vendredi 22 mars 2019
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FOOTBALL : Une invitée de choix au coeur du futsal féminin sur le campus

28/01/2019 20:56Imprimer l’article
L’ex-joueuse internationale française de football, Laura Georges (188 sélections avec l'EdF) , aujourd’hui à 34 ans ambassadrice pour le Comité d’organisation de la coupe du monde de football féminin 2019, a fait le déplacement samedi lors de la journée du futsal féminin organisée par le District de Côte-d’Or avec le soutien du Dijon Université Club. L’occasion de se retrouver pleinement et de créer l’événement autour de la promotion du football féminin.
Du 7 juin au 7 juillet 2019, la coupe du monde de football féminin battra son plein en France, avec le souhait évidemment d’assister à l’engouement du plus grand nombre, pour l'événement et derrière les Bleues auxquelles on veut croire jusqu'au bout. De là à retrouver la folie autour de la compétition masculine en 1998, il y a encore du chemin à faire… Mais on s’y prépare avec un fort enthousiasme à cette compétition féminine 2019. Cela grâce à un football féminin sur la voie d’une progression laissant augurer de belles années, mais aussi une promotion déployée dans les territoires.
C’est notamment la mission de Laura Georges, qui s’est déplacée ce samedi sur le campus universitaire de Dijon, là où le District de football de Côte-d’Or organisait des tournois de futsal féminin, en U10-U11 le matin et en U15 l’après-midi. Une organisation bien menée, sans oublier le très bon accueil et la participation à cette réussite de toute l’équipe du DUC.
C’est à la mi-journée que les organisateurs, et les organisatrices en l’occurrence, ont trinqué au succès de la journée. Alors que Daniel Durand, président du District de Côte-d’Or, et Denis Guvenatam, président de la section de football féminin du DUC, ont salué Laura Georges tout en la remerciant chaleureusement pour l’impact de sa présence (329 matchs en tant que professionnelle dont 281 en France avec l’OL et le PSG, 188 matchs en équipe de France), l’ex-joueuse internationale a tenu quant à elle à surtout mettre en avant les forces vives dans les territoires, celles qui font que le football féminin est aujourd’hui porté au travers de projets d’avenir.
Aux abords des terrains du gymnase, Laura Georges a répondu aux sollicitations dans la bonne humeur, en prodiguant ses conseils aux jeunes joueuses. Elle nous les a d'ailleurs résumés : «Ne pas chercher à gagner de l’argent à tout prix en rêvant d’être professionnelle, mais se faire plaisir avant tout !».
Autour de l’invitée de choix ce samedi, les footballeuses ne pouvaient être plus comblées dans cette journée où le programme a donné lieu à de bons matchs, certainement disputés avec encore plus d’envie sous les yeux de cette représentante de la Fédération française de football !

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Laura Georges : «Une vraie animation autour du football féminin»



Retraitée sportivement, quel est aujourd’hui votre rôle au sein de la Fédération française de football ?

«Depuis mars 2017 et la réélection de Noël Le Graët à la présidence de la Fédération, je suis secrétaire générale de la FFF dans un rôle de représentation du président sur certains événements. Je suis également ambassadrice pour le Comité d’organisation de la coupe du monde féminine 2019. Et j’ai également pour mission de promouvoir et développer l’arbitrage féminin pour lequel je viens de finaliser un plan de développement, qui parle notamment de professionnalisation de cet arbitrage.
J’étais par exemple il n’y a pas si longtemps en Bourgogne pour voir comment la coupe du monde peut être animée dans les territoires, pour donner des préconisations mais pour écouter également. Je suis par exemple allée jusqu'à Chicago, et j'irai très bientôt en Charente, à Nîmes… La promotion du football féminin ne s’arrête pas.»

Même si la compétition n’a pas le même rayonnement que peut avoir la compétition masculine, comment mesurez-vous l’engouement autour de cette coupe du monde qui se profile ?

«L’engouement, je dirais qu’on l’a vraiment ressenti à l’occasion du match France - Etats-Unis (3-1 le 19 janvier dernier au Havre). Le stade était plein, il y avait même plus de 100 journalistes pour ce match-là. On a senti une hausse sur la billetterie de la coupe du monde suite à ce match.»

Justement, quels sont les objectifs fixés pour ce qui est de l’affluence dans les stades lors de cette coupe du monde ?

