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CÔTE-D’OR : Les organisations syndicales veulent «une vraie reconnaissance du métier d’AESH»

15/05/2019 19:00
Elles dénoncent aussi des mesures pour une école inclusive «qui dégraderont les conditions de travail».
C’est pour faire écho à la journée de mobilisation nationale et intersyndicale contre les mesures du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer issues de la concertation pour une école inclusive que des représentants de plusieurs organisations syndicales ont tenu une conférence de presse ce mercredi après-midi dans les locaux de la FSU de Côte-d'Or à Dijon.

Pour une inclusion mieux encadrée


«Nous ne sommes pas contre les inclusions. Nous sommes pour, mais avec des moyens et de la formation», a commencé par déclarer Gilles Herbin, de Force Ouvrière, en notant que cette année en Côte-d’Or «1.000 enfants sont identifiés en situation de handicap, pour 850 AESH. «Chaque année, une cinquantaine d’enfants se retrouve sans accompagnement», précise le représentant syndical.
En parallèle de ce manque pesant sur le bien-être de l’élève, l’intersyndicale pointe en l’occurrence la dégradation des conditions de travail des AESH, entre la précarité liée à la rémunération, la polyvalence sans cesse accrue et l’incertitude des affectations.
Ce que demandent notamment les syndicats, c’est «la reconnaissance d’un vrai métier, un vrai statut», plus stable que la nécessité par exemple de devoir valider 6 années de CDD pour obtenir un CDI, et plus encadré que les seules 60 heures de formation d’adaptation à l’emploi. La généralisation des contrats en CDD à 3 ans est vue comme «une maigre avancée».
Faible rémunération, pas de formation continue… Ça n’encourage pas à être AESH selon les syndicats. «Nos collègues dans ce cas-là sont simplement traités comme des variables d’ajustement», déplore Maxime Reppert du Snalc.
Charlotte*, AESH en lycée, qui confirme une nécessité de polyvalence en plus des conditions de travail évoquées, assure aussi que les accompagnements dépendent de «décisions arbitraires et autres notifications fluctuantes» n’aidant forcément pas à la stabilité. «Il y a des disparités d’organisation et du bricolage interne dans les établissements», appuie Françoise Lion du SNUipp.

Le PIAL ?

«Ce sera toujours un mi-temps imposé, avec encore plus de flexibilité»


Dans les principales mesures du texte de loi pour une école inclusive figure la création des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL). «L’idée est de créer des bassins école-collège-lycée pour mutualiser les moyens... Mais une nouvelle fois, c’est la rentabilité qui va primer. Pour les AESH, ce sera toujours un mi-temps imposé, avec encore plus de flexibilité puisque les AESH devront en plus être amenées à jongler entre plusieurs établissements, dans la même journée voire d'une heure à l'autre», dénonce Samuel Garnier de Sud Education.
Isabelle Chevillet, du SNES-FSU, en revient à cette dégradation des conditions de travail, tout en faisant remarquer avec ses homologues syndicaux que les AESH «n’ont pas le droit d’être malades»…

Quelles exigences des organisations syndicales ?


Autour de la création d’un véritable statut de la fonction publique pour les AESH, au nom de la stabilité et de la pérennité du métier, les organisations syndicales exigent également : «une revalorisation immédiate des salaires, un accès aux mêmes primes et autres indemnités que les personnels titulaires, la prise en compte du travail invisible, la possibilité d’une quotité de travail choisie à temps plein, la création du nombre d’emplois nécessaire pour couvrir tous les besoins, une formation professionnelle de qualité sur le temps de travail, initiale, continue, spécifique et qualifiante».
Dernier point, alors que les mesures issues de la concertation pour l’école inclusive étaient à l’ordre du jour du Sénat ce mercredi, les syndicats n’espèrent pas trop d’amendements en ce sens. «L’Assemblée Nationale et le Sénat sont des caisses enregistreuses du gouvernement», lâche Samuel Garnier. «Non seulement, on n’en attend rien, mais on peut craindre de réelles dégradations», ajoute Damien Lacroix, de la CGT.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

*Prénom d'emprunt.