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DIJON : Les 40 ans d'Action contre la faim projetés sur le Grand Théâtre

16/10/2019 23:54
L'ONG a marqué les 40 ans de ses actions contre les différentes formes de malnutrition par une projection vidéo ce mercredi soir. Elle édite aussi un livre de photographies pour soutenir ses projets de développement.
Pour marquer ses 40 ans de lutte contre la faim dans le monde, l'organisation humanitaire avait choisi la Journée mondiale de l'Alimentation, ce mercredi 16 octobre 2019, pour une sensibilisation des Dijonnais par une projection vidéo de messages sur la façade du Grand Théâtre à Dijon.

Les bénévoles d'Actions contre la faim étaient présents pour informer les passants dans les rues encore actives de Dijon à la tombée de la nuit. Ils avaient réunis des représentants dijonnais d'autres associations du champ de la solidarité internationale. François Rebsamen était représenté par Christophe Berthier (adjoint au maire de Dijon délégué à la vie associative, fraternité, diversité, lutte contre les discriminations et à l’accessibilité). Adrien Huguet s'exprimait au nom du député de la Côté-d'Or Rémi Delatte.

Éradiquer la faim d'ici 2030


Le délégué départemental d'ACF, David Merlo, a rappelé que «la priorité de l'association est d'agir concrètement sur le terrain et de témoigner sur le sort des populations, notre mission est de sauver des vies en éliminant la faim par la prévention, la détection et le traitement de la sous-nutrition en particulier pendant et après les situations d'urgence liés aux conflits et aux catastrophes naturelles».

Les moyens de l'ONG sont multi-sectoriels : nutrition et santé, assainissement et hygiène, sécurité alimentaire et moyens d'existence, santé mentale et pratiques de soins... Après 40 ans, les actions de l'association ont évolué vers des programmes de développement allant au-delà de l'urgence afin de «procurer une aide durable aux communautés en leur donnant les outils et les connaissances pour être autonomes».

Néanmoins, l'intervention dans les zones de conflit se poursuit comme en Syrie, au Yémen et dans le bassin du lac Tchad ; dans des régions particulièrement touchées par le changement climatique comme le Sahel ou la corne de l'Afrique ; dans des régions marquées par la pauvreté comme le Venezuela ou le Bangladesh. Donc «après 40 ans d'action, notre combat continue» avec l'objectif «d'éradiquer la faim» d'ici 2030.

«L'agrobusiness étouffe les agricultures familiales»


Christophe Berthier a rappelé que 821 millions de personnes dans le monde souffrent encore de dénutrition, de sous-nutrition ou de malnutrition. «Des chiffres à la fois insensés et froids» indiquant «une situation intolérable et inacceptable», surtout quand on sait que «la quantité d'aliment produits dans le monde est suffisante pour que chacun et chacune puissent manger à sa faim». Selon l'adjoint au maire, il y a, à Dijon, 110 associations qui agissent dans le domaine de la solidarité internationale en direction d'une trentaine de pays différents.

Pour le CCFD Terre Solidaire, Coralie Demier a salué «un bel âge» avant de proposer des explications à la faim dans le monde : «l'agrobusiness étouffe les agricultures familiales, les conflits armés affaiblissent les populations, les phénomènes climatiques extrême nous font présager du pire, la spéculation sur les produits alimentaires aggrave l'instabilité des prix et la diversité des espèces cultivées est menacée». Coralie Demier reste néanmoins persuadée «que la faim n'est pas une fatalité» et peut-être atténuée notamment en défendant «la souveraineté alimentaire», c'est-à-dire «le droit pour chaque peuple de définir ses politiques agricoles et alimentaires».

«Une œuvre de lumière, d'espoir et d'amour»


«Il y a certains anniversaires que l'on souhaiterait ne pas fêter» a lancé Adrien Huguet, déplorant que Action contre la faim ait toujours à intervenir dans les zones de crise. Le collaborateur parlementaire a salué «une œuvre de lumière, d'espoir et d'amour» en regardant la projection sur la façade du Grand Théâtre. Il a souligné l'antique démarche de «l'agapé, le don de soi, l'acte de charité totalement désintéressé et très profond» et l'a reliée à «la conception universaliste de la France et à l'idée que l'on se fait tout simplement des devoirs de l'homme envers ses semblables». «Ici, à côté de soi, ou bien à l'autre bout du monde, on ne peut pas laisser quelqu'un mourir de faim» a-t-il soutenu avant de glisser vers un propos plus politique.

Adrien Huguet a appelé à mettre «les actes en cohérence avec les discours que l'on peut tenir» en se rémémorant qu'en 2017 Rémi Delatte avait fait voter un «amendement très important» élargissant la taxe sur les transactions financières aux transactions intrajournalières pour affecter cette recette supplémentaire au budget de l'aide publique au développement. «Au gré des changements politiques, fin 2017, cette disposition avait été annulée par le nouveau gouvernement» a-t-il lancé avant de préparer un autre aiguillon pour l'exécutif actuel qui «proposera dans les prochains jours de raboter ce qui est un dispositif majeur dans le soutien philanthropique à la française, la loi Aillagon [NDLR : relative au mécénat et aux fondations]».

Le représentant du député a aussi eu une pensée émue pour un travailleur humanitaire nigérian d'Action contre la faim enlevé par des djihadistes et exécuté au Nigéria fin septembre, rappelant ainsi les risques qui peuvent peser sur ces personnes engagées.

Un livre de photographies pour soutenir ACF


Au nom du collectif Festisol 21, Claude Vieilix a clos les discours de cette soirée des 40 ans. Il a rappelé que l'Objectif de Développement Durable n°2 pour l'ONU, concernant la lutte contre la faim, est «lié avec tous les autres objectifs de développement durable» adoptés par 193 pays en 2015 afin de constituer l'Agenda 2030 «pour une meilleure prospérité».

Les bénévoles Action contre la faim ont précisé que le livre «Ce que je vois» qui sort ce mercredi est constitué par le résultat d'ateliers photographiques animés en Côte-d'Ivoire, en Jordanie, au Guatemala et au Bangladesh. Ils ont ensuite répondu aux questions des Dijonnais s'approchant du stand ou interpellé des passants pour les sensibiliser aux actions contre la faim.

Jean-Christophe Tardivon