«Il y a effectivement des objectifs de remplissage des stades. C’est avoir les stades remplis à plus de 56 %. C’est même l’intérêt pour nos diffuseurs. Une coupe du monde réussie est une coupe du monde avec des stades pleins. Cet objectif est ambitieux mais c’est à notre portée car le football féminin est respecté et reconnu aujourd’hui. C’est une juste ambition je dirais.»

Vous qui avez joué aussi aux Etats-Unis (Boston) et en Allemagne (Bayern Munich), comment voyez-vous le développement du football féminin en France ?

«Il est bon. En 2011, nous étions environ 50 000 joueuses. Aujourd’hui, nous sommes 125 000, soit 160 000 licenciées en n’oubliant pas les dirigeantes et les arbitres.
Il y a une vraie structuration, une vraie animation de ce football féminin en France, une vraie progression. Il y aussi une vraie couverture médiatique. Avec notamment le deal signé avec Canal+ sur 5 ans, nous sommes en mesure de pouvoir proposer du football féminin toutes les semaines.
Nous n’avons pas à nous plaindre par rapport aux autres pays, avec en plus un des meilleurs clubs de football féminin au monde, et pas mal de clubs qui investissent pour les féminines.»

Que dire de l’Olympique Lyonnais pour le football féminin, domination trop écrasante ou domination entraînante ?

«C’est clairement une locomotive. Aujourd’hui, les joueuses s’y réfèrent et se disent qu’elles veulent jouer dans un club comme ça. C’est le club qui propose les meilleures conditions et qui fait rêver nos petites filles. Alors effectivement, l’OL gagne 5-0, 6-0. Mais l’idéal est d’accompagner nos clubs à être meilleurs. Pour ce qui est de l’image du football féminin, on parle de l’OL dans le monde entier. Ça amène forcément les gens à s’intéresser à notre football et ça donne des étoiles dans les yeux de nos filles.»

Comment les clubs, disons plus jeunes, peuvent-ils rattraper le retard ?

«Ce qui fait la différence, ce sont les moyens. Les moyens de proposer des contrats professionnels aux joueuses, la structuration, avoir le soutien d’un club professionnel. Mais il y a tout un partenariat qui se développe autour du football féminin. Avec la coupe du monde, on espère que ça va évoluer encore, que les clubs mettront encore plus de moyens pour leurs équipes féminines.»

Pourquoi vous-êtes vous engagée également sur l’arbitrage ?

«C’est un dossier qui n’avançait pas, qui était compliqué. Les joueuses veulent surtout jouer, alors que s’engager dans l’arbitrage nécessite des formations. Et on ne sait pas trop encore comment on devient arbitre, alors que les formations arbitrales sont gratuites.
On peut aussi jouer et arbitrer, il faut le faire savoir. Et il faut faire savoir aux filles que si le football n’est pas fait pour elles, elles peuvent très bien avoir une autre carrière dans le football, en allant jusqu’à peut-être arbitrer des coupes du monde, des Jeux Olympiques... Il y a des opportunités de faire une carrière au haut niveau dans l’arbitrage. Etre arbitre, c’est progresser humainement aussi, savoir prendre des responsabilités.»

Que vous a permis le football féminin ?

«C’est d’ailleurs du football, pas besoin de rajouter féminin… Ça m’a permis de grandir humainement, moi qui était par exemple très timide, d’apprendre ce qu’est le travail d’équipe, de faire face à des moments compliqués, de savoir se relever et avancer.»

Que représente pour vous une journée comme celle-ci ?

«C'est l'importance des bénévoles qui prennent du temps pour nos jeunes. On parle beaucoup de l'élite et ça attire du monde, mais le travail de tous les jours est fait par nos bénévoles. On a besoin d'eux et on les remercie pour ce qu'ils font. On sent des gens impliqués et ça fait plaisir à voir.»

Un petit mot pour terminer sur l’équipe du DFCO Féminin (promue en D1 cette saison ?

«Connaissant Mylène Chavas de qui j ‘étais la marraine pour le Team EDF, Emmeline Mainguy, Elise Bussaglia et Kenza Dali, je suis leurs résultats. Le club a des ambitions et j’espère qu’il se maintiendra pour poursuivre son bon travail.»

Propos recueillis
par Alix Berthier




















 
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