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DIJON : L'épicerie solidaire que François Hollande verrait bien faire des petits partout en France

23/11/2018 19:54
L'ancien Président de la République s'est rendu ce vendredi matin dans les locaux du Coeur Dijonnais, une association au modèle unique, symbole de ce que le l'économie sociale et solidaire peut permettre de bâtir au service des plus démunis.
François Hollande était de retour à Dijon ce vendredi pour une journée bien chargée, dont la matinée était notamment consacrée à l'économie sociale et solidaire (ESS). L'ancien Président de la République était en effet l'un des intervenants à une table ronde des troisièmes «Journées de l'Economie Autrement», organisées par Alternatives Économiques avec le soutien de la ville de Dijon, de Dijon métropole, de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Mais avant de se rendre à l'hôtel de ville, François Hollande s'est rendu, en compagnie de François Rebsamen et de quelques élus du conseil municipal, dans le quartier des Grésilles pour visiter «Le Coeur Dijonnais», une épicerie solidaire, et même bien plus.

«Un projet atypique qui s'autofinance»


Lakhdar Zelbouni, président de l'association Le Cœur Dijonnais, a longuement discuté avec François Hollande, présenté son projet et le modèle économique de cette structure : «C'était bien, ça a permis de mettre un coup de projecteur car c'est un projet atypique qui sort de l'ordinaire et qui s'autofinance».

Le concept : pouvoir accueillir des bénéficiaires des 24 communes de la métropole dijonnaise pour des courses à bas prix, mais aussi une multitude d'activités tout au long de l'année : «C'est une association avecqui propose des activités, et pas seulement une épicerie sociale et solidaire» poursuit Lakhdar Zelbouni. «Nous, nous n'instaurons pas de plafond pour les commissions des bénéficiaires, car je considère que c'est du rationnement. L'idée, c'est que les bénéficiaires puissent rentrer, avoir un choix libre et puissent garder leur dignité sans se retrouver confrontés au questionnement des bénévoles et employés. Ils ont un accès assez anonyme par le biais d'une carte numérique».

«Il m'a dit que c'était une très bonne idée»


Et cette rencontre avec François Hollande alors ? «Il m'a dit que c'était une très bonne idée, qu'il fallait le calquer partout au national. Il y a 9 millions de pauvres en France, selon des statistiques de 2015, et bientôt, les nouveaux chiffres tomberont. Il faut faire quelque chose. Il y a d'autres épiceries solidaires dans le pays, mais nous sommes les seuls en France sur ce modèle associatif plus large. C'est une idée que j'ai eu en 2011. A l'époque, j'ai commencé à travailler sur le projet, pour voir sa viabilité. J'ai fait une étude, et j'en ai déduis que c'était possible. J'ai fait le dépôt en préfecture en 2014, et nous avons finalement ouvert le 21 décembre 2015».

Au bout de trois ans, le bilan est encore meilleur qu'espéré : «Le chiffre d'affaire est conséquent, et nous fonctionnons sans aucune subvention, en totale autonomie. Pour ça, nous faisons un vrai travail au niveau des fournisseurs pour avoir les meilleurs prix. Les produits viennent pour beaucoup de l'étranger, on travaille beaucoup avec l'Espagne notamment, mais en France aussi».

Des locaux plus grands


Ce vendredi matin, François Hollande a ainsi pu visiter les nouveaux locaux (à la même adresse, impasse Clément Desormes, en face d'Ikéa). Une visite en exclusivité, puisque l'ouverture est prévue en fin de semaine prochaine. Le Coeur Dijonnais passe ainsi de 200m2 avec une réserve de 40m2 à 400m2 avec une réserve de 550m2. «Nous aurons aussi un laboratoire froid pour la découpe de fromages dans les normes d'hygiènes et une grande chambre froide, qui passe de 10 à 80m2».

En terme d'emploi, l'un des ressorts essentiels de l'économie sociale et solidaire, Le Coeur Dijonnais n'a pas à rougir non plus : 6 CDI a temps plein et 3 ou 4 jobs d'été par an.
«On met aussi des jeunes en immersion tout au long de l'année dans des entreprises avec qui on a des partenariats» poursuit Lakhdar Zelbouni. «Dernièrement 17 jeunes étaient en immersion à la chocolaterie de Bourgogne, et actuellement,  deux d'entre eux sont restés en CDD».

Et à l'épicerie, le fonctionnement quotidien est lui aussi atypique : «On a une forme de management assez claire : chaque salarié ou bénévole est responsable des tâches qui lui sont confiées, mais il n'y a pas de chef ou de sous-chef : cela permet notamment d'avoir un taux d'absentéisme de O%. Une fierté».
Nicolas Richoffer
Photos N.R.