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DIJON : Le LifeDay a sensibilisé les étudiants à la sécurité routière

26/09/2019 18:52
Le conseil départemental et l'université de Bourgogne ont organisé ce mercredi une journée de sensibilisation à la sécurité routière sur le campus dijonnais. La simulation par un cascadeur d'un accident entre une voiture et un piéton a particulièrement marqué les étudiants.
Une journée pour tout savoir sur la sécurité routière et les gestes qui sauvent, tel était le thème de ce «LifeDay» (la Journée de la vie) organisé ce jeudi 26 septembre 2019 sur l'esplanade Érasme par le conseil départemental de la Côte-d'Or et l'université de Bourgogne. Sur place, on pouvait trouver de nombreuses animations ludiques pour les jeunes afin de prendre conscience des enjeux de sécurité sur la route, que ce soit en voiture, à moto ou à vélo.

Le conseil départemental revendique une action volontaire en matière de sensibilisation à la sécurité routière qui a contribué à faire baisser la mortalité de 65% en 20 ans sur les près de 6.000 km du réseau routier départemental. Le nombre de décès est passé de 65 en 1997 à 23 en 2017 et à 16 en 2018. La collectivité était représentée ce midi par Hubert Poullot, conseiller départemental et président du SDIS 21 (Service départemental d'incendie et de secours).

Le simulateur de tonneaux secoue les étudiants


Maëva, étudiante de 22 ans en pharmacie, a expérimenté, avec sa condisciple Estelle, le simulateur de tonneaux «pour voir les impressions même si ce n'est pas la même chose» puisque la voiture ne touche pas par terre. Conductrice, Maëva est informée des enjeux de sécurité routière «parce qu'[elle] en parle dans [son] entourage», pourtant «tant qu'on n'a pas vécu l'expérience, on ne peut se rendre compte des risques». Elle trouve que cette expérience «pourrait être une bonne idée pour les auto-écoles».

Robin a 24 ans et suit les cours de Master de Langues Étrangères Appliquées au Commerce et aux Affaires (LEACA). «C'est surtout le côté attraction» qui a d'abord motivé l'étudiant à expérimenter le simulateur de tonneaux. Pour autant, il a reconnu que «ça nous donne un peu un a priori de ce que ça peut être». Ne serait-ce qu'à l'équivalent d'un accident à 10 km/h, «on se rend compte que ça secoue beaucoup». De son apprentissage de la conduite, Robin se souvient de vidéos vues sur Internet : «il y en a quand même une ou deux qui marquent bien». Il préconise des stages pour compléter la formation à la conduite dans les auto-écoles, voire de monter un «petit festival» pour montrer «des simulations d'accident».

Henriette, la soixantaine est retraitée et bénévole de la Ligue contre la violence routière. Victime d'un accident où elle a été légèrement blessée en 2004, elle constate néanmoins que le comportement des conducteurs «s'améliore mais il y a encore un grand besoin de sensibilisation». «C'est pour ça que l'on fait toutes ses actions pour les jeunes», ce que les autres bénévoles autour d'elle, Bernard et Roland, approuvent. «Tous les bénévoles de la Ligue contre la violence routière ont été concernés par un accident». Ils sont très demandés pour des interventions dans des collèges mais aussi par des entreprises souhaitant alerter leurs employés.

Parmi les  autres stands, on retrouvait aussi : les smoothies offerts par le CROUS, une animation musicale par Radio Campus, la promotion du vélo par EVAD, l'information sur le circuit Centaure à Gevrey-Chambertin, le simulateur numérique de pilotage de moto du Département, une démonstration de premiers secours par les sapeurs-pompiers, les motards en colère, la sécurité routière et la prévention routière.

Un piéton percuté à plus de 50 km/h


Une démonstration a simulé l'accident d'une voiture contre un piéton. Un cascadeur professionnel pilotait le véhicule qui a renversé un mannequin articulé et lesté pour reproduire le mouvement d'une vraie personne à la suite du choc. Des pompiers sont intervenus pour secourir le piéton ainsi que le conducteur de la voiture considéré lui aussi comme blessé. Ensuite, des ambulanciers vinrent prendre en charge les deux victimes comme pour les évacuer en direction de l'hôpital. Tout cela sous les yeux des étudiants interpellés par l'exercice se déroulant devant la bibliothèque universitaire durant la pause déjeuner.

Ce type d'action correspond dans la réalité aux missions spécifiques des sapeurs-pompiers : intervention sur un accident sur la voie publique, coordination avec le SAMU, balisage du site, découpe éventuelle des véhicules. «Si c'est un accident de la route, on aura aussi l'aide de la police nationale ou de la gendarmerie, en fonction des secteurs, qui, eux, vont nous aider à faire la protection et prendre l'enquête au niveau accident» précisa le lieutenant Yassine Nour, formateur du SDIS 21. Il a coordonné les dix sapeurs-pompiers en formation initiale qui se sont ainsi entraîné lors de l'exercice de ce jour.

Pour être «le plus réel possible au niveau de l'accident», il a été fait appel à un professionnel pour piloter la voiture. Joe Pégourié est cascadeur depuis trente-sept années. Il intervient sur des simulations d'accident dans trente départements en France. Pour sa propre sauvegarde, Joe a évidemment bouclé sa ceinture de sécurité et porté aussi un casque, un blouson en cuir et une paire de gants parce que «malgré tout, il peut y avoir des accessoires qui peuvent couper le visage lors du choc comme un rétroviseur qui se détache ou un autoradio». Joe a insisté sur l'importance de la ceinture de sécurité : «c'est le moyen obligatoire et nécessaire».

Pour les besoins de la démonstration et lutter «contre les fausses idées», Joe a simulé des freinages d'urgence à 30 et 50 km/h puis au-delà de la vitesse limite en ville, montrant ainsi la violence du choc : «cela fait des dommages terribles». Durant la journée, un second accident a été simulé avec un mannequin en tant que passager non attaché, tandis que le conducteur avait fixé sa ceinture de sécurité. Cela permit de visualiser le choc du passager contre le pare-brise.

Le lieutenant Nour a rappelé aux étudiants assistant à la simulation les bons réflexes à avoir s'ils devaient être témoins d'un accident : téléphoner au 15 pour prévenir le SAMU ou au 18 pour alerter les sapeurs-pompiers, aller voir l'état de la victime et, si on est formé à cela, faire les gestes de premier secours.

Jean-Christophe Tardivon