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MICHEL NEUGNOT : «La Région a lancé un challenge à la SNCF pour améliorer la régularité des TER»

14/12/2018 03:07
A l'occasion de la session plénière du Conseil Régional consacrée au vote du budget, la question des transports, le premier budget de la Région, a constitué une grande par des discussions. Et l'imbroglio autour de la hausse des tarifs des abonnements TER a masqué d'autres aspect de cette compétence. Le premier vice-président revient pour Infos-Dijon sur les grandes lignes du budget transports 2019 de la Bourgogne-Franche-Comté.
Avec un budget de 692,6 millions d’euros en fonctionnement et investissement, en hausse de 47 % par rapport à 2018, les transports, principalement ferroviaires, seront en 2019 le premier poste d’investissement de la Région. Le premier vice-président du conseil régional, en charge du dossier, revient pour Infos-Dijon sur la question.

Qu'est-ce qui représente la part principale du budget transports de la Région pour 2019 ?


D'une part le transport TER, où nous somme en baisse de 7 millions d'euros tout en ayant financé la nouvelle desserte Belfort-Delle. C'est aussi l'augmentation du nombre de trains, tout particulièrement entre Nevers et Dijon avec 3 allers-retours supplémentaires par jour en rapide (2h07). Enfin, les transports scolaires sont une part importante aussi : la gratuité représente plus de 5 millions d'euros pour la Région.

Vous visez également une diminution des retards de train. Comment cela va-t-il se faire ?


Nous augmentons le nombre de dessertes, et aussi la qualité de service, en donnant des contraintes à la SNCF dans le but d'améliorer la régularité. Ces contraintes, c'est notamment le remboursement pour les abonnés annuels de 25% du prix mensuel à M+2 quand, sur un mois, plus de 20% des trains subissent un retard de plus de 15 minutes. Et pour les occasionnels, quand un train connaît un retard de plus d'une heure, il y aura un remboursement de 90% du billet. C'est un challenge lancé à la SNCF pour améliorer la régularité.

Que s'est-il passé avec le tarif des abonnements TER ces derniers jours ?


Il y eu une grosse erreur d'information car on n'a pas donné d'explication sur cette augmentation de tarif. Pourquoi cette hausse ? C'est d'abord une hausse générale de 5% parce que les tarifs n'ont pas été modifiés depuis 2014. Ensuite, on a fait en sorte qu'à distance parcourue égale, le prix payé par le voyageur soit le même. Ce qui a amené à des baisses et des hausses pour certains usagers.
Après avoir fait la grille pour les voyageurs occasionnels, puis la grille pour les tarifs sociaux, on devait faire la grille des abonnés. On a pour ça retenu trois principes : rattraper les hausses qui n'ont pas eu lieu d'abord, harmoniser les prix au kilomètre ensuite. J'ajoute que plus la distance est grande, moins le prix au kilomètre est élevé.
Enfin, le troisième principe, c'était de respecter le prix minimum de 40 euros et le prix maximum de 290 euros. Ce minimum, c'est le prix des abonnements par bus et le prix minimum des abonnements aux transports dans les agglomérations.
C'est vrai que certains abonnements baissent et d'autres augmentent. Et on entend beaucoup ceux qui sont en hausse, mais pas ceux qui sont en baisse…

Pourquoi avoir fait un geste ?


Je comprends les voyageurs qui n'ont pas été informés. Ce n'est pas une erreur politique comme le dit François Sauvadet mais bien une erreur de communication, d'information. Je la porte personnellement.
Le tarif demeure, mais on fait une opération coup de poing avec un mois offert pour tout le monde dans le cadre d'un abonnement annuel et, pour les abonnés mensuels des mois de décembre janvier ou février (qui justifieront de leur abonnement sur un de ces trois mois), qui augmentent de plus de 5%, un deuxième mois sera offert en septembre.
Ceux qui prendront un abonnement annuel avant le 10 février auront un mois gratuit. Comme l'abonnement annuel est au tarif de 10 mois et demi, sur douze mensualités, et que nous offrons une mensualité, cela fera un abonnement avec deux mois et demi gratuits.
Recueilli par Nicolas Richoffer
Photo N.R.

La Région souhaite engager d’importants travaux qui permettront notamment de maintenir et d’améliorer le confort et l’attractivité des lignes ferroviaires qui maillent le territoire régional.

Parmi les chantiers prioritaires :


- Ligne des Hirondelles : après la pose de 4 100 traverses entre Morez et Saint-Claude à l’automne 2018 qui permet de tenir quelques années, l’étude des travaux à réaliser dans le prochain contrat de plein pour pérenniser les dessertes du territoire
- Ligne du Revermont : installation, à l’horizon 2021, du GSM-R (système global de communication mobile pour les voies ferrées) qui permet notamment de communiquer plus efficacement en cas d’aléa et renforce ainsi la sécurité des circulations ;
- Ligne des Horlogers : 37 millions d’euros d’investissements en 2021, simultanément aux travaux réalisés en Suisse entre mars et Juin 2021 ;
- Ligne de la Bresse : réfection des aiguillages pour 5,8 millions d’euros dès 2019 ;
- VFCEA (Nevers/Chagny) : études dès 2018 pour la régénération totale de la ligne et engagement des travaux sur les points noirs en 2020 ;
- Laroche-Migennes/Auxerre : étude pour la circulation d’un train à hydrogène ;
- Lure/Epinal : maintien de la ligne avec des travaux en 2019 et en 2021.

Renouvellement du matériel ferroviaire :


Les crédits s’élèvent à 692 580 401,40 euros en AP/AE et 564 066 463,79 euros en CP, en hausse de +9,63 %.
En 2019, la Région consacrera plus de 564 millions d’euros en crédits de paiement aux transports ferrés, routiers et aériens en Bourgogne-Franche-Comté.
Parmi les dossiers emblématiques de cette politique, on notera :
L’acquisition de nouveaux trains : en 2019, la Région poursuivra donc son programme de modernisation du matériel ferroviaire roulant en lançant le renouvellement, pour 2021, des trains Corail actuellement en service sur la ligne intervilles Paris Bercy - Dijon Ville - Lyon Part-Dieu. Ces derniers seront remplacés par 18 trains Régiolis d’Alstom. Un atelier de maintenance dédié verra en parallèle le jour en gare de Dijon-Ville.