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DIJON : 300 personnes devant la préfecture contre les éoliennes

16/10/2016 04:24
Samedi après-midi, l'ACBFC, un collectif régional d'associations, appelait à manifester à Dijon contre le «développement anarchique d'aérogénérateurs gigantesques dans l'une des régions les moins ventées de France» et demandait à être reçu par la Préfète.
Ce samedi 15 octobre, environ 300 personnes se sont réunies place de la République pour manifester contre les implantations d'éoliennes en Bourgogne-Franche-Comté. Elles répondaient à l'appel de l'ACBFC, un collectif régional d'une soixantaine d'associations «de défense de l'environnement et du patrimoine». Le cortège s'est rendu à la Préfecture ou une délégation a été reçue puis est reparti pour se disperser place de la Libération.
Les manifestants, des habitants de zones d'implantations d'éoliennes dans leur grande majorité, luttent contre le schéma régional éolien (SRE) en avançant de nombreux arguments et plusieurs revendications.

«Opacité financière»


D'un point de vue environnemental, l'ACBFC dénonce un CO2 en hausse avec l'éolien, «du fait de son caractère intermittent qui impose la mise en service en parallèle d'autres unités de production électrique fortement émettrices de CO2».
Le collectif regrette aussi les paysages altérés, la pollution sonore avec «un seuil de nuisance auditive relevé pour les riverains par rapport aux autres Français». «L'opacité financière» de la filière et la «faible rentabilité» des investissements publics sont également pointés du doigt.
En étant reçu par les représentants de la Préfète, le collectif a exprimé ses deux revendications et appelé les pouvoirs publics à «tenir compte de l'avis de la population»  :
-garantir une distance de protection entre maison et éolienne de dix fois leur hauteur, comme c'est le cas en Allemagne et en Pologne.
-ramener le seuil de nuisance acoustique à son niveau normal (30dBA).
Des attentes qui ne semblent pas avoir été entendue, comme le soulignait Michel De Broissia, le président du collectif, au sortir du rendez-vous (lire ci-dessous).

Nicolas Richoffer


Jean-Marie Virely, ancien enseignant-chercheur au CNRS,

membre de l'association «Les Hauts de l'Auxois»

«Les promoteurs gagnent de l'argent, les contribuables payent»




«L'éolien, c'est un scandale financier : EDF, sur une décision de l'Etat, doit acheter l'électricité des éoliennes 90 centimes tandis que le prix moyen de l'électricité sur le marché international est de 40 centimes. Au final, ce sont les promoteurs qui gagnent de l'argent et les contribuables qui payent. L'argent que l'on met dans l'énergie éolienne, on pourrait très bien le mettre dans la recherche pour le développement pérenne des énergies de demain… On pourrait également développer des énergies plus spécifiques à la Bourgogne Franche-Comté, comme la métanisation ou l'hydraulique.
L'autre absurdité, c'est que la Bourgogne est une des régions où il y a le moins de vent…»


Michel De Broissia, président de l'Association du Collectif Bourgogne-Franche-Comté (ACBFC)

«Ils sont convaincus qu'ils sont en train de sauver le monde»




«Nous avons été reçus par le Secrétaire Général aux Affaires Régionales et nous avons été écoutés dans nos deux revendications, mais pas entendus. Ils veulent mettre des éoliennes partout et cela fait l'affaire de promoteurs véreux. On nous répond «ne vous inquiétez pas, les services, et la DREAL vous protègent». Dans les faits, on vient bien qu'ils ne nous protègent pas puisque ce sont des questions de santé publique que nous soulevons et qu'ils laissent sans réponses. Ils sont convaincus qu'ils sont en train de sauver le monde avec leurs éoliennes.»