAAD.

Plus raisonnable d’être locataire


Tout cela pour un loyer annuel à sortir par la Ligue BFC de football de 300 000 euros par an, sur un bail de 25 ans. «Avec l’engagement que nous avions pris de baisser nos charges de fonctionnement», a assuré le président.
«Vous parlez d’avenir mais dans 25 ans la Ligue n’a plus rien, et a-t-elle besoin d’un tel complexe ?» ; «Est-ce que le site sera ouvert aux clubs puisque nous savons que la difficulté est grande à Dijon pour trouver des terrains ?» ; «N’appauvrit-on pas La Ligue en sortant 2 millions d’euros dès le départ sachant qu’elle ne sera pas propriétaire du site ?» ; «Ce site unique ne va-t-il pas à l'encontre de la proximité avec les clubs ?»… Telles ont été quelques unes des interrogations émises lors du temps des questions-réponses.
Daniel Fonteniaud a tenu à rassurer l’assemblée sur ces doutes implicites, en insistant sur les économies qui seront réalisées par la Ligue en tant que locataire et qui permettra par la même occasion de ne pas augmenter les frais des clubs vis-à-vis de la Ligue. Il a argumenté aussi que le renouvellement du bail dans 25 ans sera certainement moins élevé puisqu'il s'agit aujourd'hui de créer le site unique en quelque sorte, ce qui nécessite des opérations financières conséquentes d'un seul coup.
«Ce site sera bien sûr votre maison», a-t-il ajouté, pour confirmer que des créneaux horaires seront établis afin de permettre aux clubs d’utiliser les différents terrains du site.
Enfin, il a dit toute sa confiance envers la SPLAAD et les collectivités (actionnaires de cette SPL) pour ne pas imaginer que la Ligue serait contrainte de partir au terme du bail de 25 ans, compte-tenu à la fois des bonnes relations mises en place et du poids du football.
Pour ce qui est de la proximité avec les clubs, le président de la Ligue fait toute confiance aux Districts pour assurer ce rôle.

La transition se fera à l’hôtel d’Esterno


Le président a d’ailleurs souligné que la transition vers le site unique se fera à l’hôtel d’Esterno, au numéro 1 de la rue Monge à Dijon, dont des espaces de 230 m2 seront mis à disposition gracieusement par la Ville de Dijon (hors prise en charge des fluides par la Ligue). «Ce qui fait d’ici 2021 (installation sur le site unique) des économies là-aussi de plus de 30 000 euros par an (ce que la Ligue paie pour son installation au Parc Mirande)». Le siège de transition rue Monge sera opérationnel dès le mois de septembre de cette année.
Le projet Hormé répond-t-il aux attentes des clubs ? Le vote a donné un «Oui» à près de 73 % des voix. Dans son intervention, l'élu Jean-Yves Pian, pour la Ville de Dijon et pour Dijon Métropole, a exprimé son plaisir de voir ce site unique prendre une telle tournure.
Concernant les différents sites de la Ligue qui n'en seront plus, les démarches sont entreprises pour les mettre en vente.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier